L'école des Sables de Germaine Acogny au Sénégal

19 mai 2008
01m 43s
Réf. 00859

Notice

Résumé :

C'est dans le village de Toubab Dialaw, à 50 kilomètres de Dakar, que la chorégraphe Germaine Acogny a installé son école des Sables. Elle y accueille des danseurs de tout le continent africain venus suivre ses cours mais aussi ceux de chorégraphes contemporains européens invités par Acogny.

Date de diffusion :
19 mai 2008
Source :

Éclairage

C'est dans le petit village de pêcheurs de Toubab Dialaw (Sénégal) que la danseuse et chorégraphe Germaine Acogny, voix forte de la scène contemporaine africaine, a ouvert en 1996 son Ecole des sables, la bien-nommée. Sur un terrain sableux, une immense toile de jute protège l'aire de jeu et les danseurs au travail. L'arbre fétiche de la chorégraphe, le fromager, dont les racines profondément enfoncées dans le sol sont impossibles à arracher, lui sert d'exemple pour une danse solide et légère à la fois. Aux nombreux jeunes élèves qui déboulent chez elle en provenance de tous les pays du continent africain, Germaine Acogny apprend à trouver leur danse en connaissant les traditions de leur pays. C'est à partir de ce noyau dur, et dans la confrontation intelligente avec des chorégraphes occidentaux – ils sont nombreux ceux qui débarquent à l'Ecole des sables pour enseigner -, qu'un geste neuf et juste peut se forger. Si les métiers de danseur ou de chorégraphe n'en sont pas encore tout à fait en Afrique, Germaine Acogny fait tout pour leur donner une chance d'avenir.

Petite-fille d'une prêtresse Yoruba, ayant appris les danses traditionnelles de son pays parallèlement à la danse classique et moderne, Germaine Acogny a mis au point une technique et un enseignement spécifiques. Celle que l'on a longtemps surnommée la « Béjart Africaine », a dirigé de 1977 à 1982, Mudra Afrique, centre de formation créé par Maurice Béjart et le Président Senghor à Dakar, avant de rejoindre la compagnie du chorégraphe à Bruxelles. Jamais en reste de poser des jalons dans tous les endroits où elle passe, cette «  citoyenne du monde » a aussi fondé en 1985 à Toulouse avec son mari Helmut Vogt le Studio-Ecole-Ballet-Théâtre du 3° Monde. En 1995, désireuse de retourner s'installer au Sénégal, elle s'attache à la construction de l'Ecole des Sables et crée dans la foulée la compagnie Jant-Bi en 1998 avec des danseurs y ayant travaillé. Elle collabore avec son fils Patrick Acogny, danseur et chorégraphe, chercheur sur les transmissions des danses africaines et le corps multiculturel. En 2010, l'association Studio-Ecole-Ballet-théâtre du 3° Monde a fermé ses portes. Avec une dizaine de créations à son actif, Germaine Acogny, qui vient de signer un solo intitulé Songook Yaakaar (2010), coup de gueule contre la situation actuelle en Afrique, partage son temps entre création et pédagogie, Toulouse et Toubab Dialaw. Le magazine Jeune Afrique a choisi Germaine Acogny comme l'une des cent personnalités qui « font » l'Afrique aujourd'hui. L'Ecole des Sables, forme avec la Termitière à Ouagadougou (voir la vidéo), une chaîne de plus en plus solide de lieux de danse pour les jeunes artistes offensifs du continent africain.

Rosita Boisseau

Transcription

Journaliste
Le ciel pour miroir, les rochers comme tapis de sol, l’École des sables, une école pas comme les autres. La maîtresse des lieux, cette femme, Germaine Acogny. Pour ce stage, 40 danseurs de 21 pays d’Afrique ont fait le déplacement jusqu’au Sénégal.
Germaine Acogny
Ils sont des danseurs traditionnels, il faut qu’ils connaissent leur danse patrimoniale. Ça, c’est la base de l’éducation et ici, on leur donne un outillage chorégraphique ou contemporain.
Journaliste
Son but, professionnaliser la future génération des danseurs africains aujourd’hui formée sur le tas. Parmi les professeurs, une danseuse exceptionnelle, Nora Chipaumire. D’origine zimbabwéenne, elle s’est installée aux Etats-Unis sans renier ses racines africaines.
(Musique)
Journaliste
Son message :
Nora Chipaumire
Trouvez votre propre voie, n’ayez pas peur. Ne vous excusez pas, vous ne pouvez pas vous excuser pour ce que vous êtes et parce que vous êtes africain.
Journaliste
Le stage coûte 3000 Euros pour 2 mois et demi mais la plupart des élèves sont boursiers. Ils veulent vivre de leur métier mais, pour l’instant, rares sont ceux qui gagnent de l’argent avec leur spectacle.
(Musique)
Intervenant
Tu n’as pas de subvention, tu es obligé de payer les centres pour pouvoir se produire. Et, des fois aussi en retour, tu n’as pas de spectateur qui vient.
Journaliste
Pas toujours salle comble donc, mais parfois, la reconnaissance des pairs. Un ancien élève de l’école vient de remporter le premier solo de danse, Afrique danse, le festival de danse en Afrique.
(Bruit)
(Musique)
(Silence)
Inconnu
[Inaudible]
(Musique)