C'étaient les harkis

07 juin 1963
15m 10s
Réf. 00024

Notice

Résumé :

Reportage sur la situation des harkis installés dans un village abandonné de l'Aude après avoir quitté le camp militaire de Rivesaltes.

Type de média :
Date de diffusion :
07 juin 1963
Source :

Éclairage

Quand les harkis fuient l'Algérie en 1962, la plupart ne trouvent pas, en France, l'accueil qu'ils auraient pu y attendre. Pourtant, leur histoire est le fruit d'une trajectoire commune avec la France. En effet, ayant combattu aux côtés des Français, ils doivent quitter un pays – le leur – qui les considère comme des traîtres. Face à l'afflux de ces réfugiés, l'administration française met en place des solutions dont on pense qu'elles seront provisoires mais qui vont perdurer pendant des années. Six camps de transit sont par exemple ouverts dont celui de Rivesaltes, près de Perpignan. Paradoxe, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce camp avait servi de lieu de regroupement pour les Républicains espagnols et les Juifs. Or, entre septembre 1962 et décembre 1964, ce sont près de 22 000 harkis qui y résideront, de surcroît dans des conditions de grande précarité.

Hormis leur transfert dans ces camps, les harkis seront également conduits dans des hameaux forestiers situés à proximité de leurs lieux de travail, dont celui de Pujol-de-Bosc, près de Carcassonne dans l'Aude. Là encore, contrairement aux prévisions, ils y restèrent jusqu'à la fin des années 70 pour s'installer ensuite dans les villes et villages alentour.

Quoi qu'il en soit, le fait qu'aient perduré des conditions d'accueil souvent déplorables a engendré une forme de rancœur au sein des groupes concernés qui a conduit les enfants des harkis (années 70) et petits-enfants (à partir des années 90) à demander réparation. Aujourd'hui encore, ce problème reste d'actualité, des associations veillant à ce que des mesures spécifiques de réparation soient accordées aux anciens supplétifs et à leurs conjoints.

C'est seulement en mars 1963 que les journalistes sont autorisés à pénétrer dans le camp de Rivesaltes. Cette édition de Cinq colonnes à la une diffusée le 7 mai 1963 correspond donc à une circonstance particulière tout en proposant un traitement conforme à la ligne politique. En effet, aucune critique ne filtre du reportage. Plus, le journaliste explique que tout a été mis en place pour assurer l'intégration en France des anciens supplétifs de l'armée.

Par exemple, au sujet de Pujol-de-Bosc, on entend une description enjouée de la part du Maire, ce dernier se félicitant de faire revivre un hameau à l'abandon. Évidemment, rien n'est dit des difficultés des harkis à vivre dans des maisons inhabitées de longue date, situées à distance du premier village. Ainsi la politique d'intégration des harkis est-elle valorisée, donnant à voir une filiation positive entre la nationalité accordée, le regroupement dans des zones spécifiques et un encadrement des conditions de travail.

Pour autant, a contrario de cette image biaisée, des phrases sont dites ou des images montrées qui attestent des difficultés rencontrées. Ainsi en est-il lorsque le Maire parle des différences culturelles entre harkis et Français et de ses premières réticences à voir des hommes « différents » occuper le hameau forestier. Ainsi en est-il aussi de l'agacement des fonctionnaires devant l'inexpérience des harkis ou des regards inquiets des femmes ne parlant pas français. Autant d'exemples qui déjouent quelque peu le discours lisse du journaliste.

