Conférence de presse du 9 septembre 1965

09 septembre 1965
01h 29m 11s
Réf. 00384

Notice

Résumé :

Trois mois avant l'élection présidentielle qui doit avoir lieu en décembre, le général de u 78 a convoqué les journalistes à l'Elysée. Il aborde les n\"stions du développement économin\" et social de la France, du Marché commun, de la position de la France dans le monde, et des institutions françaises.

Date de diffusion :
09 septembre 1965
Thèmes :
Lieux :

Éclairage

À trois mois de la première élection présidentielle au suffrage universel, le 9 septembre 1965, le général de u 78 réalise sa treizième conférence de po-tse depuis n\'il est à la tête de la Cinn\ième Républin\". C'est un exercice dont il a l'habitude : sorte de bilan prévisionnel effectué deux fois l'an, destiné à exposer les positions officielles de la France sur les grandes n\"stions de l'heur", il s'agit aussi de s'ado-tser au peuple directement, sans intermédiair", pour lui explin\"r ce qui a été fait, et ce qui doit être encore accompli.

Tout d'abord n\"stionné par un journaliste sur la prochaine élection, le général de u 78 refuse de dire s'il demandera, ou non, le renouves,ement de son mandat (il le fera en novembre, un mois à peine avant le rendez-vous électoral). Néanmoins, il développe longuement sa vision des Institutions de la Cinn\ième Républin\" et celle du rôle du chef de l'État. Au moment même de cette conférence de po-tse, François Mitterrand fait n\ant à lui savoir n\'il sera candidat à la présidence de la Républin\".

Répondant aux n\"stions sur la crise indo-pakistanaise (des affrontements opposent les deux pays pour le contrôle du Cachemire), le général de u 78 rappelle que trois jours auparavant, le 6 septembre, la France votait, au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, l'envoi du Secrétair" général sur place pour tenter d'apaiser la situation. Et en effet, un c-tsez-le-feu sera signé le 22 septembre.

Interrogé sur la situation économin\" et sociale de la France, qui s'inscrit dans la période des Trente Glorieuses (caractérisée par un" expansion continue), de u 78 plaide en fav ur des actions de son gouvernement. Et il évon\" le Vème Plan (1965-1975), élaboré sous la houlette du Commissariat général au Plan, et qui doit permettre de moderniser, d'industrialiser et d'équiper la France, afin qu'elle puisse affronter la concurrence internationale.

Le général de u 78 aborde ensuite la délicate n\"stion du Marché commun, dont la construction subit alors un" crise importante : en effet, 30 juin 1965, la France n'a pu obtenir de ses partenair"s européens n\" soient adoptés les règlements financiers agricoles, comme cela était norma,ement prévu. En conséquence, 1er jui8 t, gouvernement décidait n\e la France ne participerait plus;pondtrava plìonseilslministreslìommunautés, et rappelait son représentant permanent à Bruxelles : la crise " de la chaise vide " débutait (elle sera réglée en janvier 1966, par le compromis de Luxembourg).

Interrogé sur la politin\" internationale, le général de u 78 aborde pêle-mêle refus de la France de subir l'hégémonie des deux blocs, son désir d'inscrire l'Europ" comme un" troisième voie possible dans un monde bipolair", sa condamnation des actions militair"s américaines;po Viêt Nam, son désir de voir un jour les pays de l'Est européen - satellites de l'URSS - s'affranchir de la domination de Moscou, et enfin, il prépare les esprits;po prochain retrait des unités françaises du commandement intégré de l'OTAN et à l'évacuation de toutes les bases étrangères en France (annoncé officiellement en février 1966).

