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Un cheminement toujours pacifique vers les indépendances ?

Bénédicte Brunet-La Ruche

Lorsqu'en mai 1958 de Gaulle revient au pouvoir dans un contexte critique en Algérie, il entend restaurer la grandeur de la France sur la scène internationale, ce qui passe par une politique de décolonisation « maîtrisée » en Afrique et à Madagascar. Ce grand ensemble français constitue un terrain capital et symbolique depuis la Seconde Guerre mondiale pour l'homme de la conférence de Brazzaville. Il s'agit d'accompagner les territoires africains vers la souveraineté et de maintenir avec eux des liens privilégiés afin qu'ils contribuent au rayonnement géopolitique de la France. Entre 1958 et 1960, ce sont alors treize colonies françaises d'Afrique et de Madagascar et les deux territoires sous tutelle du Togo et du Cameroun qui accèdent à l'indépendance. L'image d'une décolonisation pacifique et négociée avec les leaders africains « modérés » dans le contexte de la guerre froide ressort nettement des reportages réalisés pour les Actualités françaises ou par le service cinématographique des armées. Mais cette présentation d'un cheminement serein vers les indépendances mérite d'être nuancée.

L'indépendance dans la rupture : la Guinée en 1958

Elle tend à masquer la rupture opérée avec certains territoires, au premier plan desquels la Guinée, qui accède brutalement à l'indépendance après s'être opposée à la communauté lors du référendum du 28 septembre 1958.

Du voyage du général de Gaulle au non au référendum : les étapes vers le divorce

Lors de son voyage en Afrique en août 1958, le général de Gaulle a précisé à Brazzaville l'alternative posée dans le projet constitutionnel, qui constitue une pression forte pour les dirigeants africains : les territoires qui se prononceront en faveur de la communauté pourront à terme accéder à l'indépendance, avec le soutien de la France ; ceux qui s'y opposeront prendront immédiatement leur indépendance, ce qui signifie la sécession. À l'escale suivante, à Conakry, le discours du leader guinéen Sékou Touré provoque la rupture avec de Gaulle. Mais cet évènement majeur pour l'avenir du pays et ses relations avec la France n'est pas évoqué dans le reportage, afin de maintenir l'aspect triomphal du voyage.

 Le général de Gaulle en Guinée

Le général de Gaulle en Guinée

Les Actualités françaises présentent l'escale du général de Gaulle à Conakry le 25 août 1958, lors de son voyage en Afrique et à Madagascar, destiné à défendre son projet constitutionnel de la communauté française, avant le référendum du 28 septembre 1958.

aoû 1958
01m 06s
Fiche (00098)

Cette étape est même coupée dans la version du voyage conservée aux archives de la Défense (voir ci-après), soulignant le souci d'effacement de cette rupture dans la mémoire de la décolonisation.

Vers la Communauté française, voyage du général de Gaulle à Madagascar et en Afrique

Vers la Communauté française, voyage du général de Gaulle à Madagascar et en Afrique

Le reportage présente les étapes du voyage du général de Gaulle réalisé entre le 20 et le 29 août 1958 à Madagascar et dans certains territoires africains afin de préciser le cadre de la Communauté française soumise au référendum.

31 aoû 1958
09m 13s
Fiche (01038)

Après cette crise avec le chef du gouvernement français, Sékou Touré engage les Guinéens dans la voie du non à la communauté, tout en maintenant sa volonté de négocier avec la France. Les résultats du référendum marquent une victoire du Oui dans tous les territoires où les leaders se sont ralliés à la position gaulliste, à l'exception de la Guinée où le Non l'a massivement emporté. Ce résultat guinéen est interprété comme un acte de divorce par la France, qui retire immédiatement son aide technique et financière et refuse de donner suite aux demandes de collaboration de Sékou Touré.

 Référendum sur la Constitution : résultats en Afrique et à Madagascar, commentaires sur le "non" de la Guinée

Référendum sur la Constitution : résultats en Afrique et à Madagascar, commentaires sur le "non" de la Guinée

Le représentant du ministère de la France d'outre-mer, Émile Biasini, présente les résultats du référendum du 28 septembre 1958 sur la Communauté française en Afrique et à Madagascar et commente le « cas aberrant » de la Guinée qui a voté "non".

