La Walkyrie

01 janvier 2007
03h 59m 48s
Réf. 10104
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Résumé :

Opéra en trois actes de Richard Wagner, enregistré au Festival d'Aix en Provence en 2007.

Date de diffusion :
01 janvier 2007

Éclairage

La Walkyrie

Le prélude qui introduit petit à petit l'acte premier, laisse gronder une tempête. Elle fait rage tout d'abord puis se calme peu à peu.

Acte 1

Une vaste pièce déserte, avec au centre le trône gigantesque d'un frêne. La porte s'ouvre. Un homme épuisé de fatigue entre et chancelle, il se jette sur une peau d'ours, qui gît près du foyer. Toute son attitude trahit le fuyard. Le bruit attire Sieglinde ; elle sort d'une pièce croyant que son mari Hunding, vient de rentrer. Elle aperçoit l'étranger et, à sa demande, lui donne à boire. Désaltéré, l'hôte apprend à qui appartient cette demeure hospitalière. Il a dû fuir devant ses ennemis, sa lance et son bouclier s'étant brisés, mais malgré ses blessures, il leur a échappé, Sieglinde lui tend une coupe d'hydromel. Il la vide et sentant que ses forces lui sont revenues, veut poursuivre son chemin, car sa présence porte malheur. Mais Sieglinde le retient ; il y a beau temps que le bonheur a déserté sa demeure. Il reste et en silence, l'homme et la femme attendent le retour de Hunding, se regardant mutuellement avec une émotion croissante.

Hunding rentre enfin, Sieglinde lui apprend qu'elle a désaltéré l'hôte. Vient le moment de servir le repas. Hunding est frappé par les traits de cet homme, qui ressemble étrangement à Sieglinde. Il interroge l'étranger, qui lui raconte que, jeune encore, il perdit sa mère et sa soeur jumelle. Le nom "Douleur" lui conviendrait à merveille. En effet, un jour revenant de la chasse avec "Loup", son père, les deux hommes, père et fils, trouvèrent sa mère assassinée, la soeur enlevée. Des années, le vieux Loup et le jeune vécurent dans la forêt, en lutte perpétuelle avec leurs ennemis. Un combat singulièrement âpre sépara père et fils et depuis lors, Loup-le-jeune erra solitaire, trouvant ou apportant le malheur, quel que fût l'endroit qui l'accueillait. Sieglinde voudrait savoir en quelles circonstances son hôte fut désarmé. L'étranger raconte : une jeune femme que son clan voulait marier à un homme qu'elle n'aimait pas, invoqua son secours. Dans la lutte qui suivit, acharnée et violente, la jeune femme et nombre de ses parents périrent. Loup-le-jeune dut prendre la fuite, ses armes s'étant brisées. Sombre et menaçant, Hunding apprend à son hôte qu'il appartient lui-même à la lignée qu'il a combattue ; pour cette nuit, les lois de l'hospitalité resteront sacrées, mais le lendemain sera dédié à la vengeance. Hunding ordonne à sa femme d'emplir la coupe du soir, puis le mari et la femme se retirent dans leur chambre de repos.

Resté seul, l'homme se souvient : "Le fer promis par mon père, pour vaincre au péril pressant ! ..." mais cette arme, où la trouvera-t-il, lui, tombé sans défense dans la demeure de son ennemi, près de la femme dont le charme l'enflamme, mais qu'un maître contraint. L'homme s'abandonne aux tendres sentiments, que l'hôtesse a éveillés dans son coeur. Sieglinde sort de sa chambre ; elle a mêlé un soporifique à la boisson de Hunding et elle vient pour montrer une arme à son hôte ; au fort entre tous elle appartient. Un étranger l'enfonça jusqu'à la garde dans le tronc du frêne, lorsque, combien y a-t-il d'années, "le clan farouche ici réuni fêtait l'odieux mariage : de force à l'époux j'étais vendue, proie que livraient les bandits." Nombreux sont-ils, ceux qui essayèrent d'arracher l'épée au frêne qui l'enserre, mais tous ces efforts furent vains. L'hôte puisse-t-il réussir ; il gagnerait en même temps et l'épée et l'épouse. L'étranger embrasse Sieglinde. Dans une folle extase, ils se confessent leur amour et petit à petit ils comprennent qu'ils sont les jumeaux que Wälse (Wotan) engendra. Dorénavant le fuyard ne peut plus s'appeler "Douleur" ; Sieglinde trouve un nouveau nom pour lui : Siegmund. Au comble du ravissement, Siegmund se précipite vers le frêne et d'un seul geste, libère l'épée qu'il appelle "Presse" (Nothung), car c'est au milieu de la plus grande détresse qu'il trouva l'arme, qui permettra à l'amant de se défendre et de libérer l'amante. Saisie d'une ivresse éperdue, Sieglinde se sent libre pour la toute première fois. Siegmund accepte le sort que Wotan leur a réservé : "Soeur, épouse, sois à ton frère ! Fleurisse donc, Wälse, ton sang !"

