Orphée et Eurydice

01 février 2008
01h 44m 40s
Réf. 10107
Cette vidéo n'est pas disponible en visionnage intégral actuellement (extrait seulement)

Notice

Cette vidéo est un extrait. L'intégralité sera disponible en visionnage gratuit du 19 mars 2018 au 22 avril 2018. À tout moment, vous pouvez retrouver l'intégralité en DVD édité par :
Résumé :

Opéra dansé de Pina Bausch, enregistré au Palais Garnier en février 2008.

Date de diffusion :
01 février 2008

Éclairage

Un Opéra Dansé

Précurseur de Mozart, Gluck (1714-1787) voulait changer le visage de l'art lyrique, jugeant l'opéra de son époque comme une suite de mélodies sans rapport avec le texte.

Il crée Orphée et Eurydice en 1762, drame dansé accompagné d'une chorégraphie d'Angiolini.

L'œuvre de Gluck se démarque par une ligne de chant épousant parfaitement l'action et les paroles. La division entre airs et récitatifs s'estompe : il ne demeure qu'une forme musicale unique d'une grande expressivité. Enfin, le chœur acquiert un rôle conséquent, il n'est plus un simple accompagnement des solistes.

Après une ouverture enlevée et joyeuse, le rideau se lève à l'acte I sur une scène de déploration. Orphée et le chœur se lamentent près du tombeau d'Eurydice. Orphée, resté seul, apprend de l'Amour qu'il pourra récupérer Eurydice s'il parvient à convaincre l'Enfer.

À l'acte II, un très impressionnant chœur infernal tente de barrer la route à Orphée mais, par son chant, ce dernier parvient à émouvoir les esprits qui lui cèdent le passage. Un ciel serein succède aux sombres bords du Cocyte, prétexte dans la version parisienne à un ravissant ballet des Ombres heureuses. Eurydice paraît.

À l'acte III, les deux époux remontent vers la terre mais Eurydice s'inquiète de l'indifférence d'Orphée qui ne peut la regarder avant de retrouver le monde des vivants. À l'écoute de ses reproches, il ne peut s'empêcher de se retourner et elle expire dans ses bras. Orphée se lamente dans le célèbre « Che faro senza Euridice » (en français : J'ai perdu mon Eurydice). L'Amour surgit pour l'empêcher de se suicider et lui rend Eurydice, l'œuvre s'achevant dans la version parisienne par un long ballet.

La chorégraphie de Pina Bausch

Gluck a voulu dès sa création que son œuvre soit accompagnée d'une chorégraphie. La musique renferme en elle-même une dimension physique très forte. La force dramatique du compositeur a inspiré Pina Bausch. Sa chorégraphie prend à bras-le-corps cette dimension pour exprimer la souffrance d'Orphée, la souffrance que l'homme doit surmonter en affrontant ses désirs inassouvis.

Les caractères principaux - Orphée, Eurydice et Amour - sont des voix. Mais ce sont aussi des corps qui dansent. Ainsi l'a voulu Pina Bausch : des personnages dédoublés, comme déchirés entre leur "moi chantant" et leur "moi dansant"'.

Dans son œuvre lyrique, Gluck avait accordé à Orphée le pouvoir de vaincre les Ténèbres par la seule force de sa musique et la sincérité de sa douleur. Que la morsure fatale du serpent ayant tué Eurydice puisse être "réparée" par le seul cri de l'amant appelant son aimée par son nom. Ce cri, expressément voulu par Gluck, contre les usages lyriques de son temps, Pina Bausch en a conduit plus loin le pathétique. Sa vision ne contredit pas Gluck ; elle la prolonge : elle est plus sombre. Si la danse, fluide, dévoile des corps qui aiment, elle suggère surtout leur vulnérabilité. Le chant implore Zeus et l'émeut. Mais la danse, elle, pieds nus reliés au sol, rappelle la condition humaine. Elle dit la mort inéluctable.