Capoeira

13 août 2008
01m 50s
Réf. 00302

Notice

Résumé :

Pour la plupart des gens, la capoeira - un art qui mélange combat, danse et musique- est associée à la culture brésilienne. La discipline trouve, en réalité, ses racines sur la côte ouest de l'Afrique et spécialement en Angola. La capoeira y a émergé il y a environ cinq siècles, parmi les esclaves africains partis pour le Brésil. C'était à la fois un moyen de communication et un cri pour la liberté.

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Date de diffusion :
13 août 2008
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Éclairage

Quelques années après l'exportation de la capoeira en Europe et en Amérique du Nord, un groupe s'implante en Angola. À partir de pièces éparses de l'histoire coloniale et du discours qui considère la capoeira comme une survivance africaine, des membres de ce groupe trouvent dans l'expression Capoeira Angola mise en rapport avec le nom de leur pays le moyen de revendiquer pour eux-mêmes une sorte de prééminence.

Ils donnent ainsi un fort exemple de l'invention des traditions, expression de l'historien Eric Hobsbawm qui sert beaucoup au Brésil dans les polémiques incessantes sur la capoeira.

Edison Carneiro a écrit le premier les mots Capoeira Angola en 1936 pour distinguer la version de Bahia, jouée au son du berimbau et du pandeiro, d'autres modalités de capoeiragem populaires comme celle jouée dans la rue devant les fanfares, qui a donné au Pernambouc le frevo et causé des désordres à Bahia et à Rio de Janeiro. L'expression Capoeira Angola servira bientôt pour différencier la version traditionnelle de celle transformée en sport de combat par Maître Bimba, connue sous le nom de Capoeira regional.

La capoeira qui s'est répandue dans tout le Brésil, puis dans les autres pays, et que pratiquent ces Angolais, est une synthèse entre la capoeira sportive et la capoeira d'exhibition spectaculaire mise en scène pour les touristes. À partir des années 1980, on désigne par Capoeira Angola la réaction contre cette modalité commerciale, menée au nom de l'ethnicité et de l'authenticité par Maître Moraes et un bon nombre d'autres enseignants jeunes et anciens. Les joueurs de Capoeira Angola s'appellent Angoleiros (faiseurs d'Angola) ; les citoyens de l'Angola s'appellent Angolenses ou Angolanos.

Pol Briand

Transcription

(Musique)
Journaliste
C’est un art martial, une danse, un combat. Mais pour ces jeunes angolais, la capoeira est surtout un moyen de rester en contact avec leur histoire.
(Musique)
Journaliste
Les portugais, les premiers à avoir laissé leur emprunte coloniale en Afrique, sont arrivés au XVème siècle dans ce qui est aujourd’hui l’Angola. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, environ 4 millions d’africains ont été capturés et envoyés de l’autre côté de l’Atlantique.
(Musique)
Inconnu 1
La capoeira a d’abord été la danse traditionnelle des esclaves africains envoyés au Brésil. Pour eux, c’était comme un cri pour la liberté. Ils la désiraient tellement, cette liberté, qu’ils ont créé la capoeira.
(Musique)
Journaliste
A travers le mouvement et la musique, les esclaves, qui parlaient des langues différentes, étaient capables de communiquer. Mais la capoeira était aussi conçue comme une technique d’auto-défense. Pratiquée près du sol, c’est une combinaison de mouvements fluides, de coups de pieds et de grands gestes du bras. Les similarités de la capoeira avec les danses traditionnelles angolaises mais aussi l’utilisation d’instruments typiques comme le berimbau, en font une danse indéniablement africaine.
(Musique)
Inconnu 2
Aujourd’hui, la capoeira est connue et pratiquée dans le monde entier et j’en suis fier parce qu’elle nous appartient, ses racines sont ici.
Inconnu 3
Je ne m’arrêterai jamais de pratiquer, je continuerai parce que j’adore la capoeira.
(Musique)
Journaliste
La plupart des gens considèrent encore la capoeira comme une invention brésilienne. Mais cela changera certainement à mesure que la discipline deviendra de plus en plus populaire. Ses origines africaines ne pourront plus être ignorées bien longtemps.
(Musique)