Les débuts du Théâtre des Amandiers à Nanterre, avec Pierre Debauche

05 janvier 1967
05m 01s
Réf. 00388

Notice

Résumé :

Pierre Debauche est interviewé autour de son projet théâtral à Nanterre. Il a installé un chapiteau sur un terrain vague et propose un festival durant le mois de mai 1965, adressé à tous les publics de Nanterre ; enfants, adultes, travailleurs immigrés... Il propose notamment un spectacle joué en quatre langues : arabe, français, espagnol et portugais.

Date de diffusion :
05 janvier 1967
Source :

Éclairage

En 1965, le premier festival de Nanterre a lieu sur un terrain vague, au lieu-dit Côte des Amandiers, et marque le début de ce qui deviendra le Théâtre Nanterre-Amandiers. La compagnie Pierre Debauche dirigée par Pierre Debauche (1930-) organise le festival. Suite à cette première édition, elle se renomme Théâtre des Amandiers. La compagnie se donne pour mission d'aller à la rencontre de tous les publics, et de jouer dans une banlieue dortoir où les bidonvilles constituent encore une grande partie des logements des travailleurs immigrés. À ce titre, ils s'inscrivent dans une deuxième vague de la décentralisation, qui touche plusieurs banlieues parisiennes. En 1961, le chantier du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers a commencé, en 1963 Bernard Sobel crée l'Ensemble Théâtral de Gennevilliers et Guy Rétoré ouvre le Théâtre de l'Est Parisien dans le XXe arrondissement, jusque-là délaissé de la politique culturelle. Le premier festival de Nanterre s'inscrit donc dans un mouvement plus large de villes souhaitant que la culture ne soit plus réservée au centre de Paris.

L'année d'après, en 1966, le festival déménage dans des hangars militaires désaffectés, puis en 1967 dans le Palais des Sports. Ce n'est qu'en 1968 que l'Etat et la Ville trouvent un accord, permettant la création d'une maison de la culture dans un bâtiment provisoire, puis d'un centre dramatique national en 1971. Pierre Debauche et Pierre Laville prennent la direction de la maison de la culture, où ils resteront jusqu'en 1978. C'est Xavier Pommeret qui est nommé directeur du centre dramatique national. Enfin en 1974, le chantier du futur Théâtre des Amandiers débute, supervisé par Pierre Debauche lui-même. Il se termine en 1976. Cette configuration dure jusqu'en 1982, où la maison de la culture et le centre dramatique national sont dissous pour laisser place à la S.A.R.L. Nanterre-Amandiers dirigée par Patrice Chéreau et Catherine Tasca.

Pierre Debauche crée alors la compagnie Pierre Debauche et part s'installer au centre dramatique national du Limousin, à Limoges en 1984, puis au centre dramatique national de Bretagne à Rennes en 1986, jusqu'en 1990. Depuis 1993, Pierre Debauche et sa compagnie sont installés à Agen.