29 sep 1958
07m 43s
Fiche (00099)
 La Guinée à l'heure de l'indépendance

La Guinée à l'heure de l'indépendance

Le reportage présente la Guinée nouvellement indépendante, en soulignant la volonté de « sécession » de ce territoire africain qui s'est opposé à la Communauté française, ainsi que la volonté du gouvernement de Sékou Touré de maintenir une collaboration avec la France.

08 oct 1958
42s
Fiche (00078)

La recherche de nouveaux partenaires

Sékou Touré s'efforce alors de sortir de l'isolement que tente d'imposer la France. Il se rapproche des pays non alignés, au premier rang desquels le Ghana, avec lequel il entend créer une union ouest-africaine.

 Union de la Guinée et du Ghana

Union de la Guinée et du Ghana

En décembre 1958, les dirigeants de la Guinée et du Ghana, deux des premiers états indépendants d'Afrique de l'Ouest, entérinent leur union et cherchent à l'étendre à l'échelle régionale en organisant une Conférence des peuples africains à Accra.

03 déc 1958
18s
Fiche (00238)

Il multiplie les contacts avec les pays tant de l'Ouest que de l'Est, ce qui lui permet d'obtenir la reconnaissance internationale et se traduit dès 1959 par une série d'accords de coopération avec l'Union soviétique et la Chine populaire.

Nikita Khrouchtchev reçoit Ahmed Sékou Touré, président de la République de Guinée [muet]

Nikita Khrouchtchev reçoit Ahmed Sékou Touré, président de la République de Guinée [muet]

En novembre 1959, le président de la République de Guinée Sékou Touré, accompagné d'une délégation, rencontre Krouchtchev près de la mer noire et signe avec l'Union soviétique des accords de coopération.

1959
01m 07s
Fiche (00081)
Visite à Pékin de Sékou Touré, président de la République de Guinée [muet]

Visite à Pékin de Sékou Touré, président de la République de Guinée [muet]

[Document muet] Ahmed Sékou Touré est accueilli avec éclat à Pékin lors de son premier séjour en République populaire de Chine en septembre 1960.

1960
02m 55s
Fiche (00085)

Une nation créée dans la rupture

Le Non au référendum prend la dimension d'un acte de résistance au colonialisme et le président Sékou Touré construit l'identité nationale sur cette rupture avec la France. La révolution guinéenne entend réhabiliter la culture africaine et développer une politique sociale progressiste. Mais le pays connaît de graves difficultés économiques malgré la coopération avec les pays du bloc communiste et le rapprochement avec les États-Unis. La dérive autoritaire du régime se manifeste par l'élimination des autres forces politiques et la personnalisation du pouvoir par Sékou Touré jusqu'à sa mort en 1984. Après une brève détente des relations entre la Guinée et la France entre 1963 et 1965, les relations sont rompues et ne sont rétablies qu'en 1975, après l'élection du président Giscard d'Estaing.

 La Guinée, cinq ans après

La Guinée, cinq ans après

Un reportage réalisé pour le magazine Sept jours du monde présente l'évolution générale de la Guinée, depuis son indépendance jusqu'en 1963.

27 sep 1963
14m 58s
Fiche (00094)

Une indépendance « encadrée » : le Cameroun

Parallèlement à cette rupture, la majorité des territoires africains parvient à une indépendance négociée. Mais le choix des acteurs politiques africains pour conduire leur pays vers l'indépendance est aussi encadré par les autorités françaises, comme le souligne l'exemple du Cameroun, placé sous tutelle onusienne. Le populaire parti de l'Union des populations du Cameroun (UPC), constitué dès 1948 par Ruben Um Nyobé, revendique l'indépendance du pays et sa réunification avec la partie britannique. Mais il est interdit en 1955 et entre alors dans la lutte armée pour la libération nationale. En l'absence de ce parti, l'assemblée territoriale élue en 1956 fait émerger des personnalités modérées et soutenues par la France, notamment Ahmadou Ahidjo. Alors que ce leader prend en main les affaires intérieures du pays, les militants de l'UPC font l'objet d'une féroce répression, sans que cette guerre ne soit couverte par les médias.