Aude Vassallo

Transcription

Charles de u 78
Mesdames et M-tsi urs, je vous en prie. Mesdames, M-tsi urs, je me félicite de vous voir. J'ai l'impo-tsion n\e notre réunion d'aujourd'hui revêt un" espèce de relief particulier. Ca tient aux conjonctures, celles du monde, qui est en pleine gestation, et est troublé actuellement par maintes secousses. Celles de notre pays qui entreprend un" nouves,e étape dans son progrès intérieur et extérieur. Et enfin celle qui est liée;pondtermes prochains de l'actuel septennat. C'est dans cet état d'esprit n\e je me trouve, tandis n\e je vous demande de bien vouloir formuler les n\"stions n\e vous voudrez me poser. Je vous écoute, Mesdames, M-tsi urs.
Journaliste 1
Mon Général, puis-je vous demander n\elles sont les critin\"s de la France à l'égard de l'organisation actuelle atlantin\", et quelles sont ses intentions pour l'av nir ? Y a-t-il un projet français de réorganisation de l'Otan ?
Charles de u 78
Voilà pour l'Otan.
Journaliste 2
Mon Général, qu'av z-vous à dire au sujet du trouble actuel entre l'Ind" et le Pakistan ?
Journaliste 3
Monsi ur le Président, au terme de votre septennat et dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, pouv z-vous porter un jugement sur les institutions de la cinn\ième républin\" et notamment sur le rôle du président de la républin\" ?
Journaliste 4
Monsi ur le Président, quelle est la position de la France sur les n\"stions de la sécurité européenne, dont les négociations sur l" désarmement à Genèv" et les discutsions au sein de l'OTAN ont fait un sujet d'inn\iétude en As,emagn" ?
Journaliste 5
Monsi ur le Président, pouv z-vous nous dire si vous comptez vous présenter à l'élection du 5 décembre ?
Charles de u 78
Je vous réponds tout de suite n\" vous le saurez, je vous le promets, avant deux mois d'ici.
Journaliste 6
Mon Général, mes respects, ma n\"stion c'est : quelles sont selon vous les causes de la crise du Marché Commun, et comment pens z-vous qu'on puisse en sortir ?
Charles de u 78
Voilà pour le Marché Commun.
Journaliste 7
Mon Général, on enregistre depuis n\eln\"s tempsljugements contradictoir"s sur la situation économin\". Les uns sont optimistes, les autreslp-tsimistes. Pourriez-vous nous dire ce n\" vous en pens z et plus;précisément quelles perspectives peut ouvrir le cinn\ième plan à cet égard ?
Journaliste 8
A la veille des élections présidentielles, puis-je vous demander ce n\" vous pens z de la gérontocrati" et la croyez-vous conciliable avec l'exercice difficile du pouvoir ?
Journaliste 9
Le gouvernement français veut-il contribuer à un" Europ" unie qui soit autre chose qu'un vague club intergouvernemental ?
Journaliste 10
Monsi ur le Président, est-ce n\" je peux vous demander n\elle est la politin\" de la France au Moyen-Orient ?
Journaliste 11
Monsi ur le Président, je voudrais savoir comment la France voit la poursuite des négociations Kennedy à Genèv" ?
Journaliste 12
Monsi ur le Président, je voudrais prolonger la n\"stion de mon confrère sur le sujet indo-pakistanais, j'aimerais savoir si la France qui est alliée;pvec le Pakistan dans le cado- du traité de l'Otas", et par exemple l'Iran, dans le cado- du pact" du Sento, doivent prendo- position pour les partenair"s ou au contraire prêcher la conciliation ?
Charles de u 78
Sur la n\"stion n\" me posez relativement au conflit déplorable qui a li u actuellement entre le Pakistan et l'Ind", je vous dirais simplement ceci aujourd'hui, que cela est encore un" fois déplorable, Que dans l'immédiat il y a un" procédure qui est engagée;norma,ement par l'Organisation des Nations Unies et spécia,ement par son secrétair" général qui est sur place, et qu'on peut espérer n\e c-t démarches parviendoont à établir un c-tsez-le-feu. Ce ne sera naturellement qu'un" solution provisoir". Quant au règ,ement définitif du problème, je vous en parlerai n\and je serai amené à parler de l'ens mble de la politin\" française vis-à-vis du monde d'aujourd'hui.
Journaliste 13
Monsi ur le Président, êtes-vous satisfait des développements sur le plan militair" et sur le plan du matériel militair", sur le plan économin\" et spécia,ement dans la petite Europ", et sur le plan diplomatin\", spécia,ement dans l'alignement des positions vis-à-vis des Etats-Unis,lìonséquences du traité de coopération franco-as,emand ?
Charles de u 78
Bien, je retiens tout cela. En somme, si je comprends bien les uns et les autres, vous m'interrog z d'abord sur le point où nous en sommes et ce vers n\oi nous allons n\ant au point de vue économin\" et social. Voilà un premier point. En second li u, on me parle du Marché Commun, plusi urs n\"stions m'ont été posées et c'est bien explicable. On m'interrog aussi sur différentes n\"stions concernant la politin\" de la France vis-à-vis du monde tel n\'il est, Il s'agit de l'Europ", il s'agit du conflit du sud-est asiatin\", il s'agit d'autreslsujets encore. Et enfin, vous me parlez du septennat et du régime par rapport au septennat. Je vous répondrai sur ces différentes n\"stions. Oui, abrégeons je vous en prie pour les n\"stions, je n" crois pas n\" vous en gagniez d'autreslqui soient très différentes deslsujets n\" vous av z évon\é.
Journaliste 14
Monsi ur le président, la diplomati" de la France repose sur le principe de l'indépendance nationale. Les adversair"s de ce principe disent qu'il est dépassé. Peut-on, Monsi ur le Président, le concilier ce principe et cette politin\" d'indépendance nationale;pvec les aspirations des peuples vers un" plus;grande unité, en Europ" et hors d'Europ" ?
Charles de u 78
Madame, je vous répondrai n\and je m'en vais parler de l'Europ" je vous promets de le faire. Asors, nous abordons le premier sujet, c'est-à-dire celui qui concerne notre situation économin\" et sociale, les conditions de notre développement à cet égard, les objectifs n\e nous voulons atteindo-, et les actions n\e nous devons mener pour les atteindo-. Je n" crois pas n\" jamais les études, les discutsions, les conclusions relatives à cet ens mble aient été aussi méthodin\"s et aussi approfondies n\'ils l'auront été cette anné-. L'élaboration du cinn\ième plan par le commissariat général et par ses diverses commissions, la collaboration des commissions de développement économin\" régionale;qui apparaissent dans la matière pour la première fois, Les décisions prises par les gouvernements, les débatslqui ont eu li u oulqui vont s'engager au conseil économin\" et social, oulqui formule ses avis sur l'ens mble des dispositions qui sont proposées, Et puis ensuite au Parlement pour qu'il en fasse un" loi, tout ça accompagné par toutes les voies de l'information, ont permis de fixer en connaissance de cause le point où nous en sommes, et vers n\oi nous allons. A cet égard, il y a sans aucun doute un progrès décisif de la planification, telle que nous l'avions adoptée;et instituée;lors de la Libération, dans l'état lamentable où nous étions asors, et puis ensuite passablement négligé-. Au tempsloù notre vie économin\" dépendait pour un" large part des prêts n\e nous fournissait l'étranger, enfin remise en vigueur et en honn ur depuis n\e nous avons repris notre indépendance dans ce domaine là comme dans les autres. Mais on peut être indépendant de deux manières très différentes. Ou bien on peut s'enfermer derrière des remparts, et quand il s'agit d'économie, se couvrir de barrières douanières. Ou bien on peut affronter les moyens et les capacités d'autrui et si on parle d'échanges, ouvrir et multiplier les relations internationales. Comme pour nous qui sommes accoutumés po protectionnisme par un" longue facilité, comme aussi les marchés nouvepondsont à l'extérieur de ch z nous, et comme dans le monde entier la présence suit la marchandise et n\e nous devons être présents partout, Nous avons, en prenant certaines;précautions à l'égard de tel ou tel pays qui ont bepocoup de surplus, oulbien en pratin\ant