François BAYLE, L'expérience acoustique, La langue inconnue (n°8), version octophonique 2010 (festival PRÉSENCES électronique)

27 mars 2010
-
Réf. 01042

Notice

Résumé :

Extrait de la pièce La langue inconnue (n°8), issue de L'expérience acoustique de François BAYLE, diffusée dans sa nouvelle version octophonique lors du festival PRÉSENCES électronique le samedi 27 mars 2010 à 16h, atelier 4 du CENTQUATRE (Établissement Artistique de la ville de Paris).

Type de média :
Date de diffusion :
27 mars 2010
Personnalité(s) :

Éclairage

BIOGRAPHIE : François BAYLE

"Né à Madagascar en 1932, j'y ai vécu loin de la Guerre Mondiale mais parmi d'autres périls, et après des études normales mon apprentissage de la musique fut des plus chaotiques. C'est donc en autodidacte que j'ai rencontré SCHAEFFER, MESSIAEN, XENAKIS, STOCKHAUSEN, CAGE, (ils étaient jeunes encore !) ainsi qu'HENRY, FERRARI, plus près de ma quête. Ils m'ont montré le chantier, j'y ai pris part et assuré la relève, pour avoir conduit le GRM plus de trente ans.

Lorsqu'on me demande aujourd'hui quel compositeur je suis, ma réponse est simple : du temps de la musique concrète (il y a longtemps de cela), je fus un artiste « expérimental » (j'inventai l'acousmonium, l'art acousmatique). Et maintenant que l'époque nous a rejoints (et que les jeunes exploitentnos trouvailles, souvent sans le savoir et même parfois mieux que nous) me voilà devenu pour eux un « techno symphoniste » : un musicien à qui il advint de s'être naturellement développé dans l'univers des sons, désormais technologiques.

J'y ai découvert de nouveaux paysages, des nouvelles entités. J'y ai trouvé de nouveaux signes, imaginé de nouvelles relations. Le son actuel de mes oeuvres octophoniques comme Univers nerveux, déploie dans la nuance et le mouvement celui plus électrique de mes débuts, dans l'Expérience Acoustique ou Son Vitesse-Lumière, par exemple."

François BAYLE

 

NOTICE : L'expérience acoustique (1972)

Durée totale : 54'15

Sous ce titre sont regroupées quatorze pièces (d'une durée allant de trois à vingt cinq minutes) qui ont été composées entre 1964 et 1972. Cette suite préfigure les futurs grands cycles bayliens (les "utopies") comme Erosphère ou Son Vitesse Lumière.

L'expérience du titre est à entendre dans le double sens d'expérimental et d'épreuve. Il s'agit d'explorer la richesse des perceptions sonores, et de jouer sur les différents registres de ces perceptions. À ce titre, le questionnement qui sous-tend toute l'entreprise est celui de la correspondance entre l'extériorité et le pouvoir des phénomènes sonores et l'intériorité de l'écoute (disponibilités et comportements face à eux).

Expérience, à vrai dire jamais achevée, ni jamais achevable. Le projet prévoyait environ dix heures de musique. Il n'en reste finalement que deux. Mais on peut dire que l'œuvre ultérieure du compositeur est en partie la continuation et le développement des problématiques posées ici.

L'œuvre reflète aussi son époque : celle de mai 68, qui apparaît par endroit sous forme de bouffées de sons de sirènes de polices, de rumeurs, etc. "Stimulé sans doute par les circonstances, mon projet en reçu une grande bouffée d'air frais, bien nécessaire avant cette plongée en apnée dans les abysses du studio".

La version intégrale de L'Expérience acoustique fut créée au Festival d'Avignon, cloître des Célestins, en août 1972. Une nouvelle version composée de 8 numéros a été reprise en 2010 par François BAYLE lors du festival PRÉSENCES électronique. Elle comprenait notamment une version octophonique de La langue inconnue (n°8).

 

La langue inconnue (N°8), L'expérience acoustique, version 2010

C'est l'histoire concrète d'un voyage dans la matière du temps...

Partir du concret commence par l'expérience des sensations, en résistance à toute idée.

(...)

La langue inconnue (n° 8) : idiome de l'extrême, il s'agit ici aussi bien d'une communication d'insectes que d'une arithmétique de pulsations. D'un message codé d'extraterrestres que d'une musique de transe. Cette fièvre va se répercuter sur la plage suivante : intervalles bleus (n° 9).

François BAYLE