Sidonie Han

Transcription

Journaliste
C’est un comédien, Pierre Debauche, qui est à l’origine de ces spectacles en arabe, en espagnol et en portugais. Sorti tout droit de la bande dessinée des Pieds Nickelés, il fait preuve de courage et surtout d’imagination pour venir jouer devant ce public neuf, qui n’existe pas ailleurs.
Comédien
[incompris]
Pierre Debauche
En direction des travailleurs étrangers, nous voulons faire un gros effort, parce que nous pensons que ce sont des personnes [incompris] du temps de paix, et que c’est une question d’assistance à personne en danger, que nous n’allons rien solutionner à leurs problèmes en jouant pour eux. Mais qu'à un problème insoluble pour l’instant sur le plan logement, sur le plan bidonville, sur le plan de la vie quotidienne, enfoncer un coin dans ce problème par le biais du théâtre est mon travail à moi d’homme de théâtre. Il nous est venu dans cette soirée d’amitié, une idée d’amitié pure qui est de jouer cette courte farce du [incompris] qui est un des plus anciens textes français de théâtre, une farce du moyen-âge en quatre langues simultanément. On va vous la jouer avec un comédien français, un comédien algérien, un comédien portugais et un comédien espagnol.
Comédien 1 (en français)
Donc, on va travailler quand on a froid.
Comédien 2 (en arabe)
[incompris]
Comédien 1 (en français)
Ben oui mais, on ne peut pas [incompris] quand on a… quand on a le ventre vide !
Comédien 2 (en arabe)
[incompris]
Comédien 1 (en français)
Raison, hein !
Comédien 2 (en arabe)
[incompris]
Comédien 1 (en français)
Ann ! Une autre idée. Allez [incompris]
Comédien 2 (en arabe)
[incompris]
(Bruit)
Pierre Debauche
Dans un théâtre, le public est habitué au théâtre. Au bout de la première ou de la deuxième génération de spectateurs professionnels, le supposé connu dans la tête de chacun est tellement énorme qu’on procède toujours par allusion et que la seule issue possible pour tout le monde est l’art baroque. Parce que c’est toujours l’allusion à des choses supposées connues par tout le monde. Alors devant un public pas habitué, on est obligé à une vie physique du théâtre du premier degré, qui oblige à ce que ce soit vraiment du théâtre à mes yeux, c'est-à-dire à retourner aux sources, à trouver une chose directement claire et qui à mes yeux est le théâtre. C'est-à-dire, je n’ai pas encore les solutions, j’en parlerai mieux dans 30 ans si je continue dans cette voie-là, parce que pour l’instant, étant en plein dans le parcours, je n’en parle pas clairement. Je cherche.
Journaliste
Pour ce public qu’il aime, Pierre Debauche a décidé de monter un chapiteau provisoire sur un terrain vague dans une zone déshéritée, loin de tout et pratiquement introuvable malgré une signalisation abondante. Les 90 000 habitants de Nanterre se partagent en tout et pour tout, trois cinémas dont un ne passe que des films arabes. Et il est permis de se demander si les habitants des cités dortoirs modernes ne sont pas aussi déshérités que ceux des bidonvilles en ce qui concerne le domaine culturel.
Pierre Debauche
Nous travaillons selon deux théorèmes très simples, qui ne sont pas difficiles à comprendre mais qui demandent un grand travail. C'est-à-dire que si la France a 45 millions d’habitants le public égale 45 millions. Si Nanterre a 100 000 habitants, le public égale 100 000. Alors étant logique avec nous-mêmes, nous pensons qu’il faut jouer pour tous les habitants d’une ville. Alors nous nous demandons qui habite la ville et nous jouons pendant ce mois de mai 24 spectacles différents pour pouvoir jouer pour les tout petits, pour les scolaires, pour le public adulte et aussi pour les travailleurs étrangers. Il faut arriver à avoir tout. Alors pour l’instant on n’a rien. On a une ville qui nous aide, l’Etat qui nous promet de nous aider plus tard en fabriquant cette maison de la culture avec la ville. Le Conseil Général qui nous aide aussi, ça c’est le problème de l’argent. Seulement la difficulté quand il n’y a rien, c’est qu’il faut inventer l’argent, il faut inventer le public, il faut inventer le répertoire, il faut inventer la troupe et il faut programmer les spectacles qu’on présente pendant un mois. Alors ce n’est pas simple tous les jours, mais ça donne envie parce que le public réagit bien. Et par exemple l’année dernière, en 65 sur 11 576 spectateurs, 63% n’avait jamais été au théâtre. Et ça pour nous, c’est très précieux, c’est ça ce qu’on veut faire. On pense que c’est là qu’est le vrai rapport d’une équipe de théâtre avec un public, c’est avec le public neuf qu’on a envie de vivre et qu’on a envie de travailler.
Journaliste
Ce public neuf qu’il s’agit d’attirer, ce n’est pas avec les pièces de répertoire classique qu’on peut l’apprivoiser. Pour enseigner aux spectateurs le chemin du théâtre, Debauche qui n’est pas un snob nanti d’une mission culturelle, sent que ce n’est même pas avec le théâtre dit populaire qu’il faut commencer. C’est pourquoi il donne des spectacles de variétés avec Francis Blanche, avec les ballets de [Jeannine Chara], avec Leny Escudero.
(Musique)
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