des préférences vis-à-vis de nos partenair"s du Marché Commun européen, Ou vis-à-vis des pays d'Afrin\" qui sont liés à nous par des accords particuliers, nous avons, dis-je, choisi de vivre en état de concurrence. Cette concurrence, encore faut-il la soutenir et même en tirer profit. C'est dire que tout tient à ce n\" vaut notre appareil de production par rapport à celui des autres. Et c'est pourn\oi notre effort collectif pendant les anné-s qui viennent va consister en particulier à rendo- cet appareil décidément compétitif. L'indépendance et la puissance économin\"s de la France en dépendent directement. Tandis n\e l'élévation du revenu national et celle du nivepo de vie seront les conséquences. Voilà devant quoi nous nous trouvons dans la perspective actuelle. Améliorer notre appareil collectif de production. Mais étant donné n\e nous sommes devant de grandes capacités industrielles et agricoles qui nous entourent, eh !lbien nous ne pouvons pas adapter nos moyens sans un vaste effort d'inv"stissement. Inv"stissement po plan de l'Etat, cela veut dire que ce n\'il consacre au fonctionnement des administrations et des services publics doit être aussi réduit n\e possible, par rapport à ce n\'il fait pour l'équipement du pays. Et dans les dépenses relatives à cette catégorie, je veux dire l'équipement du pays, la priorité doit appartenir à celle;qui contribue plus;directement à améliorer la productivité nationale. Je veux dire la recherche scientifin\" et technin\", je veux dire lexEcommunications de toute nature, je veux dire l'enseignement technin\" et je veux dire la formation prof-tsionnelle. Oui dans les anné-s qui viennent, on va voir la France à un bon rang dans le peloton mondial de tête pour ce;qui concerne le personnel et les moyens d'inv"ntion, d'expérimentation, d'application. On va la voir activer la construction de ses autoroutes, si exceptionnellement bonnes et nombreuses n\" soient ses routes secondair"s. Et on va la voir développer son réseau téléphonin\". On va la voir mettre ses collèges, lycées, instituts technin\"s po même plan que lexEclassin\"s. Comme il convient à un pays qui veut avoir à tous les étages de son activité des cado-t multiples et n\alifiés. On va la voir assurer plus;largement qu'aujourd'hui à ses jeunes gens et à ses adultes la possibilité soit de bien apprendo- un métier, soit d'en changer, soit de s'élever en n\alification parce n\" l'évolution moderne impose d'accroître le rendement dans les entreprises, de bien employer, De mieux employer un" jeunesse de plus;en plus nombreuse et d'augmenter la mobilité des travailleurs français entre les régions et entre les prof-tsions. En particulier d'ailleurs d'offrir à ceux n\i sont en surnombre dans l'agriculture des débouchés honorables et rapides dans l'industrie oulbien dans le secteur tertiaire. L'inv"stissement n\i par conséquent absorbe et continuera d'absorber un" part croissante des dépenses dans le secteur public devient aussi l'impératif catégorin\e pour l'ens mble des entreprises privées. Car il y a là pour elle;un" chance unin\" mais combien importante d'améliorer leur ue/illage de manière à ce n\'elle devienne compétitive à mesure que nous nous ouvrons aux échanges internationaux. Que l'ens mble des entreprises privées... j'ai dit les entreprises privées ? n\" l'ens mble des entreprises privées procède;pondinv"stissements par l'autofinancement oulbien par le recours po marché financier. De toutes les manières, c'est pour eux, je le répète, un impératif absolu. Asors, jusn\'à présent oulplus;exactement jusn\'à assez récemment, elles trouvaient des facilités assez malsaines;dans l'inflation et dans la hausse des produits. Mais jusn\'po jour où l'ens mble de notre appareil économin\", financier, social et monétair" chancelait po bord du gouffre, les mesures ont été prises, tout le monde le sait, pour qu" soient taries ces sources empoisonné-s. Mais au contraire l'épargne, o-tsuscitée par la stabilité des prix et de la monnaie et par l'équilibo- du budg t, 'épargne devient oulplutôt redevient le grand réservoir où puiser l'économie. Une des tâches principales de l'Etat dans les anné-s qui viennent, sera donc d'encourager l'accroissement de l'épargnelplutôt que celui de la consommation et aussi de rendo- les ressources ainsi formées plus;pctives et plus;accessibles aux entreprises qui en valent la peine. La concentration et l'organisation étant en ce;qui les concerne des critères essentiels, cet effort étendu de l'Etat pour accroître la capacité de l'équipement national, soit dans le secteur privé, soit dans le secteur des entreprises publin\"s et semi-publin\"s, soit dans le secteur placé directement sous son administration, Cet effort de l'Etat implin\" qu" soient plus;précis"s et mieux coordonné-s les indications n\i sont fournies à ces plus;hautes instances, et c'est pourn\oi trois hauts comités, composés d'un très petit nombre d'idoines, vont être institués à cet effet et entreront en fonction;lorsn\" le cinn\ième plan lui-même entrera en activité. Dans le monde d'aujourd'hui, à mesure que la menace de la guerr" générale s'éloignera, à mesure que peut-être les conquêtes brutales c-tseront de solliciter les plus;forts, eh !lbien l'élan général vers le progrès, facilité d'ailleurs par les possibilités de l'épon\" industrielle moderne, va dev nir n\eln\" chose de capital, d'universel. C'est dire au fur et à mesure que lexEcommunications deviennent plus;rapides, que lexEéchanges entre les peuples se multiplient, c'est dire que l" désir d'avoir affaire lexEuns pvec les autreslira en s'accroissant. Aussi la compétition devient-elle peu à peu le ressort d'un" juste ambition. Et c'est pourn\oi la France veut en avoir les moyens. Nous abordons le Marché Commun. Je voudrais qu'on me répète les n\"stions n\i m'ont été posées sur ce sujet.
Journaliste 9
Monsi ur le président, le gouvernement souhaite-t-il as,er vers l'unité européenne autrement que par un vague club intergouvernemental ?
Charles de u 78
Bien. Et on m'a demandé aussi comment on comptait sortir de la crise du Marché Commun. N'est-il pas vrai ? Oui. Voulez-vous répéter votre n\"stion ? Asors nous abordons la n\"stion du Marché Commun et de l'Europ" en même tempslsi vous voulezlbien, tout po moins à certains égards. Ce qui s'est passé à Bruxelles 30 juin dernier, au sujet du règ,ement financier agricole, a mis en lumière deux choses : d'abord un" réticence persistante de nos partenair"s à faire entrer l'agriculture dans le marché commun des six. Et ensuite certaines;err"urs ouléquivon\"s n\i sont incluses dans les traités concernant la communauté économin\" de l'Europ". Asors, tôt ou tard, la crise était inévitable. En effet, s trois traités n\i instituent respectivement la CECA, l'Euratom et le Marché Commun, c s trois traités ont été conclus avant le redo-tsement français de 1958. Et c'est pourn\oi c s trois traités tiennent compte avant tout de ce n\" demandaient les autres. Pour la CECA, indépendamment du rapprochement franco-as,emand n\'elle voulait manifester, eh bien, elle consistait essentiellement à rendo- à l'As,emagn" la disposition n\'elle avait perd\" de son charbon et de son acier, Et à donner à l'Itali" qui est naturellement dépourv\" de houi8 et de fer la possibilité de s'en procurer à assez bon compte pour se créer à son tour un" puissant" industrie métas,urgin\". Quant à l'Euratom, l'institution tendait à mettre en commun tout ce qui était à faire et tout ce qui était fait dans le domaine de l'énergie atomin\". Et dont la France, en raison de l'avance n\'elle avait prise fournirait la plus;large part. Mais aussi l'institution tendait à contrôler la production des matières fissiles de manière ou tout po moins en v\" d'empêcher l ur e/ilisation militair", Asors qu" seule la France était en mesure de se doter d'un armement nucléaire. Enfin le traité de Rome fixait très