Acte 2

Dans un site sauvage et montagneux, Wotan ordonne à sa Walkyrie préférée, Brünnhilde, de seller son cheval, pour voler au secours de Wälsoung (Siegmund) dans sa lutte contre Hunding. En poussant des cris de joie, elle part exécuter l'ordre. De loin, elle avertit Wotan que Fricka approche sur son char attelé de deux béliers ; sa façon barbare de fouetter ses coursiers démontre, combien est grande la colère de la déesse protectrice du mariage. Arrivée devant Wotan elle se plaint de la faute commise par Siegmund et Sieglinde. Wotan prend la défense des Wälsoungs : l'amour les a réunis ; le serment qui unit sans amour ne peut être sacré. Sarcastique, Fricka demande, si Wotan l'approuve, que frère et soeur s'aiment d'un amour coupable. Une fois de plus, Wotan plaide la cause des Wälsoungs, en invoquant leur grand amour. Il conseille même à Fricka de bénir cette union et de sourire à cette tendresse. Soudain la colère de la déesse éclate : ainsi donc, tous ses efforts pour réprimer l'infidélité sont restés vains, parce que Wotan lui-même a engendré dans l'adultère les Wälsoungs et les Walkyries. Avec calme, Wotan essaye d'expliquer à Fricka, qu'il faut au salut des dieux un héros qui soit simplement indépendant. Fricka se refuse à le croire : cette épée ? n'est ce pas Wotan lui-même qui l'a donnée à Siegmund ? Elle le répète, il lui faut vengeance : ni Wotan, ni Brünnhilde ne pourront assister Siegmund. Mais voici la Walkyrie, menant par la bride son cheval sellé. Fricka obtient de Wotan le serment, qu'il n'aidera pas Siegmund et qu'il tiendra parole ; puis elle remonte dans son char et s'éloigne.

Soucieuse, Brünnhilde demande à son père la cause de sa douleur. Aussitôt, Wotan confesse ses erreurs : comment il a prêté l'oreille à Logue, pour ravir l'anneau à Albéric ; l'avertissement donné par Erda et le but qu'il avait devant les yeux en engendrant les Walkyries. Mais toutes les précautions prises le seraient en vain, si Albéric parvenait à reconquérir l'anneau. Sans doute, Fafner garde les trésors mais Wotan ne peut lui enlever l'anneau puisqu'il se trouve lié par son contrat. Un seul peut apporter le salut, un héros tout à fait indépendant des dieux, agissant sans leur secours et de sa propre initiative. Brünnhilde demande s'il n'y aurait aucun espoir en Siegmund. Wotan explique que le Wälsoung n'a qu'une seule ressource, son épée, car le dieu suprême doit satisfaire au voeu de Fricka ; d'ailleurs, ayant touché l'anneau, Wotan subit le charme maudit, et il ne souhaite plus que la fin. Déjà une femme (Grimhilde) porte dans son sein un fils d'Albéric (Hagen), qui, selon la prophétie d'Erda, contribuera à la perte des dieux. Amer, Wotan ordonne à Brünnhilde de se porter au secours de Hunding. La Walkyrie essaye de convaincre son père, que cet ordre ne peut s'exécuter, mais il la menace de son courroux, si Siegmund ne tombe pas. Après le départ de Wotan, triste et défaite, Brünnhilde ramasse ses armes ; et pendant qu'elle déplore l'ordre que son père lui donna, elle remarque l'approche des Wälsoungs. Lentement la Walkyrie se dissimule derrière un quartier de roche.

Siegmund veut que Sieglinde se repose. La femme est au désespoir : honte et ignominie sont les seuls biens qu'elle apportera à son frère, et contre Hunding, ses compagnons et sa meute, Siegmund ne pourra tenir. Elle s'affaisse défaillante entre les bras de Siegmund. Tendrement, il la laisse glisser tout contre lui, de sorte que s'étant assis lui-même sur le rocher, la tête de Sieglinde se trouve reposer sur ses genoux.

Après un long silence, Brünnhilde conduisant son cheval par la brise s'avance, lente et solennelle. Elle s'arrête, à une moindre distance de Siegmund. Elle lui annonce une mort prochaine, mais console le héros, en lui disant qu'elle le conduira au Wahlalla, où son père Wälse l'attend. Lorsque Siegmund apprend que Sieglinde ne pourra l'accompagner, il refuse de suivre Brünnhilde, car il a toujours confiance en son épée. Mais la Walkyrie le prévient : Wälse a enlevé sa force à cette épée. Aveuglé par son ressentiment, Siegmund maudit son père. Brünnhilde s'engage à prendre sous sa protection Sieglinde et l'enfant qui naîtra d'elle ; mais Siegmund tuera son amante et se suicidera ensuite. La Walkyrie s'oppose à ce projet et, prise de pitié, affirme qu'elle aidera le héros.