 Réunion de l'assemblée territoriale camerounaise

Réunion de l'assemblée territoriale camerounaise

Conformément à la loi-cadre de 1956, l'assemblée territoriale du Cameroun élue est appelée à gérer les affaires intérieures du pays et elle tient sa première séance en février 1957. L'élection a eu lieu sans la participation du parti indépendantiste interdit depuis 1955, dans un contexte de guerre ouverte dans le sud ; elle a donc donné la majorité aux candidats « modérés », notamment Ahmadou Ahidjo.

13 fév 1957
29s
Fiche (00077)

De Gaulle soutient en novembre 1958 la démarche du chef du gouvernement Ahidjo pour obtenir la levée de la tutelle de l'ONU sans consultation préalable des populations. Il s'agit de permettre l'accès à l'indépendance du Cameroun en 1960, mais dans un cadre « maîtrisé », en dehors d'élections contrôlées par l'ONU et de la participation de l'UPC.

 Entretien avec le Premier ministre camerounais, Monsieur Ahidjo Ahmadou

Entretien avec le Premier ministre camerounais, Monsieur Ahidjo Ahmadou

Le 10 novembre 1958, le Premier ministre du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, est interviewé alors qu'il se trouve sur le point de se rendre à New-York pour demander la levée de la tutelle à l'ONU et parvenir ainsi à l'indépendance du Cameroun en 1960. Il est également interrogé sur la situation intérieure de son pays, qu'il présente comme « presque normale ».

10 nov 1958
04m 12s
Fiche (00079)

La proclamation de l'indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960, puis un an plus tard la réunification de la partie méridionale du Cameroun britannique à la nouvelle République, donnent lieu à des cérémonies ambigües, mêlant à la fois l'allégresse à la contestation d'une indépendance considérée comme volée.

Proclamation de l'indépendance au Cameroun [muet]

Proclamation de l'indépendance au Cameroun [muet]

La proclamation d'indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960 donne lieu à une grande cérémonie officielle, avec la venue de nombreuses délégations internationales et l'organisation de festivités jusqu'au 3 janvier dans les villes du pays. Mais la cérémonie se déroule dans un climat de tension et d'insécurité compte tenu des contestations à l'égard de cette indépendance qui apparaît « confisquée ».

09 jan 1960
01m 23s
Fiche (00086)
 Yaoundé célèbre la réunification des deux Cameroun

Yaoundé célèbre la réunification des deux Cameroun

Un an après la proclamation d'indépendance, la République du Cameroun fête le 1er octobre 1961 sa réunification avec le Cameroun méridional, précédemment sous mandat britannique

11 oct 1961
38s
Fiche (00092)

La guerre contre l'UPC se poursuit jusqu'en 1970 tandis que le président Ahidjo renforce son pouvoir personnel. Le Cameroun est un important allié de la politique gaulliste, ce qui permet ainsi d'étendre le « pré carré » français en Afrique au-delà des anciens États de la communauté.

 M. Ahidjo à l'Elysée

M. Ahidjo à l'Elysée

Après sa rencontre avec le général de Gaulle, le président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo répond aux questions des journalistes sur la situation intérieure du pays et ses relations avec les autres États africains.

14 sep 1965
01m 35s
Fiche (00096)

Le processus de décolonisation organisé par de Gaulle se traduit aussi par une concurrence entre les responsables africains pour accéder au pouvoir, avec une évolution vers la présidentialisation. Il s'intègre par ailleurs dans un mouvement général d'émancipation et dans le contexte tendu de la guerre froide. Les indépendances sont parcourues de crises dans la définition des frontières et de la souveraineté des États, entre forces centrifuges, influences des anciennes métropoles et rapports de pouvoir politique et économique sur la scène internationale. Les conflits qui accompagnent l'émancipation des Congo belge (Léopoldville) et français (Brazzaville) et cristallisent les tensions internationales, en sont des exemples saisissants.

L'internationalisation des crises internes : les Congo et la guerre froide (1959-1963)

Les émeutes de 1959

La marche encadrée vers les indépendances proposée par de Gaulle, à laquelle de nombreux leaders africains adhèrent, comme Fulbert Youlou au Congo-Brazzaville, est présentée dans les médias français comme un exemple de décolonisation pacifique et responsable par rapport au Congo belge voisin où le transfert de souveraineté n'est pas encore organisé, ce qui se traduit par une effervescence politique et des émeutes en janvier 1959.