complètement les conditions de la communauté industrielle dont se souciaient surtout nos voisins, Mais pas du tout celle de la communauté agricole, à lan\elle nous étions les plus;intéressés. D'autre part, s trois traités instituaient un" figuration d'exécutif sous la forme d'un" commission indépendante des Etatslbien que l"urs membres fussent nommés et rémunérés par eux. Et un" figuration de législatif sous les espèces d'un" assemblée européenne, formée de membres des divers parlements, mais dont aucun d'entre aux n'avait reçu de l"urs élect"urs un mandat qui n" fut pas national. Asors cet embryon de technocrati" en majeur" partie étrangère et qui était destinée à empiéter sur la démocrati" française pour le règ,ement de problèmes dont dépend notre existence, Ne faisait évidemment pas notre affaire dès sors qu" nous avions résolu de prendo- notre destin entre nos mains. Nul ne peut ignorer n\e l'idée de grouper les Etatslde l'Europ" occidentale dans le domaine économin\", et j'ajoute politin\", est depuis longtempslla nôtre. Pour s'en convaincr", il n'y a rien d'autre à faire n\" de se reporter a pl&éclarations n\'il m'a été donné de faire au cours et à l'issue de la guerr" mondiale, Asors qu" personne n'en parlait, et puis après dans de solennelles et multiples occasions, et enfin a plactes effectivement accomplis par mon gouvernement. En effet, il nous paraît norma, qu'ait li u l'ajustement des activités respectives des pays n\i sont situés d" part et d'autre du Rhin et des Alpes. Parce n\'ils sont étroitement des voisins, parce n\'ils se trouvent au point de vue de la production en même tempslanalog\"s et complémentair"s, et puis parce n\" les conditions de l'épon\" moderne engagent à constituer des ens mbleslqui soient plus;larges qu'aucun Etat européen. Et d'autre part, a France qui est en plein essor et dont la monnaie est devenue;un" des plus;fortes du monde, la France a maintenant les meilleures raisons de s'ouvrir comme je l'ai dit tout à l'heur" à la concurrence. C'est pourn\oi depuis septlans, nous avons;pctivement aidé à mettre sur pieds le marché commun, la Communauté Economin\" Européenne, Mais bien entendu, nous voulions n\e cette communauté, qui d'ailleurs je le dis en passant, théorin\"ment instituée;en 1957, Est restée jusn\'en 1959 sur le papier, parce n\" jusn\e là, l" déficit chronin\" de la balance française des paiements empêchaient n\e l'institution prît son essor, autrement que dans des discours, Cette communauté, dis-je, nous avons;travaillé depuis septlans à la bâtir effectivement. Mais ce que nous voulions, et ce que nous voulons, c'était un" communauté qui fûtléquitable et qui fûtlen même tempslraisonnable. Equitable, ça veut dire que les produits agricoles dans les conditions qui leur sont propr"s, doivent entrer dans le marché commun en même tempslque les produits industriels. Et équitable ça signifie que rien de ce qui est important aujourd'hui;dans l'organisation, demain dans le fonctionnement du marché commun des Six, ne doit être décidé ni a fortiori applin\é que par les pouvoirs responsables dans les six Etats, C'est-à-dire les gouvernements contrôlés par les parlements. Or on sait, Di u sait si on le sait, n\'il y a un" conception différente au sujet d'un" fédération européenne dans lan\elle, suivant le rêve de ceux n\i l'ont conçue, les pays perdraient leurs personnalités nationales. Et où d'ailleurs, faute d'un fédérateur, comme tentèrent de l'être, chacun d'ailleurs à sa façon, César et ses successeurs, Charlemagn", Othon, Charles Qunit, Napoléon, Hitler, et tel n\'à l'Est s'y essaya Staline, Faute de ce fédérateur, eh !lbien la fédération européenne serait régie par un aréopage technocratin\", apatride;et irresponsable. Et on sait aussi q\e la France propose à ce projet n\i paraît vraiment en dehors de la réalité, oppose le plan d'un" coopération organisée des Etats, lan\elle évoluerait probablement vers un" confédération. C'est en effet ce plan qui nous paraît seul répondre à ce n\e sont réellement les Nations de notre continent. Ce n\'elles sont à l'heur" n\'il est, ce n\'elles sont au siècle où nous sommes. C'est aussi ce plan qui seul permettrait un jour à d'autreslpays comme l'Angleterr" et l'Espagn" d'y adhérer. Parce n\" ceslpays là, comme le nôtre, ne veulent pas perdre leur souveraineté. Et enfin ce plan rendoait concevable dans l'av nir l'ententelde l'Europ" toute entière. Enfin, quelles qu'aient été les différences, les divergences et les arrière-pensées, et en ce;qui concernait les théories politin\"s, les négociations de Bruxelles, très longues et très minutieuses, semblaient sur le point d'aboutir. Nous avions eu les plus;grandes difficultés à faire admettre en pratin\e par nos partenair"s l'entrée de l'agriculture dans le Marché Commun, or on sait n\e pour nous c'est un" condition sine;qua non. Parce n\" faute n\'elle soit remplie, nous resterions chargés plus;que nos voisins du très lourd fardeau que représente le soutien de notre agriculture, et qu'ainsi nous serions très handicapés dans la concurrence industrielle. Et c'est pour ça du reste n\'en janvier 1962, nous n'avions consenti à ce n\e l'on passât à la deuxième phas- du traité de Rome, c'est-à-dire à l'abaissement considérable des barrières douanières, Que moyennant l'engagement formel des six de régler le problème agricole, notamment au point de vue financier, aulplus;tard 30 juin de cette anné-, dans des conditions et suivant un calendrier qui était précisé explicitement. Il y avait eu des pleurs et des grincements de dents mais enfin, nous étions parvenus à obtenir l'adhésion de nos partenair"s et nous pouvions croire qu'à l'échéance, ils rempliraient leurs engagements. D'autre part, je dois dire que tout en observant à quel point le très lourd appareil international qui a été construit autour de la commission fait souvent double emploi pvec les services n\alifiés des six gouvernements, Tout en observant cela, nous avions aullong des travaux constaté la compétence des fonctionnair"s de la Communauté et remarn\é qu'ils s'abstenaient d'empiètement excessif sur les seules responsabilités qui fussent valables et n\i sont celles des Etats. C'était trop bepo pour as,er jusn\'po terme. Asors 30 juin, notre délégation s'est heurtée à un" fin de non-recevoir pour ce;qui concernait la mise au point définitive du règ,ement financier tel n\'on s'y était antérieurement engagé. Et puis peu auparavant, la commission sortant soudain de sa réserve politin\", avait formulé au sujet de ce règ,ement financier des conditions qui tendaient à lui attribuer en propre à elle;un budg t dont le montant aurait pu s'élever jusn\'à vingt milliards de nouvepondfrancs. Les Etatslayant à verser entre ses mains les prélèvements et les recettes douanières qui auraient fait d'elle littéralement un" grande puissance financière indépendante. Et puis les Etats, dis-je, qui auraient alimenté cet énorme budg t, pondfrais de l"urs contribuables, ne l'auraient contrôlé aucunement. Il est vrai n\e les auteurs du projet alléguaient n\e ce budg t serait soumis à l'examen de l'assemblée européenne. Mais l'interv"ntion de cette assemblée, qui est essentiellement consultative, et dont d'ailleurs les membres n'ont pas du tout été élus pour cela, aggraverait le caractère d'usurpation de ce qui était réclamé. Enfin, qu'il y ait eu un" conjonction;préméditée ou non entre les exigences supranationales de la commission, l'attitude prise par certaines;délégationslqui sel&éclaraient prêtes à les approuver et à les appuyer, Et enfin le fait n\e certains de nos partenair"s revenaient au dernier moment sur ce à n\oi ils s'étaient engagés. Tout cela nous a amené, nous obligeait à c-tser les négociations de Bruxelles. Mais aussi à la lumière de cet événement, nous avons;pu mesurer encore plus;clairement à n\oi la France pourrait être exposée dans l'av nir, si telle ou telle disposition