Des sonneries de cors annoncent l'arrivée de Hunding. Avec douceur, Siegmund dépose sa femme, qui sommeille et se précipite à la rencontre de son ennemi. Sieglinde rêve que sa demeure est en feu ; elle appelle au secours son père, sa mère et Siegmund. Un violent coup de tonnerre la réveille. Dans le lointain, son frère et Hunding se battent et elle entend la voix de Brünnhilde qui encourage Siegmund. Les guerriers s'approchent de Sieglinde et lorsque Siegmund s'apprête à donner le coup fatal à Hunding, Wotan apparaît soudain ; de sa lance, il brise l'épée "Presse" et Hunding peut tuer son adversaire. Aussitôt, Sieglinde est prise en croupe par Brünnhilde, qui ira mettre la femme en lieu sûr. Méprisant, Wotan ordonne à Hunding d'annoncer à Fricka qu'il a été satisfait à ses exigences, et d'un geste tout aussi plein de mépris, il tue Hunding. Aussitôt après, Wotan part à la poursuite de la Walkyrie désobéissante.

Acte 3

Dans une contrée sauvage et montagneuse, les Walkyries se rencontrent en route vers le Wahlalla, où elles conduisent les mânes des preux. Brünnhilde arrive la dernière ; elle porte le corps d'une femme ; Sieglinde. Hors d'haleine, elle raconte, angoissée, que Wotan la poursuit ; malgré la défense formelle de son père, elle a secouru et protégé Siegmund. Elle supplie ses soeurs de l'aider à sauver Sieglinde, mais elles refusent. Même la femme épuisée ne veut pas qu'on tente de la secourir : elle ne souhaite plus que la mort. Cependant lorsqu'on lui a affirmé qu'elle porte un fils, Sieglinde aussi implore secours et assistance, Brünnhilde lui donne Grane, son destrier, et lui ordonne de fuir vers l'Est ; là gît le trésor de Nibelungen, sous la garde de Fafner, là aussi, les Wälsoungs sont à l'abri du courroux de Wotan. Brünnhilde confie à Sieglinde les débris de "Presse", l'épée détruite de Siegmund. Un jour, le fils de ce héros rassemblant les morceaux, reconstituera l'arme et par elle triomphera. C'est pourquoi, il sera appelé Siegfried, c'est à dire le joyeux et vainqueur. Sieglinde remercie sa bienfaitrice : "Sainte merveille ! Vierge sublime...Adieu, bénie...", et part en toute hâte. Déjà la voix de Wotan se fait entendre.

Brünnhilde se cache au milieu de ses soeurs, qui tente, mais en vain de calmer le courroux de leur père. Comme Wotan donne libre cours à sa colère, parce que sa fille préférée a désobéi, Brünnhilde s'avance et demande son châtiment. Et Wotan prononce la peine : "Walkyrie, elle ne le sera plus, mais bannie du Wahlalla, elle restera sur cette cime, où elle dormira sans défense, jusqu'à ce qu'un homme la réveille, qui sera le maître auquel elle obéira. Malheur aux soeurs, si elles ne fuient pas la présence de Brünnhilde !" Au comble de l'effroi, les soeurs de Brünnhilde prennent la fuite.

Restée seule avec Wotan, Brünnhilde essaye de se défendre disant qu'en agissant comme elle a agi, elle n'a eu qu'un seul but, réaliser les desseins que le dieu suprême avait conçus avant l'intervention de Fricka. Wotan n'est-il pas devenu son propre adversaire en accomplissant les voeux de la Déesse ? Il avoue : Brünnhilde a agi selon ses désirs, mais l'acte était contraire aux intérêts des dieux. La Walkyrie raconte que Sieglinde est sauvée ; elle porte un fils qui un jour brandira "Presse", l'épée de Siegmund, son père. Suppliante, elle ajoute : puisse Wotan accorder, que seul vienne réveiller Brünnhilde, un libre héros, qui ait la vaillance d'affronter le feu, que Wotan, vigilant gardien de sa fille, allumera en cercle autour d'elle. Dans un tendre adieu à Brünnhilde, Wotan promet. Un baiser du dieu suprême prive la Walkyrie de ses dons divins. Elle se renverse les yeux clos, et tombe inerte dans ses bras. Il la porte avec tendresse jusqu'à un tertre de mousse, la contemple, ferme son casque de guerrière et l'enveloppe de son grand bouclier. Il invoque alors Logue, le dieu du feu. Trois fois la lance de Wotan frappe le rocher : un flot de feu jaillit et s'enfle peu à peu. De sa lance, le dieu indique à la mer de flammes le pourtour de la crête rocheuse, lui marquant de la sorte le lit où elle doit rouler ; le feu entoure la cime de la montagne. Wotan termine en proférant la menace : "Qui de ma lance craint la pointe, n'aborde ce feu jamais."