Ouverture du 104 à Paris

08 octobre 2008
02m 14s
Réf. 00439

Notice

Résumé :

Ouverture du 104 à Paris, nouveau lieu de création artistique et établissement de la ville de Paris, avec à sa direction, les metteurs en scène Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, porteurs du projet culturel.

Date de diffusion :
08 octobre 2008
Source :

Éclairage

En septembre 2005, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach sont nommés directeurs du 104 rue d'Aubervilliers dans le 19e arrondissement de Paris. Auparavant, ces deux metteurs en scène ont été respectivement directeurs du Centre dramatique national de Dijon-Bourgogne et directeur du Studio Théâtre de Vitry.

Le 104 rue d'Aubervilliers est l'ancien siège des Pompes funèbres municipales. A l'abandon, le site a failli être rasé lorsque la Ville de Paris décide finalement de le réhabiliter pour en faire un lieu artistique et culturel qui doit redynamiser le quartier défavorisé où il se situe. Immense entrepôt d'une superficie totale de 39 000 m², à l'architecture métallique de la fin du XIXe siècle, il s'apparente à un passage couvert d'une longueur de 270 mètres, avec des salles de part et d'autre. Ce lieu illustre une tendance symptomatique de l'architecture culturelle qui atteste la volonté des institutions de renouveler l'usage d'anciens sites industriels ou usiniers à l'abandon pour en faire des lieux de culture. Ainsi depuis une trentaine d'année, nombre de lieux de création et de diffusion artistique ont vu le jour sur d'anciennes friches. C'est le cas par exemple du Lieu Unique à Nantes (dans l'ancienne usine de la biscuiterie LU) ou de La Friche à Marseille (ancienne usine de tabac). Les exemples sont multiples. L'originalité de l'entreprise parisienne réside dans l'ouverture pluridisciplinaire que proposent les deux porteurs du projet, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, à savoir la conjugaison d'ateliers d'artiste, de salles de spectacle et de commerces. Le passage retrouve sa fonction urbaine de rue ouverte aux passants du quartier, sans restriction. Il s'agit de résidence d'artistes du monde entier, venant de toutes les disciplines (de la BD à la danse, en passant par la musique, le théâtre, le cinéma, etc.), l'idée étant de partager avec le public l'expérience de création en ouvrant l'atelier de l'artiste le temps de la création et de permettre de créer des liens entre tous les arts. En outre, le lieu est équipé de deux salles de spectacles de 200 et 400 places.

Le 104 est inauguré par Bertrand Delanoë, fin 2008, avec fastes lors d'un week-end portes ouvertes qui se termine par un concert gratuit de l'artiste anglais Tricky.

Toutefois, malgré des financements conséquents (un budget de 12 millions d'euros dont 8 à la charge de la ville), ces derniers ne sont pas à la hauteur des espérances de Robert Cantarella et Frédéric Fisbach qui souhaitent davantage d'investissements, ce que leur refuse la municipalité. Ne pouvant faire vivre leur projet comme ils le souhaitent, ils quittent leurs fonctions en février 2010. C'est José Manuel Gonçalvès qui est nommé quelques mois plus tard pour reprendre la direction et poursuivre le projet. Il était jusqu'alors directeur de la Ferme du Buisson à Noisiel.

Marie-Aude Hemmerlé

Transcription

(Bruit)
Journaliste
C’est un lieu culturel inhabituel qui voit le jour en plein coeur du 19ème arrondissement à Paris, au 104 rue d’Aubervilliers, 39 000 mètres carrés, constitués d’ateliers d’artistes, de salles de spectacle, et bientôt de cafés et de commerces. Le tout, le long d’un passage créé dans les locaux des anciennes pompes funèbres municipales.
Robert Cantarella
De part et d’autre de ce passage, il y a des ateliers, dans lesquels travaillent des artistes. Toutes pratiques artistiques confondues, depuis la bande dessinée, théâtre, danse, arts plastiques, musique, cinéma. Et le public peut, en passant par cette rue, rentrer dans un atelier et découvrir un artiste en train de travailler.
Journaliste
Ce sont les artistes qui choisissent à quel moment ils ouvrent leurs portes au public. Ils seront 200 en permanence, sélectionnés sur dossier, la résidence de ce musicien italien a duré une dizaine de jours, il laissera bientôt sa place à un autre et n’est pas prêt d’oublier son séjour ici.
Andrea Cera
C’est rare d’avoir la possibilité de venir travailler dans une place comme ça. De pouvoir mettre des caméras dehors, des microphones, avoir des, voilà, un espace si beau et si fonctionnel pour travailler. C’est très rare.
Intervenant 3
Le souvenir de toutes les pièces, les tentures, de tous les decorums qu’il y avait. Tu te souviens ?
Journaliste
Il y a encore 20 ans, les artistes au 104 c’étaient eux. Les employés des pompes funèbres. Jean et Roger, y ont travaillé 30 ans. A l’époque, 1 400 personnes s’activaient ici, dans un ballet incessant de corbillards.
Intervenant 4
Les cercueils étaient chargés par dizaines dans les camions, il y avait ici peut être, Jean combien, 12, 15 camions, qui attendaient que les cercueils soient chargés pour aller les livrer dans tous les endroits où il y avait des décès.
Journaliste
Le lieu a failli être rasé, avant que la Mairie de Paris ne décide de le réhabiliter. Elle y a aussi trouvé un moyen de redynamiser un quartier défavorisé de la capitale en créant un nouveau lieu de vie.
Intervenant 5
C’est une nouvelle rue, et une nouvelle rue qui fait quand même 270 mètres de long, donc, un espace public important, sans aucune contrainte de surveillance, de contrôle.
Journaliste
Une rue qui aura tout de même des horaires d’ouverture, tous les jours, de 11 heures à 20 heures et jusqu’à 22 heures, le vendredi et samedi.
(Silence)