Inde: le hip-hop, source d'inspiration dans les bidonvilles

13 février 2013
03m 26s
Réf. 00003

Notice

Résumé :

A Bombay, au coeur d'un des plus grands bidonvilles d'Asie, sur toile de fond du film "Slumdog Millionnaire", la jeune génération se tourne vers le hip hop américain et le breakdance pour échapper à sa dure réalité. Nous suivons Pankaj Shivpur, danseur de breakdance , - Akku, fondateur du groupe de danse SlumGods, Ashish Kanoujiya, danseur de breakdance professionnel et juge d'un concours de danse

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Date de diffusion :
13 février 2013
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Éclairage

Les Dieux des bidonvilles indiens

De Ramallah à Bombay, en passant par Dakar, le hip hop ne cesse de se déplacer géographiquement. Il concerne tous les jeunes des bidonvilles, des ghettos, des citées périphériques. Cette danse, née dans le Bronx au milieu des années 70 a passé toutes les frontières. Elle fédère, accès libre à une culture quand l'officielle fait défaut, faute d'argent, faute de n'être pas né au bon endroit. Ici, à Bombay, des jeunes ont fondé un groupe pour négocier avec leur quotidien peu reluisant qui les voue à la bagarre, l'alcool et la drogue. Ils se sont baptisés les «Dieux des bidonvilles». L'un d'eux, Akku, étudiant, n'en fera peut-être pas son métier mais il sait que s'entraîner chez lui et plusieurs fois par semaine avec les 40 autres jeunes de l'équipe (de Bombay, New Delhi et Bangalore) est un challenge qu'il lui faut gagner.

Revanche sociale ? Certainement mais pas seulement. Le lieu qu'ils ont choisi pour parfaire leur style est emblématique: il s'agit des ruines d'un ancien fort anglais qui domine la ville. Il leur faut reprendre l'espace, prendre leur place. De sa petite chambre de bidonville où il répète quotidiennement, Akku, prend de la hauteur. Il a un autre point de vue. Comme ses amis B.Boys (B comme break), il transmet déjà aux plus jeunes qui regardent et s'essaient à quelques figures. «Ces garçons, dit l'un des fondateurs, travaillent très dur et on peut voir combien ils s'entraînent pour s'améliorer. Certains diront qu'ils viennent des bidonvilles, mais pour nous, danseurs, ça n'a vraiment aucune importance."

Que gagneront-ils ? Un petit cachet ici ou là, une certaine reconnaissance, peut-être un petit rôle dans un film de Bollywood. L'essentiel n'est pas là. Danser ensemble est plus important, quitter les ruelles insalubres de leur quartier et se faire un nom, non pas en copiant les pionniers américains mais en partant de leur réalité. Partant de son carrelage domino, noir et blanc, Akku gagne les sommets de la ville.

Marie-Christine Vernay

Transcription

(Musique)
Journaliste
Cet étudiant indien danse dès qu’il le peut. Amoureux de hip-hop, il est ce qu’on appelle un Bboy, surnom donné aux danseurs de breakdance. Mais lorsqu’on habite dans le bidonville le plus peuplé de Bombay, l’espace manque parfois pour vivre pleinement sa passion.
Inconnu 1
Ma maison est très petite, je n’ai pas beaucoup d’espace pour m’entraîner alors je viens ici. Mes amis font pareil, donc on peut danser ensemble.
Journaliste
Les Bboys se rejoignent plusieurs fois par semaine sur les hauteurs d’une colline qui surplombe la ville. Les ruines de ce fort anglais sont transformées en piste de danse où chacun montre ce qu’il sait faire. Le but de ces jeunes, prouver que la vie dans les bidonvilles ne s’arrête pas à la pauvreté et au désir de s’échapper.
Inconnu 2
Avant de commencer à apprendre à faire du breakdance, certains des garçons buvaient, se battaient et volaient. Mais maintenant, ils se consacrent corps et âme à la danse.
Journaliste
Le groupe, baptisé SlumGods ou Dieux des bidonvilles, rassemble une quarantaine de jeunes issus de quartiers pauvres de Bombay, New Delhi et Bangalore. Bien plus qu’un passe-temps, pour beaucoup d’entre eux, cette passion est aussi l’occasion de participer à des concours, gagner de l’argent et un peu de gloire ; voire même de décrocher un rôle dans des films de Bollywood.
Inconnu 3
Ces garçons travaillent très dur et on peut voir combien ils s’entraînent pour s’améliorer. Certains diront qu’ils viennent des bidonvilles, mais pour nous, danseurs, ça n’a vraiment aucune importance.
Journaliste
Les bidonvilles indiens sont à des milliers de kilomètres des ghettos du Bronx où est né le breakdance dans les années 70. Mais la démarche est la même pour ces jeunes Indiens comme pour leurs prédécesseurs américains, danser leur permet surtout d’oublier un instant les difficultés du quotidien.
(Musique)
(Bruit)
(Musique)
(Bruit)