 Interview de Monsieur Fulbert Youlou, Premier ministre du Congo

Interview de Monsieur Fulbert Youlou, Premier ministre du Congo

Le Premier ministre du Congo-Brazzaville, l'abbé Fulbert Youlou, est interviewé sur les émeutes qui ont ensanglanté Léopoldville entre le 4 et le 6 janvier 1959, et leur impact sur l'autre rive du Congo, dans son nouvel État membre de la communauté.

08 jan 1959
03m 47s
Fiche (00082)

Mais la création rapide des États de la communauté française, entre le référendum de septembre et la fin de l'année 1958, provoque une course au siège suprême. À l'instar de l'abbé Youlou, certains responsables politiques réalisent de véritables coups d'État pour accéder au pouvoir, ce qui conduit à des conflits sanglants à Brazzaville en février 1959, un mois après ceux intervenus à Léopoldville.

Emeutes au Congo Brazzaville [muet]

Emeutes au Congo Brazzaville [muet]

[Document muet] Après le « coup d'Etat constitutionnel » de Fulbert Youlou qui lui permet de devenir Premier ministre de la nouvelle République du Congo, des émeutes ensanglantent Brazzaville en février 1959. Le reportage présente en images le bilan de ces émeutes et les autorités qui s'affirment à Brazzaville sous la direction de l'abbé Youlou.

22 fév 1959
01m 24s
Fiche (00083)

Après avoir neutralisé ses opposants politiques qui ont été rendus responsables des émeutes, Fulbert Youlou peut organiser et remporter les élections législatives en juin 1959. Lorsque la république congolaise proclame son indépendance le 15 août 1960, elle se caractérise déjà par une concentration du pouvoir autour du palais présidentiel de l'abbé, un poids important des conseillers spéciaux français et un éloignement croissant des réalités de la société congolaise.

Elections législatives à Brazzaville [muet]

Elections législatives à Brazzaville [muet]

[Document muet] Après avoir neutralisé ses opposants au lendemain des émeutes de février 1959, Fulbert Youlou dissout l'assemblée et organise de nouvelles élections législatives qui se déroulent le 14 juin 1959.

15 juin 1959
58s
Fiche (00084)

Le Congo-Léopoldville, point chaud de la guerre froide en Afrique (1960-1963)

De son côté le Congo belge accède brutalement à l'indépendance le 30 juin 1960, après des élections qui ont marqué la victoire de Lumumba, le leader du parti nationaliste qui fait figure de radical aux yeux des autorités belges et auquel s'opposent les partis fédéralistes.

 La proclamation de l'indépendance du Congo belge

La proclamation de l'indépendance du Congo belge

Le 30 juin 1960 a lieu la cérémonie officielle de l'indépendance du Congo à Léopoldville, en présence du roi Baudouin, du président Kasavubu et du Premier ministre Lumumba, ainsi que de nombreuses délégations étrangères et d'une foule assemblée au palais de la Nation.

06 juil 1960
44s
Fiche (00087)

Le Congo belge est devenu indépendant sans qu'aucune transmission de l'appareil administratif et militaire aux leaders congolais n'ait été organisée, comme le souligne le Premier ministre Patrice Lumumba à l'ONU en juillet 1960.

 Patrice Lumumba à l'ONU

Patrice Lumumba à l'ONU

Après la sécession du Katanga et l'envoi de troupes belges, les autorités congolaises ont fait appel à l'ONU pour une aide militaire. Le 25 juillet Lumumba présente sa position sur l'agression militaire belge et demande un appui à sa jeune armée ; le reportage souligne surtout sa critique de la Belgique qui a accordé l'indépendance sans transition, notamment sans prévoir l'africanisation de l'armée.