Béatrice Fleury

Transcription

(Silence)
Intervenant 2
Non, elle comprend, mais elle parle pas.
Journaliste
Dites-moi, est-ce que votre femme parle français ?
(Musique)
(Bruit)
Juge
Megdoul Louardi, vous désirez garder la nationalité française ?
Megdoul Louardi
Oui, Monsieur le Juge.
Juge
Très bien. Vous voulez signer la déclaration ?
Megdoul Louardi
Oui, Monsieur le Juge.
(Bruit)
Juge
Guerdat Boudjema, approchez, approchez. Vous désirez garder la nationalité française ?
Guerdat Boudjema
Oui, Monsieur le juge.
Juge
Très bien. Signez la déclaration.
Journaliste
Cette cérémonie a lieu tous les mercredis. Au camp militaire de Rivesaltes, près de Perpignan, nous avons vu les Harkis rapatriés d’Algérie faire leurs premiers pas dans la vie métropolitaine.
(Bruit)
Journaliste
C’est long, deux signatures. Parfois, Monsieur le Juge s’impatiente un peu. Vous l’avez vu.
Juge
Voici le récépissé de la déclaration que vous venez de souscrire.
Guerdat Boudjema
Merci, Monsieur le Juge.
Juge
Dès que… Votre femme est là ?
Guerdat Boudjema
Elle est là.
Juge
Ah, approchez Madame, Wouardate Boudjema.
Guerdat Boudjema
Présent, Monsieur le Juge.
Juge
Approchez. Vous désirez garder la nationalité française, Madame ?
Wouardate Boudjema
Oui, Monsieur le Juge.
Juge
Bon, tenez, je vais vous délivrer le récépissé de la déclaration que… Vous savez signer ? Vous savez signer ? Non, elle ne sait pas, ça ne fait rien. Voici le récépissé de la déclaration, Madame. Vous pouvez vous retirer, Monsieur, je vous remercie. Vous pouvez partir. Aoucha Larbi. C’est fini. Est-ce que vous désirez garder la nationalité française ?
Intervenants
Oui, Monsieur le Juge. Oui, Monsieur le juge. Oui, Monsieur le juge. Oui, Monsieur le juge.
Juge
Et votre femme ?
Intervenant 1
Oui, Monsieur le juge.
Journaliste
Alors ça y est, vous êtes Français. Votre femme aussi ?
Intervenant 2
Moi et ma femme.
Journaliste
Est-ce que ça veut dire que vous ne vous sentez plus Algérien ?
Intervenant 2
Non, pas du tout. Je sens bien que je suis Français pour le moment.
Journaliste
Et vous pensez que vous ne regretterez jamais Algérie ?
Intervenant 2
Jamais, jamais, jamais.
Journaliste
C’est votre pays natal pourtant ?
Intervenant 2
J’en avais marre, j'en avais jusqu’ici, de l'Algérie. Alors maintenant, je ne pense plus à l’Algérie. Fini.
Journaliste
Ne plus penser à l’Algérie, être Français, ces phrases-là, entendues un peu partout dans le camp, n’étaient pas un constat, bien sûr. Seulement un souhait, exprimé au présent dans l’espoir qu’il se réalisera plus vite. Le temps qu’il faudra, c’est le problème actuel des anciens Harkis, et c’est aussi notre problème, puisque nous les avons pris en charge. Le camp, mis sur pied et dirigé par les militaires, a d’abord comme rôle de recevoir et d’héberger les familles de Harkis. L’argent qu’elles touchent de l’État, sous forme de prime de secours, est entièrement converti en nourriture, linge et vêtements. Tout cela marche à merveille. Mais il faut aussi les préparer à la vie qui les attend en France. Aux hommes, on fait suivre des cours de préformation professionnelle : bâtiment et métaux, et aussi, des classes d’IVM, Initiation à la vie métropolitaine.
(Bruit)
Intervenant 3