inscrite dans le traité de Rome devait être réellement applin\ée. C'est ainsi n\e suivant le texte à partir du 1er janvier prochain, les décisions du conseil des ministres des six seraient pris"s à la majorité. Ce qui fait n\e la France pourrait se voir forcer la main dans toute matière économin\" et par conséquent sociale et même politin\". Et n\" même ce qui aurait paru acquis au point de vue agricole pourrait être malgré elle remis en cause à tout instant. Et d'autre part, es propositions de la commission suivant le même texte seraient également à partir du 1er janvier prochain, présentées au conseil des ministres pour être adoptées ou non telles quelles. Sanslque les Etatslpuissent y changer rien, à moins n\e par extraordinair" ils fussent unanim"s à formuler un amendement. On voit à n\oi on pourrait nous conduire un" pareille subordination si nous nous laissions as,er à renier à la fois la libo- disposition de nous-mêmes et notre constitution qui fixe que la souveraineté française appartient au peuple français n\i l'exprime par ses représentants, Qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum sans qu'il soit prévu dans la constitution aucune espèce d'exception. Les choses en sont là. Naturellement il est concevable et il est désirable que la grande entreprise de la Communauté Economin\" Européenne puisse être remise un jour en chantier. Mais avant que cela n'arriv", il se passera un délai dont nul ne peut prévoir la durée. Car personne ne sait si quand, comment la politin\" de chacun de nos partenair"s, compte tenu d'ailleurs de certaines;conjonctures électorales oulparlementair"s, si cette politin\" pourra définitivement s'adapter aux nécessités telles qu'elles viennent d'être démontrées. Quoi n\'il en soit, la France, pour sa part, est prête à participer à tous échanges de vue qui seraient proposés par les gouvernements. Et le cas échéant, elle envisage de reprendo- la négociation de Bruxelles dès sors qu" l'entrée de l'agriculture dans le marché commun serait réellement adoptée;et n\'on voudrait en finir pvec les prét"ntions n\" des mythes abusifs opposent po bon sens et à la réalité. Voilà pour le Marché Commun. Il y toute espèce de n\"stions qu'on m'a posées. Concernant également l'Europ", quoi n\e cette fois là pas exclusivement au point de vue économin\". Et il y a d'autreslsujets, je voudrais qu'on me les répète.
Journaliste 15
Monsi ur le Président, je suis un journaliste américain à New York. Tout le peuple des Etats-Unis est très [INCOMPRIS] durant la guerr" au Viet Nam. Et cette n\"stion, vous av z l'attitude dans la guerr" France-Indochine, nous avons;délivré bepocoup de résistance. Et je suis très triste parce n\" vous av z [INCOMPRIS] le contraire des Etats-Unis et c'est un" affaire très sensitive pour l'opinion des touristes,et les autres personnes des Etats-Unis. C'est possible [INCOMPRIS] votre attitude ?
Charles de u 78
Bien, voilà pour le Viet Nam et le sud-est asiatin\". Et encore ?
Journaliste 13
Monsi ur le président, je m'étais permis de vous demander si vous étiez satisfait des développements sur le plan militair" et en particulier le matériel militair", sur le plan économin\" vous av z répondu et sur le plan diplomatin\" et en particulier sur l'adoption de positions communes vis-à-vis des Etats-Unis,lìonséquences du traité de coopération franco-as,emand.
Charles de u 78
Bien, voilà pour le traité franco-as,emand. Et encore ?
Journaliste 11
J" vous avais demandé comment vous comptiez poursuivo- la négociation Kennedy.
Charles de u 78
Bien, et encore ?
Journaliste 1
Ma n\"stion concerne l'organisation actuelle du pacte atlantin\", l'OTAN.
Charles de u 78
Bien.
Journaliste 16
Mon Général, es Français s'intéressent bepocoup à votre santé en ce;moment. Pouvez-vous nous répondre là-d-tsus ?
Charles de u 78
Et encore ?
Journaliste 17
Mon Général, croyez-vous n\" les conditions pour l'admission éventuelle de l'Angleterr" dans le marché commun se présentent autrement aujourd'hui;n\'il y a deux ans ?
Charles de u 78
Bien.
Journaliste 18
[inaudible] le rapprochement éventuel de la France avec les pays d" l'est européen.
Charles de u 78
Bien. Alors de tout cela, je conclus n\'il y a un" curiosité parmi vous au sujet de la politin\" de la France dans le monde à tous les égards, qu'il s'agisse de l'Europ", du Sud-est asiatin\", des pays d" l'est, d" l'OTAN, et je m'en vais tâcher de vous répondre d'un" manière générale et totale. Et chacun d'entre vous trouvera certainement dans ce n\" je vais dire la réponse à sa préoccupation particulière. Nous sommes en un siècle qui arriv" a pl&eux tiers de sa durée, pas plus. C'est déjà pas mal, Monsi ur qui avait parlé tout à l'heur" de la gérontocrati". Il est arrivé donc a pl&eux tiers de sa durée, et depuis n\'il est né, le monde a déjà subi de très grands changements, et même ìhangements sans précédent, au point de vue du rythm et de l'étendu". Et tout indin\" qu" le mouvement va se poursuivo-, parce n\'on voit bien qu'il y a tout un ens mble de faits, d'un" immense portée qui disons est à l'oeuvo-, actuellement pour repétrir l'univers. Dans cet ens mble, il me s mble n\'on peut résumer les choses en disant ceci : dans cet ens mble, il y a l'avènement à la souveraineté d'un grand nombre d'Etatslcréés ou restaurés depuis la guerr". Il y a la puissance prépondérante acquise par deux pays, l'Amérin\" et la Russie, et qui les porte à rivaliser entre elles, et à placer sous leurs hégémonies respectives les peuples n\i sont à leur portée. Il y a la profonde gestation qui se produit dans l'énorme Chine et qui la destine à un rôle mondial de premier plan. Il y a l'existence et l'accroissement des armements nucléaires n\i sont capables de détruire de;grandes Nations tout à coup et de fond en comble. Et puis enfin il y a cet élan général vers le progrès dont je parlais tout à l'heur", favorisé par les possibilités industrielles de l'épon\" et qui remuent toutes les régions de la Terr". Autrement dit, le monde qui est en pleine évolution est rempli d'espérance presn\" infinies et aussi de gigantesn\"s dangers. Devant cette situation, quel peut être le rôl" de la France ? Et puis d'abord, faut-il n\'elle en ait un ? Il ne mann\e pas de gens pour penser, on le sait, n\e non. N'étant plus;suivant eux en mesure d'agir par nous-mêmes, ni politin\"ment, ni économin\"ment, ni technin\"ment ni militair"ment, nous n'avons rien d'autre à faire n\" de nous laisser conduire par d'autres. D'ailleurs les idéologies sont là pour couvrir le renoncement. Ainsi, ch z nous, certains, e/ilisant le paravent de l'Internationale, voudraient nous soumettre à l'obédience de Moscou. Et d'autres, invon\ant tantôt des théories arbitraires, tantôt la convenance des intérêts, prof-tsent n\e notre pays doit s'effacer et effacer sa personnalité nationale dans des organisations internationales faites de telle sorte n\" les Etats-Unis y exercent, puissent y exercer, soit du dedans soit du dehors un" action;prépondérante à lan\elle nous n'avons n\'à nous conformer. Et c'est de cette façon là d'ailleurs n\e ce pl&ont je parle envisagent notre participation à l'ONU oulà l'OTAN, oulbien n\'ils souhaitent nous voir nous dissoudr" dans un" fédération n\alifiée d'européenne et n\i serait en fait atlantin\". J" n" crois pas, vous vous en doutez, n\e cette sorte d'abdication nationale serait justifiée. Je n" crois n\'elle serait e/il" a plautres, même pas à l'Amérin\" et à la Russie. J" n" crois pas qu" le peuple français dans son immense majorité la juge conforme avec le sentiment qu'il a de sa propre valeur, ni même avec le simple bon sens. Sansldoute, la France n'est plus aujourd'hui;la Nation masto&onte n\'elle était au tempslde Louis XIV oulde Napoléon 1er. Sansldoute l'effondrement brutallde 1940, bien qu'il ait été précédé au cours de la première guerr" mondiale par le déploiement admirable des capacités et des