Tristan et Isolde

10 février 2005
03h 41m 56s
Réf. 10122
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Éclairage

Tristan et Isolde

Chef-d'œuvre absolu du répertoire wagnérien composé alors que le génie allemand faisait une pause pendant la réalisation de sa Tétralogie, Tristan et Isolde est une œuvre totale, conciliant poésie et musique.

Le metteur en scène Olivier Py propose une nouvelle vison très personnelle de Tristan et Isolde. Ce n'est plus le drame d'amour absolu que Tristan et Isolde tentent de vivre, mais l'histoire de leur mise à mort préparée par eux-mêmes. Une sorte de suicide qui trouve sa résolution dans le Liebestod (la mort d'amour).

Pour une fois le décor n'est pas un « assemblage de cubes » disposés selon les nécessités de l'action de l'opéra au fil des actes. Chaque acte est traitée de manière radicalement différente.

Le premier acte se déroule sur le pont d'un bateau, cuirassier noir qui avance lentement à travers la scène de gauche à droite. Isolde et sa servante sont sur le pont en bas, Tristan sur le pont supérieur.

Le deuxième acte se déroule dans une chambre à coucher surélevée. La pièce est tantôt toute noire tantôt toute blanche et les amants passent de l'une à l'autre alors que le texte chanté propose une méditation sur la nuit et le jour, la lumière et l'ombre, l'amour, la vie et la mort.

Le décor du troisième acte est à couper le souffle. Tout l'espace de la scène est révélé, dans sa profondeur, une structure en bois noir scande le côté droit, elle évoque une jetée. La scène est pleine d'eau, il y a même un bassin dans lequel un enfant roi nage. Le lit de Tristan est placé au milieu de cette atmosphère brumeuse et humide. Le cor anglais dont la sonorité donne un caractère à toute cette partie vient du fond de la scène et marche comme un saxophoniste vers Tristan.

Évidemment, filmer un opéra de cette longueur reste un défi, mais rendre l'action lisible n'est pas la seule priorité puisque la vie intérieure des personnages est tellement riche.

Un deuxième défie consiste à intégrer l'orchestre, si cher à Wagner : des trucages subtils en feront un acteur visuel à part entier.

Troisième défi : trouver le cadre juste pour filmer des chanteurs qui pourraient être des acteurs de cinéma (Clifton Forbis, Jeanne-Michèle Charbonnet) de manière vivante et séduisante. Le danger du spectacle vivant à la télévision est de ne pas pouvoir filmer des champs / contre-champs (grammaire de cinéma de base) qui rend le jeu des acteurs/chanteurs plus proches du spectateur. Une parodie d'une captation de spectacle restera toujours de filmer les acteurs en train de se disputer de profil parce que cela correspond au point de vue de la salle. Cette fois-ci, nous tenterons de les filmer de face (champs / contre-champs) en mettant les caméras, s'il le faut, aussi dans les coulisses !