J’arriverai demain en gare de Perpignan à midi. Viens me chercher avec un taxi. Vous voyez ? On va essayer d’écourter le texte. Parce que plus il y a de mots, plus le télégramme est cher. Alors, là-dedans, on va enlever les mots inutiles. « J’ai » de « j’arriverais ». Pourquoi ? Parce qu’il y aura le nom de l’expéditeur, qui sait que c’est lui. Alors, on enlève le « j ».
Journaliste
Aux femmes, on fait suivre des cours de travaux ménagers. Il faut apprendre à se servir d’un fer électrique, d’une machine à coudre. Il faut aussi apprendre à parler et à lire en français. Apprendre à lire, pour une femme arabe, c’est un événement grave. C’est acquérir ce droit effrayant de penser, de réfléchir, de se mêler aux problèmes qui ne sont pas immédiatement ceux du foyer. Beaucoup, la plupart ne s’y risquent pas. Ici, ce sont les femmes âgées qui viennent. Je ne dis pas le plus volontiers, mais avec le moins d’appréhension, de répugnance. Les jeunes n’osent pas.
Intervenant 2
Si vous lui parlez, vous lui causez, elle comprend ce que vous dites, mais pour répondre, elle peut pas répondre.
Journaliste
Vous comprenez ce que nous disons, Madame ?
Intervenant 2
[Langue étrangère].
Journaliste
Ça serait plus pratique que votre femme parle français, non ? Pour la vie de tous les jours.
Intervenant 2
Moi, je voudrais bien, parce que là-bas, en l’Algérie, c’est l’homme qui fait le marché, qui fait ça. Et moi, je voudrais bien que ma femme, qui est à ma place, c’est ma femme qui fait le marché, qui achète. Moi je voudrais bien ça, qu’elle apprenne.
Journaliste
Quand vous aurez une paie, un salaire, vous lui donnerez de l’argent pour le ménage ?
Intervenant 2
Oui, j’en donne. Je donne de l’argent, mais elle ne sait même pas compter. Elle ne connaît pas ni les billets de 1000, ni les billets de 500. Billet de 500 et billet de 5000, pour elle, c’est pareil.
Journaliste
Pourquoi est-ce qu’elle… Elle ne peut pas suivre les cours de rattrapage ?
Intervenant 2
Si, j'empêche pas d’aller.
Journaliste
Qu’est-ce qu’elle en pense, elle ?
Intervenant 2
[Langue étrangère]
Journaliste
Le ministère des Rapatriés a installé, dans le camp, une antenne civile pour le reclassement des adultes. On y reçoit les demandes des employeurs métropolitains qu’on transmet à mesure aux intéressés.
(Bruit)
Journaliste
Les problèmes ne manquent pas. Voici un exemple.
Inconnu 1
Le suivant. Boufal Amran. Tu veux alors, aller dans l’Ariège, dans une carrière de pierre ?
Boufal Amran
Oui !
Inconnu 1
J’ai une place. On te paie 206 francs de l’heure. [en arabe] Ça te va ?
Boufal Amran
Oui.
Inconnu 1
Et tu auras un logement qui se compose de deux pièces. Ça va ? Tu es d’accord ?
Boufal Amran
Oui, ça va.
Journaliste
Il dit oui. Tout paraît réglé. Maintenant, suivez bien ce qui se passe.
Boufal Amran
[INAUDIBLE] avec moi.
Inconnu 1
Ah ? Tu veux qu’il y en ait un autre avec toi ?
Boufal Amran
Oui, avec la femme, c’est tout. Deux. Les deux.
Inconnu 1
Les deux ? Pourquoi ? Tu ne veux pas partir tout seul ?
Boufal Amran
Alors, si moi je n’ai pas la femme, alors j’ai les enfants…
Journaliste
Il parle de femme et d’enfants. Ce n’est pas très clair. En tout cas, le responsable, derrière son bureau, ne comprend pas. Ce qu’il retient, c’est que [Boufal Amrane] ne veut pas partir seul.
Inconnu 1
Écoute, quand tu arriveras là-bas, tu verras le patron. S’il a une autre place, tu me la demandes puis j’enverrais un autre de tes camarades. Tu donnes le nom, et je l’enverrai plus tard.