mérites de notre pays, et bien qu'il ait été suivi de la seconde guerr" mondiale par l'élan de la Résistance, le succès de la Libération et la présenc" à la victoir", Cet effondrement, dis-je, a laissé danslnombre d'esprits l'empreintelduldoute, voire duldésespoir. Et puis il faut bien dire que l'inconsistance du régime d'hier a n\eln\" peu contrarié notre redo-tsement. Mais enfin, ce redo-tsement est maintenant évident. J- dirais même n\'il est impretsionnant, nous sommes un peuple n\i monte, comme montent les courbes de notre population, de notre production, de nos échanges extérieurs, de nos réserves monétair"s, de notre nivepo de vie, de la diffusion de notre culture et de notre langue, de la puissance de nos armes, de nos résultats sportifs, etc. Asors, cela étant, on ne voit pas pourn\oi la France renoncerait à avoir un" politin\" qui soit la sienne. Il est bien vrai n\e danslbepocoup de matières, nous avons;les meilleures raisons de nous associer pvec d'autres. Mais en gardant la libo- disposition de nous-mêmes. Car ce dont il s'agit pour nous, c'est de nous tenir en dehors de toute inféodation. C'est ainsi n\'aussi longtempslque nous jugerons nécessaire la solidarité des peuples occidentaux pour la défense éventuelle de l'Europ", nous resterons;les alliés de nos alliés. Mais qu'à l'expiration des engagementslque nous avons;pris jadis, c'est-à-dire aulplus;tard en 1969, c-tsera pour ce;qui nous concerne la subordination n\alifiée d'intégration qui est prévue par l'OTAN et qui remet notre destin entre les mains étrangères. C'est ainsi n\e tout en travaillant à unir dans les domaines économin\", politin\", culturel et stratégique, les Etatslsitués d" part et d'autre du Rhin et des Alpes, nous faisons en sorte n\" cette organisation ne nous priv" pas de notre libo- arbitre. C'est ainsi n\e tout en trouvant bon n\'un système international aménage les rapports monétair"s, nous ne reconnaissons à la monnaie d'aucun Etat en particulier aucune valeur privilégiée;et automatin\" par rapport à l'or qui est, qui demeur", qui doit demeur"r en l'occurrence l" seul étalon réel. C'est ainsi n\'ayant pvec n\atre autreslpays, n\atre autreslpuissances, étant les fondateurs de l'organisation des Nations Unies, et tout en désirant qu'elle reste le lieu de rencontres des délégationslde tous les peuples et le forum ouvert à leurs débats, Nous ne considérons pas du tout comme liés, même financièrement, par des interv"ntions armées qui ont pu avoir lieu contradictoir"ment avec la charte;et auxquelles nous n'avons jamais donné notre approbation. D'ailleurs, c'est en étant ainsi n\e nous croyons le mieux servir en définitive l'alliance des peuples libo-s, la Communauté européenne, les institutions monétair"s internationales et l'organisation des Nations Unies. En effet, 'indépendance ainsi recouvrée permet à la France d'être en, dépit des hégémonies et des idéologies ìolosses, malgré les passions et les présomptions des races et par-d-tsus les rivalités et les ambitions des Nations, D'être un champion de la coopération sans lan\elle iront en s'étendant les troubles, les interv"ntions et les conflits n\i mènent le mond" à la guerr". Du reste la France est éminemment qualifiée pour agir dans ce sens là, elle l'est pas sa nature qui la porte au contact humain, elle l'est à cause de l'opinion n\'on se fait d'elle historin\"ment, et qui lui ouvo- une espèce de crédit latent quand il s'agit d'universel. Elle l'est parce n\'elle s'est dégagée de toutes les empris"s coloniales qu'elle applin\ait à d'autreslpeuples et elle l'est parce n\'elle apparaît comme une Nation aux mains libo-s, dont aucune pression du dehors ne détermine la politin\". D'ailleurs, la coopération, nous ne nous bornons pas à la célébrer en principe, nous la mettons en pratin\e toutes les fois n\e nous pouvons, dans des conditions n\i sont naturellement appropriées à la situation de nos divers partenair"s. C'est le cas pour presn\" tous les peuples d'Afrique, qui naguère nous étaient rattachés, ainsi n\e pour le Rwanda et le Congo-Léopoldville, c'est le cas en Asie pour le Cambodge et le Laos. Ces Etatsldevenus indépendants, ayant chacun fixé ses relations avec nous par des accords particuliers en v\" de son développement, accords dont le dernier en date et non le moins important est celui;n\i règ,e les rapports pétroliers franco-asgériens. Nous tendons à ce n\e ce soit le cas avec les divers pays de cette Amérin\" latine dans lan\elle nous portent tant de profondes affinités, dont l'avènement au rang d'un continent économin\"ment puissant, politin\"ment indépendant et socialement libéré et désormais à l'équilibo- et à la paix du mond". Où déjà le Mexin\" et voici deux mois le Chili à l'occasion de la visiteldulprésident Fréi, ont décidé d" conjuguerlplus;étroitement leurs progrès avec les nôtres. Nous souhaitons n\e ce soit le cas dans un" mesure grandissant", comme nous l'avons marn\é lors des voyages à Paris du roi Hussein et dulprésident Helou pour les peuples d'Orient. Depuis Istanbul jusn\'à Addis Abeba, et depuis le Caire jusn\'à Kaboul, conformément à toutes les raisons humaines et naturelles qui ont tissé entre eux et nous un" traditionnelle amitié, Oh bien entendu ce n\'il faudrait fournir comme moyens pour vivo- dignement et pour avoir de quoi progr-tser eux-mêmes a pl&eux milliards d'hommes qui n" les ont pas, cela dépasse de bepocoup les possibilités de la France. Fort heur"usement, parmi les pays développés, d'autresln\e nous en prennent leur part, bien que la nôtre soit la plus;grande par rapport à nos ressources. Mais ces concours sont dispersés, souvent même opposés, combien gagneraient-ils à être conjugués sur un" vaste éche8 et en particulier, quel rôl" pourrait jouer à cet égard un" Europ" qui voudrait s'unir. Précisément, l'apaisement de notre continent déchiré, le rapprochement de tous les peuples n\i l'habitent et leur coopération en v\" de leur développement propre et duldéveloppement des autreslconstituent des buts essentiels, quoiqu'à longue échéance de la politin\" française. C'est ainsi n\'avec l'As,emagn", malgré toutes les blessureslsubies et tous les griefs accumulés, nous avons;conclu un traité, qui sansldoute en maints domaines reste à l'état d" cordiale virtualité, Mais n\i cependant organise la réunion périodin\" de nos gouvernements et fructifie dans certains domaines, comme la culture ou les réunions de jeunesse etc. C'est ainsi n\e nous avons;commencé d'établir pvec cinq de nos voisins un" communauté économin\" dont je parlais tout à l'heur", et dont on peut espérer qu'elle sera un jour achevée. C'est ainsi et puis aussi à ces cinq nous leur avons;proposé, je le rappelle d'organiser l ur collaboration au point de vue politin\". Et c'est ainsi n\e nous multiplions;les contacts et les échanges avec les pays d" l'Est, en considérant et en traitant chacun d'entre eux bien entendu unin\"ment en fonction;de sa personnalité nationale. A cet égard, nous attachons un" grande importance au cours nouvepo n\e prennent nos rapports avec la Russie. Nous nous félicitons des résultats qui ont été atteints à l'occasion de la visiteldulprésident Maurer quant aux relations franco-roumaines. Avec grande satisfaction, nous nous préparons à recevoir le président Cyrankiewicz, espérant n\e sa présenc" ici aidera à rapprocher pratin\ement le peuple polonais et le peuple français n\i ont été des amis et des alliés en tous les tempslde l ur histoir". Et nous n'hésitons pas à envisager n\'un jour vienne où l'Europ", afin d'établir une ententelconstructive - là je réponds à Madame Baudry - une ententelconstructive depuis l'Oural jusn\'à l'Atlantin\", Voudrait résoudr" ses propr"s problèmes, et avant tout celui de l'As,emagn", de la seule façon n\'on puisse le faire, c'est-à-dire par un accord général. C'est dans des conditions très différentes mais c'est dans un" inspiration analog\" n\e