Maïa Plissetskaïa interviewée à Pleyel

05 mars 1997
02m 12s
Réf. 00954

Notice

Résumé :

A l'occasion d'un gala donné en mars 1997 salle Pleyel avec le Ballet Impérial de Russie, troupe éphémère fondée par le danseur du Bolchoï Gedemias Taranda, un portrait nous est tracé de Maïa Plissetskaïa à travers quelques questions posée à la grande étoile dans sa loge. Nous la voyons au travail à la barre salle Pleyel - à 72 ans ! - en élégant tailleur, puis, engoncée dans ses fourrures, monter en voiture place de la Concorde. Quelques extraits de ballets provenant des archives de l'Ina permettent de la découvrir dans l'Adage du Lac des Cygnes avec Nikolaï Fadeyetchev dans les années 1960, puis en 1978 répétant Leda de Maurice Béjart avec Jorge Donn, et enfin dans La Marseillaise, extrait du ballet Isadora également crée pour elle par Maurice Béjart, en 1976 à Monte Carlo.

Date de diffusion :
05 mars 1997
Source :
A2 (Collection: JA2 20H )
Thèmes :

Éclairage

Quand Galina Oulanova, la grande star du régime soviétique prend sa retraite en 1962, Maïa Plissetskaïa devient la vedette du Bolchoï, ambassadrice de la danse soviétique dans le monde. Et pourtant, cette magnifique artiste née le 20 novembre 1925 a connu la plus terrible des enfances : son père, ingénieur des Mines est fusillé sur ordre de Staline, son frère et sa mère sont déportés quand elle n'a que treize ans. Elle est sauvée par sa tante Sulamith Messerer, étoile du Bolchoï mariée au fameux pédagogue de l'Ecole du Bolchoï, Assaf Messerer. A vingt ans Maïa est nommée étoile pour ses dons exceptionnels, la beauté de sa ligne, la souplesse déjà légendaire de ses bras. Elle excelle aussi bien dans les rôles romantiques que dans ceux tout en brio et panache.

Maïa Plissetskaïa est une rebelle et son prestige à l'étranger lui permet de surmonter bien des brimades et interdictions. Elle effectue sa première tournée hors URSS en 1959 avec le Bolchoï et remporte d'immenses succès à l'Opéra de Paris dans Le Lac des Cygnes de Bourmeister en 1961 et 1964 puis au Palais des Congrès en 1973 dans La Rose malade créé pour elle par Roland Petit. En 1975 elle danse à l'Opéra Bolero de Béjart qui conçoit à son intention Isadora inspiré de divers solos d'Isadora Duncan, et un pas de deux avec Jorge Donn, Leda en 1978 sur des musiques japonaises. En 1985 elle incarne la Phèdre de Lifar avec le Ballet de Lorraine à Nancy puis à Paris.

Maïa Plissetskaïa tente de sortir le Bolchoï de sa léthargie en imposant les ballet de Béjart, Roland Petit et autres chorégraphes étrangers. Elle y crée une populaire Carmen sur la musique du compositeur Rodion Chtchedrine, son mari, dans la chorégraphie du Cubain Alberto Alonso.

Maïa Plissetakaïa chorégraphie elle-même trois ballets qu'elle a le plus grand mal à imposer au Bolchoï : Anna Karénine en 1972, La Mouette et enfin La Dame au petit chien en 1985. Elle bénéficie heureusement du soutient indéfectible de Pierre Cardin qui réalise tous les costumes de ses ballets !

Lors de cette soirée salle Pleyel, Maïa Plissetskaïa danse encore, à 72 ans, un de ses plus grands succès La Mort du Cygne de Fokine qu'elle a même l'habitude de bisser. A un journaliste qui lui demande qui lui a transmis la chorégraphie immortalisée par la Pavlova, elle répond « Personne! J'ai regardé Oulanova et bien des artistes, mais de toute façon j'improvise sur la musique et danse Le Cygne différemment chaque soir et même quand je le bisse ! ».

Le 1er novembre 2010, pour les 85 ans de Maïa, le Ballet du Théâtre Mariinski et son orchestre dirigé par Valery Gergiev lui rendent un vibrant hommage en révélant au Théâtre du Châtelet, en présence de la danseuse et de son mari, le ballet Le Petit cheval bossu qui fut un de ses grand succès, sur la musique de Rodion Chtchedrine et dans une nouvelle chorégraphie d'Alexï Ratmanski. De la corbeille la danseuse salut le public qui l'acclame, avec la sublime élégance d'une très grande star.

René Sirvin

Transcription

Présentateur
Eternelle étoile de la danse, la ballerine russe, Maïa Plissetskaïa, qui fut la plus grande star de la danse soviétique, continue de se produire. Elle est aujourd’hui âgée de 72 ans, ce qui ne l’empêchera pas, demain soir, d’être sur la scène de la Salle Pleyel, à Paris, pour une représentation exceptionnelle, accompagnée de la troupe du Ballet Impérial de Russie. Reportage, Auberi Edler, Bernard Puissesseau.
(Musique)
Journaliste
Il y a de quoi être étonné, les légendes vivantes sont rares.
(Musique)
Journaliste
Imaginez l’émerveillement de ces jeunes ballerines, découvrant, à l’occasion d’un cours de danse, à Pleyel, l’étoile, Maïa Plissetskaïa. Apparition furtive, le temps d’un spectacle unique à Paris, aux côtés des étoiles du Bolchoï et des plus grands danseurs de l’ex Union Soviétique. Depuis plus de 50 ans, Maïa Plissetskaïa, est la star de toutes les Russies.
Maïa Plissetskaïa
J’ai toujours aimé monter sur scène. Je n’ai jamais cessé d’être une ballerine, avec un grand répertoire et des rôles chaque fois différents. J’ai eu droit à tous les honneurs, à tous les anniversaires. Et, aujourd’hui, j’ai la chance d’être encore à la mode.
(Musique)
Journaliste
Etoile du Bolchoï dès les années 40, promue artiste du peuple de l’URSS en 1959, elle reste inégalée, dit-on, dans son milieu pourtant féroce. Femme cygne, mouette ou Carmen, créature façon Béjart, la Plissetskaïa renaît sans cesse.
(Musique)
Journaliste
Installée à Munich depuis 1992, elle garde, à 70 ans passés, une passion intacte. Les français vont donc vous revoir, vous découvrir sur scène, à Paris. Qu’est-ce qu’il faut leur dire, Maïa Plissetskaïa, la danseuse étoile ou Maïa Plissetskaïa, la légende ?
Maïa Plissetskaïa
Il ne faut rien dire. Dites, Maïa Plissetskaïa, tout court.
(Musique)
Journaliste
Maïa Plissetskaïa est en tout cas une diva, et le public ne s’y trompe pas, toujours fidèle aux rendez-vous donnés depuis un demi siècle.
(Musique)