Boufal Amran
Mais après, les enfants…
Journaliste
Non, ce n’est pas ça. Ce que Boulaf amrane essaie d’expliquer, c’est que sa femme n’est pas là, qu’il a trois enfants à sa charge, et qu’il ne peut partir que si la femme d’un autre Harki s’occupe de ses enfants à lui, pendant qu’il sera dehors, à travailler.
Boufal Amran
[inaudible]
Inconnu 1
Oui, qui pourra s’occuper évidemment de tes enfants. Bon, je vais te réserver pour un autre dossier où il y aura deux ouvriers. Tu voudrais partir avec un camarade.
Journaliste
Voilà. Des problèmes semblables, il y en a tous les jours.
Inconnu 1
Allez, ça va. La carte d’identité, la voilà. Tiens.
Boufal Amran
Merci.
Journaliste
Une bonne solution collective au problème du reclassement, ce sont les chantiers forestiers. Celui de Pujol-de-Bosc, au-dessus de Carcassonne, est ouvert depuis quelques semaines par des Kabyles venus de Rivesaltes. Ils sont trente-sept à travailler là, sous la surveillance d’un fonctionnaire des Eaux et Forêts. Le soir, vers 5 heures, ils quittent le chantier et rentrent à Pujol-de-Bosc, un village abandonné qui est devenu leur village.
(Bruit)
Journaliste
Ils s’installent peu à peu. On a refait, pour eux, une école, les adductions d’eau, les murs et les toits de trente-sept maisons, puisqu’il y avait trente-sept familles à reloger. Le problème reste l’isolement. Le village habité le plus proche, Villeneuve, est à 7 kilomètres, par une route étroite et sans revêtement, à peine carrossable l’hiver. Pourtant, les commerçants de Villeneuve se sont toujours arrangés pour monter jusqu’ici, quel que soit le temps. Le boulanger, que voici, vient chaque jour, le boucher deux fois par semaine, l’épicier, ou plutôt, l’épicière, une fois. Tous en fin d’après-midi, puisqu’il faut attendre que les hommes, qui seuls ou presque, peuvent effectuer les achats, soient rentrés du travail. Le capitaine Boyer et l’adjudant-chef Vergès, qu’il va rejoindre, sont les responsables militaires du pays. Ils vont s’effacer bientôt devant l’autorité civile, c’est-à-dire devant Monsieur le Maire de Villeneuve, qui a Pujol-de-Bosq dans sa commune. Dites-moi, c’est une expérience un peu particulière pour un maire de France d’avoir à administrer des musulmans, non
Maire
Oui, au début, c’était un petit peu… ça m’a un peu gêné, parce que ce sont des gens en somme qui sont d’une autre… d’une autre forme, quoi, d’une autre civilisation que nous, peut-être.
Journaliste
D'une autre mentalité.
Maire
D’une autre mentalité. Alors, au début… Je m'y suis très bien habitué. Ce sont des gens très sympathiques.
Journaliste
Au fond avant l’arrivée des musulmans à Pujol-de-Bosq, vous n’aviez plus d’administrés, ici ?
Maire
Il n’y avait qu’un seul berger qui était dans le village.
Journaliste
C’était le dernier habitant du pays ?
Maire
C’était le dernier oui, pratiquement.
Journaliste
Et depuis, vous en avez combien de plus ?
Maire
Cent quatre-vingt-dix actuellement. Et on espère en recevoir quelques-uns de plus qui porteront l’effectif à deux cents cinquante.
Journaliste
En fait, ça vous a fait plaisir.
Maire
Oui, c’était un pays où j’avais beaucoup de souvenirs. J’avais un peu mal cœur de voir toutes ces maisons tomber en ruines. Mais de les revoir retapées comme ça... C’est un village qui a repris la vie tout à fait normale avec toute cette jeunesse, avec toute cette école.