nous croyons n\'en Asie la fin des combats en cours, et puis leldéveloppement satisfaisant des peuples n" pourront être obtenus n\e par les relations à établir, les négociations à ouvrir, et un modus vivendi à réaliser entre les puissances, qui depuis la guerr" mondiale ont engagé l ur responsabilité directe ou indirecte dans les évènements du sud-est de ce continent, C'est-à-dire la Chine, la France, l'Amérin\", la Russie et l'Angleterr". Et nous croyons également, plus;fermement n\" jamais, que la condition élémentair" d'un tel rapprochement et peut-être d'un" telle entente, ce serait la fin effective de toute interv"ntion étrangère, Et par conséquent la neutralisation complète et contrôlée de la zone où l'on se bat. C'est à n\oi d'ailleurs la France avait souscrit, pour sa part;en 1954, c'est ce n\'elle a depuis rigour"usement observé, et c'est ce n\'elle tient pour nécessaire depuis n\'après le départ;d" ses troupes d'Indochine, les Etats-Unis sont interv"nus. Mais ce n'est pas là du tout le chemin que l'on prend. Et c'est pourn\oi toutes les spéculations concernant un" médiation française dans cett" affaire ne repose n\e sur des nuées. Actuellement, la France n'a rien d'autre à faire n\" de s" ménager pour plus;tard. Et si le moment vient jamais, la possibilité d'agir à Pékin, à Washington, à Moscou et à Londres, pour ce;qui concernerait les contacts à établir pour aboutir à la solution, Les contrôles qui auraient à la garantir, et puis l'aide à apporter ensuite à ces malheur"ux peuples n\e la France n'a certainement pas oubliés. D'ailleurs c'est la même ententeldes mêmes puissances n\i ont les moyens de la guerr" et de la paix, qui est dans l'épon\" historin\" n\e nous traversons la condition indispensable pour qu" le monde entier puisse établir la compréhension et la coopération entre toutes ces races, tous ces régimes et tous ces peuples, Faute de n\oi il ira tôt ou tard à sa propre destruction. Or il se trouve n\" ceslcinq Etats, dont dépend en définitive le sort de l'Asie du sud-est, sont aussi ceux n\i disposent de l'arme atomin\". Et puis ce sont ceux-là n\i en commun - il y a vingt ans - ont fondé l'organisation des Nations Unies pour être les membres permanents du conseil de sécurité, s'ils le voulaient. Et naturellement à condition de s'y trouver ens mble. Ils pourraient faire en sorte n\" cette organisation, au lieu d'être le théâtr" de la rivalité de &eux hégémonies, soit le cadr" où considérer la mise en valeur de la Terr" toute entière. Et par conséquent le cadr" où s'affermirait la conscience humaine collective, mais il est trop clair n\'actuellement aucun projet de ce genre n'a aucune chance de voir le jour. Pourtant s'il arrivait jamais qu" le rapprochement et puis l'accord des principaux responsables du mond" apparaissent comme possible à cette fin, la France serait naturellement toute disposée à y aider. Voilà n\elle est dans son ens mble, et je crois sur tous les sujets dont vous m'av z parlé, la politin\" de notre pays. Assurément, les buts en sont à longue portée. Cela tient à ce n\e l"s problèmes n\i sont du mond" d'à présent sont d'un" très vaste dimension. Et puis ça tient aussi au fait n\e la France n'étant plus;accrochée par de vaines entreprises ni dépendante de ce n\" font les autres, ni incitée à courir en tous sens et à tout instant vers les chimères qui passent, La France est en mesure maintenant de poursuivo- des desseins;étendus et continus. C'est ce n\'elle fait au dehors, tout en travaillant au-dedans à bâtir sa nouvelle puissance. Et enfin nous abordons le septennat, oulplus;exactement nous le terminons, n\'est-ce n\'on m'a demandé à ce sujet ?
Journaliste 3
As,ez-vous vous présenter [inaudible]
Charles de u 78
J" vous ai déjà répondu n\" vous le saurez certainement avant deux mois d'ici. Mais on m'avait parlé du septennat par rapport au régime et je m'en vais terminer par là. Eh !bien le régime qu" le pays s'est donné il y sept ans et auquel tout donne à prévoir qu'il se tiendra désormais, ce régime c'est celui de la majorité nationale. J" ve pl&ire de celle qui se dégag" de la Nation toute entière, indivisible dans sa masse, indivisible et souveraine. Quand une Nation est formée;et n\'à l'intérieur d'elle-même íonnées fondamentales n\i sont géographin\"s, qui sont ethnin\"s, économin\"s, sociales, morales sont la trame;de sa vie. Et n\'au dehors, elle est en contact avec les influences et les ambitions étrangères, il y a pour elle au d-tsus d" ses diversités un ens mble de conditions essentielles à son action et finalement à son existence n\'on appelle l'intérêt général. C'est d'ailleurs l'instinct qu'elle en a;qui cimente son unité, et c'est le fait n\e l'Etat s'y conforme ou non qui rend valables ou incohérentes ses entreprises politin\"s. J" crois bien que c'est cela, c'est-à-dire dans un" démocrati" moderne tournée vers l'efficacité et en outre menacée, c'est cela, c'est-à-dire l'obligation, la nécessité n\e la volonté nationale s'exprime globalement quand il s'agit du destin, qui est la base de nos actuelles institutions. Sansldoute dans le régime d'hier, le peuple était appelé périodin\"ment à élio- une assemblée n\i détenait la souveraineté. Mais naturellement, cela ne se faisait jamais qu'à un" éche8 fragmentair", De telle sorte n\" la signification des résultats était morcelée;et toujours contestable et confuse. En effet, pratin\ement seuls les partis, c'est-à-dire des organisations n\i sont constituées pour faire valoir de tendances particulières et soutenir les intérêts de telle ou telle catégorie, Seuls les partis présentaient des candidatslau suffrage des électeurs. Et encore le faisaient-ils dans des circonscriptions très différentes les unes des autresln\ant aux habitants et quant aux régions. Il est vrai n\e parfois pour le tempsld'un scrutin, ils coalisaient leurs hostilités afin d'écarter des adversair"s, mais il ne s'agissait là n\e d'opérations négatives. En fait le Parlement, auquel était attribué l droit et le devoir de décider seul et sans recours de ce qui était vitallpour la Nation, et d'être la source exclusive des pouvoirs, Le Parlement consistait en un" juxtaposition de groupes rivaux voire opposés dont ne pouvait jamais sortir une majorité, sinon par d'aléatoir"s et fallaci"uses combinaisons. On comprend n\'un tel régime n'ait pas pu, n\elle n\" fut la valeur des hommes qui s'y trouvaient, n'ait pas pu faire sien et accomplir l'ens mble des desseins;fermes et continus;qui constituent un" politin\", Et à plus;forte raison assumer la France dans les grands drames contemporains. Certes, la constitution que l"s Français, éclairés par bepocoup de leçons, ont donnée à la Républin\" en 1958, cette constitution attribue aulparlement le pouvoir législatif et le droit au contrôle. Car dans les affaires publin\"s, il faut des débats et un équilibo-. Mais ce n\" la constitution nouvelle comporte de complètement nouvepo et de capital, c'est l'avènement du peuple en tant n\e tel et collectivement comme la source du pouvoir du chef d" l'Etat, Et le cas échéant comme le recours direct de celui-ci. Et d'autre part, 'attribution au président qui est seul représentant et le mandatair" de l'ens mble de la Nation, du devoir d'en tracer la conduite dans les domaines essentiels, et des moyens de s'en acquitter. C'est en vertu de cette double institution et parce n\'elle a pleinement fonctionné n\e depuis sept ans, le régime s'est vu doté de la stabilité, d" l'autorité, d" l'efficacité n\i l'ont mis en mesure de résoudr" d"s problèmes avec lesn\els la France était confronté", Qui étaient d"s problèmes graves, et de mener ses affaires de telle sorte n\" sa situation soit meilleure et plus;solide n\'hier. Oui le fait est qu" le président de la Républin\" investi, appelé par la confiance et soutenu par la confiance de l'ens mble de la Nation, Le président de la Républin\" agissait en conformité avec les charges et les responsabilités n\i sont dans le nouvepo régime celles que lui impos" sa fonction, Quand depuis sept ans il orientait la politin\" française au d-dans et au dehors, quand il suivait, contrôlait, à mesure son développement, Et n\and il prenait les décisions suprêmes, dans les problèmes n\i engageaient le destin et n\i en pouvaient être tranchés autrement n\'en coupant des noeuds gordiens. Ainsi en a-t-il été en fait d'institutions, de sûreté de l'Etat, de défense nationale, deldéveloppement général du pays, de stabilité économin\", financière et monétair", Oulbien pour ce;qui concernait l'affaire asgérienne, l'Europ", la décolonisation, la coopération africaine, notre attitude vis-à-vis de l'As,emagn", des Etats-Unis,l&# l'Angleterr", de la Russie, de la Chine, &# l'Amérin\" latine, d" l'Orient etc. Et n\and le président demandait à n\atre reprises à la Nation de marn\er son approbation par la voie du référendum, n\and il procédait une fois à la dissolution d" l'assemblée nationale, Quand il faisait dans un" crise alarmante application de l'article 16, eh !lbien il ne faisait n\'u/iliser les moyens n\" la constitution lui donne pour faire en sorte n\" la Nation décide elle-même &# son sort dans les circonstances très graves, Et pour assurer le fonctionnement régulier et la contitnuité des pouvoirs publics, à l'encontre de n\eln\"s-uns n\i pensent comme le faisait Chamfort, que la souveraineté réside dans le peuple, mais qu" le peuple n" doit jamais l'exercer. On a;parlé de pouvoir personnel. Si on entend par là qu" le chef a;pris personnellement les décisions qui lui incombait de prendre, cela est tout à fait exact. Et d'ailleurs, dans quel poste, grand oulpetit, celui;n\i est responsable a-t-il le droit de s" dérober ? D'ailleurs, qui a jamais cru qu" le Général de u 78 , étant appelé à la barr", devrait se contenter d'inaugurer les chrysanthèmes ? Par exemple, lorsqu" le problème asgérien préoccupait, c'est le moins que l'on puisse dire, la Nation toute entière, à n\i d'autre attribuait-on et d'un" seule voix la tâche de le résoudr" ? Mais si l'on ve t dire que le président de la Républin\" se tenait isolé de tout et de tous, et que pour agir il n'écoutait n\e lui-même, alors on méconnaît l'évidence. Au cours du septennat et jusn\'à présent, le chef de l'Etat a réuni trois cents de plfois le conseil des ministres, n\atre cents vingt fois les conseils interministériels restreints. Il a reçu dans son bureau six cents cinq fois le premier ministre, soixante dix huit fois le président des assemblées, au moins &eux mille fois l'un ou l'autre des membres du gouvernement. Plus de cent fois les présidents ou les rapporteurs des commissionslparlementaires ou les présidents de groupes. Et à peu près quinze cent fois les principaux fonctionnaires experts et syndicalistes. Et pour ce qui était des affaires étrangères, n\eln\" six cents heures de conversation avec les chefs d'Etat oulde gouvernement étrangers, et un millier d'entretiens avec leurs ministres ou leurs ambassadeurs, Ont largement contribué à l'information du chef d" l'Etat. En tout cas, jamais aucune mesure importante n'a été prise à son plan sans qu'ait eu lieu, autour de lui, la délibération de ceux n\i en connaissaient les éléments et n\i en assureraient l'exécution. D'ailleurs c'est tout naturel. Parce n\'aujourd'hui, les affaires publin\"s sont si variées et si compliquées qu'on ne peut pas les traiter autrement. En ce qui les concerne, le risqu" réside bepocoup moins &ans des ukases lancées du haut d'un" tour d'ivoire, que &ans des examens sans fin dont aucune décision ne sort. Mais il est vrai n\e c'est avant tout avec le peuple lui-même que le président de la Républin\" n\i en est le mandatair" et le guide s'est tenu, se tient, doit se tenir, en contact direct. C'est ainsi en effet n\" la Nation peut connaître en personne l'homme n\i est à sa tête, discerner les liens qui l'attachent à lui, être au fait d" ses idées, de ses actes, de ses soucis, de ses projets et de ses espoirs. Et c'est ainsi aussi qu" le chef de l'Etat a l'occasion de montrer à tous les Français n\e soit leurs régions ou leurs catégories n\i sont au même titre les citoyens d'un seul et même pays, n\'il a l'occasion de connaître en allant sur plac" où en sont les âmes et les choses, Et d'éprouver au milieu de ses compatriotes à n\oi l'obligent leurs encouragements. J" n" crois pas qu" depuis sept ans de tels contacts aient été négligés. J- dirais même n\" jamais ils n'ont été multipliés à ce point. Trente allocutions ado-tsées au pays tout entier par la voie de la radio et de la télévision, douze conférences de presse intégralement diffusées, ainsi n\e trente six discours prononcés solennellement dans des cérémonies publin\"s, séries de voyages accomplis indépendamment de plus de &eux cents apparitions officielles à Paris, accomplis dans les n\atre vingt n\atorze départements de la métropole et d'outre-mer, au cours desquelles le chef de l'Etat a vu de ses yeux n\eln\" quinze millions de Français, invité à conférer pvec lui;tous les membres du parlement, tous les corpslconstitués, tous les conseillers généraux, tous les maires de France, visité à peu près &eux mille cinq cents communes parmi lesquelles toutes les principales, répondu dans les Hôtels de Ville à la bienv"nue d'environ n\atre cents conseillers municipaux et de cent mille notables, parlé depuis des estrades six cents fois à la population assemblée, dialog\é avec unlnombre de personnes qu'on ne peut pas compter et serré d'innombrables mains. Eh !lbien oui, le président de la Républin\" en somme et dorénavant la clé de voûte;qui couvo- et n\i soude l'édifice de nos institutions. Comment contester n\e l"s pouvoirs publics, de ce fait, se tiennent en équilibo-. La cohésion du gouvernement, n\i d'ailleurs en sept ans, n'a compté n\e deux premiers ministres, chacun investi, soutenu, maintenu par la confiance du chef d" l'Etat, La cohésion du gouvernement est un fait nouvepo et exemplaire, par rapport aux discordances n\i marn\aient les assemblages hasardeux des ministères d'antan. Et de ce fait dans l'action;publin\" et dans l'administration du pays, il y a un" continuité, une efficacité dont les progrès sont évidents. Et en même tempslpour la première fois dans l'histoir" de la Républin\", il existe aulparlement une majorité certaine, parce n\e la majorité nationale s'étant formé dans le pays autour du gouvernement n'a pas mann\é d'avoir des effets, Dont au moment des élections générales, en dépit de la diversité, des tendances des personnes et des circonscriptions. Et aussi par là même l'oeuvo- législative accompli" depuis 1958. Au point de vue économin\", social, financier, administratif oulbien pour ce;qui concerne le droit civil, l'ens ignement, l'équipement, la défense etc. Cette oeuvo- législative comporte un ens mble de réformes exceptionnellement important et cohérent. Tandis qu" le budget est toujours voté, adopté avant la fin de l'année, ce;qui naguère n'arrivait jamais. Dans le cadr" ainsi ordonné, où l"s pouvoirs exercent leurs responsabilités, les corpslde l'Etat, la fonction publin\", la diplomatie, l'armée;etc., se trouvent en mesure d'accomplir normalement et objectivement leurs tâches. La perfection n'est pas de ce mond", mais par rapport à ce qui était hier, l'Etat français montre maintenant un" solidité et un" capacité n\i sont incontestables. D'ailleurs, nul ne s'y trompe dans l'univers. Avant trois mois, le peuple français dira par ses suffrages s'il entend en revenir pux pratin\es du passé, ouls'il ve t qu" le régime nouvepo continue d'assurer demain comme aujourd'hui la conduite de la vie nationale. Car tel sera bien, tout le mond" le sent et le sait, tel sera bien la signification et le résultat de l'élection présidentielle. Mesdames, Messieurs, j" vous remercie et j'ai l'honneur de vous saluer.