(Bruit)
Journaliste
Ça te plaît de vivre en France ?
Enfant
Oui.
Journaliste
Tu n’aurais pas préféré rester en l’Algérie, non ?
Enfant
Non. Là, c’est mieux.
Journaliste
C’est mieux en France ?
Enfant
Oui.
Journaliste
Dis-moi pourquoi ?
Enfant
Parce que là, c’est mieux. Parce que là-bas, il y a le FNL.
Journaliste
Il y a le FNL là-bas. Tu avais peur du FNL ?
Enfant
Oui.
Journaliste
Tu te plais ici ?
Enfant 2
Oui.
Journaliste
Tu préfères être ici ou être en Algérie ?
Enfant 2
En Algérie.
Journaliste
Oui ? Tu étais à quel endroit en Algérie ?
Enfant 2
A Kherba.
Journaliste
Pourquoi tu préférais l’Algérie ?
Enfant 2
C’est mon pays, l’Algérie.
Journaliste
Tu allais à l’école déjà en Algérie ?
Enfant 3
Oui.
Journaliste
A quel endroit ?
Enfant 3
J’ai été à [Bilambar].
Journaliste
C’était pareil qu’ici, c’était comme ici l’école ?
Enfant 3
Oui.
Journaliste
Tout pareil ?
Enfant 3
Tout pareil, oui.
Journaliste
Les maisons, elles sont comme en Algérie ?
Enfant 4
Non, elles sont pas comme en Algérie.
Journaliste
Comment elles sont ?
Enfant 4
L’Algérie, c’est avec des roseaux et puis de la terre.
Journaliste
Et ici ?
Enfant 4
Ici, c’est avec du ciment. Et puis dessus, c’est des plaques comme ça. Et puis aussi des planches dessous.
Journaliste
A la seule femme kabyle parlant français, Madame [Aguasile], nous avons demandé depuis quand elle était installée.
Madame [Aguasile]
Quinze jours. Ça fait quinze jours.
Journaliste
Ça fait quinze jours seulement que vous êtes là ?
Madame [Aguasile]
Oui.
Journaliste
Très bien, vous étiez à Rivesaltes alors ?
Madame [Aguasile]
Oui, à Rivesaltes.
Journaliste
C’était bien, là-bas, à Rivesaltes ?
Madame [Aguasile]
Oui, c’était bien, mais pas mieux qu’ici.
Journaliste
Pourquoi, parce que vous avez une maison à vous, ici ?
Madame [Aguasile]
Oui, parce qu’il y a la maison. Là-bas c’était à l’armée, ça, c’est à nous.
Journaliste
C’est à eux, oui. Le réchaud à gaz, les chaises, la table, le coin où ils rangent ce qu’ils ont pu sauver dans leur départ. Ces clés suspendues au plafond sont celles de la maison en Algérie. Vous avez combien de pièces ?
Madame [Aguasile]
J’ai trois pièces. Il y a deux chambres et une cuisine.
Journaliste
C’est la pièce ici, et puis deux chambres.
Madame [Aguasile]
Oui, une chambre pour le gosse, une chambre pour moi, et une cuisine.
Journaliste
Vous êtes combien dans la famille ? Il y a Jacqueline.
Madame [Aguasile]
Six, deux sœurs et un frère.
Journaliste
Puis votre mari.
Madame [Aguasile]
Oui.
Journaliste
Combien il touche votre papa, quel est son salaire ?
Fillette
1 500 francs par jour.
Journaliste
Vous avez les allocations familiales ou non ?
Fillette
Oui, ici.
Journaliste
Qu’est-ce que vous pensez, que vous resterez ici ?
Madame [Aguasile]
Oui, on va rester ici jusqu’à la fin.
Journaliste
Ça vous plairait de vivre ici ?
Madame [Aguasile]
Oui.
Journaliste
Aujourd’hui, en France, il y a vingt-huit villages semblables à Pujol-de-Bosq, habités par ceux qu’on appelait naguère les Harkis. Il y en aura soixante-dix d’ici la fin septembre. Ici, à Pujol, trois enfants sont nés depuis le début du printemps. L’un s’appelle Mazouni, les autres, Jacques et Gisèle. Ce sont les premiers prénoms français.
(Silence)