01 fév 1961
45s
Fiche (00100)

La mutinerie de la force publique a créé de graves troubles intérieurs dès le 5 juillet, tandis que l'envoi de troupes belges et les sécessions des provinces riches du Katanga avec le leader Tshombe et du Sud-Kasaï avec Kalonji, soutenues par les colons et les groupes économiques belges, finissent de désorganiser le pays. La crise devient internationale, avec l'envoi de casques bleus et l'intervention des pays des blocs de l'Ouest et de l'Est pour soutenir des autorités politiques concurrentes. Lumumba focalise les sentiments les plus extrêmes en interne et sur la scène internationale. Soutenu par l'Union Soviétique et le groupe afro-asiatique, il devient la cible des pays occidentaux.

Une intense propagande est menée contre lui depuis Brazzaville, avec le soutien du président Youlou et des conseillers français. Puis le coup d'État du colonel Mobutu, chef d'Etat-major de l'armée congolaise poussé par les États-Unis, marque le retrait politique de Lumumba.

 De nos envoyés spéciaux : le Congo en octobre 1960

De nos envoyés spéciaux : le Congo en octobre 1960

Cinq colonnes à la une revient au Congo-Léopoldville en octobre 1960 pour rencontrer les acteurs de la crise congolaise, après les destitutions respectives du Premier ministre Lumumba et du président Kasavubu, puis le putsch du colonel Mobutu qui a nommé un collège de commissaires en remplacement du gouvernement.

07 oct 1960
13m 46s
Fiche (00090)
 Léopoldville ; l'heure du Colonel Mobutu

Léopoldville ; l'heure du Colonel Mobutu

Les Actualités françaises présentent les évènements qui se sont succédés au Congo-Léopoldville en septembre 1960, de l'échec de Lumumba et du général Lundula d'accéder à la radio nationale fermée par les Nations-Unies à la prise de pouvoir de Mobutu et son renvoi des ambassadeurs soviétique et tchécoslovaque.

21 sep 1960
01m 50s
Fiche (00089)

Après l'assassinat de Lumumba en janvier 1961, les autorités politiques rivales se disputent le pouvoir, depuis le président Kasavubu à Léopoldville, les dirigeants sécessionnistes du Katanga et du Sud-Kasaï, soutenus chacun par différents pays occidentaux, jusqu'au gouvernement nationaliste de Stanleyville qui bénéficie de l'appui du bloc communiste et du groupe afroasiatique.

 Nos envoyés spéciaux : le Congo sans Lumumba

Nos envoyés spéciaux : le Congo sans Lumumba

L'équipe de Cinq colonnes à la une revient au Congo pour faire le point sur la situation politique dans les différentes composantes du pays, depuis le gouvernement de Léopoldville jusqu'aux États sécessionnistes du Sud-Kasaï et du Katanga qui recourent aux mercenaires pour constituer leur armée.

03 mar 1961
21m 44s
Fiche (00091)

Les forces en présence évoluent vers un compromis en 1961. Après la limitation de l'appui soviétique, certains nationalistes se rallient au gouvernement d'union prôné par le président Kasavubu. Parallèlement, l'ONU accepte d'intervenir militairement pour réintégrer le Katanga dans un Congo unifié. Ce qui avait été refusé à Lumumba en 1960 est réalisé en 1963.

 Le Katanga

Le Katanga

Le reportage des Actualités françaises présente la situation au Katanga, au lendemain de sa reconquête par les casques bleus de l'ONU. Il interroge un représentant de l'Union minière qui a soutenu la sécession sur sa vision de la réintégration du Katanga à la République du Congo.

11 jan 1963
09m 03s
Fiche (00093)

Mais le rapport des influences entre l'Est et l'Ouest s'inverse au Congo voisin. En effet, à Brazzaville, une révolution populaire renverse 1963 le président Youlou en août et une république socialiste est instaurée. Parallèlement, à Léopoldville, le dirigeant anti-communiste Tshombe est appelé au pouvoir en 1964 pour liquider les rebelles lumumbistes. La France qui a soutenu ce chef sécessionniste peut ainsi étendre son « pré carré » au-delà de ses anciennes colonies. Les Congo sont devenus un point de bascule de la guerre froide en Afrique.

 L'autre Congo

L'autre Congo

Le reportage réalisé par Roger Louis pour Cinq colonnes à la une présente les différents visages de la République socialiste du Congo-Brazzaville, près d'un an et demi après la chute de l'abbé Fulbert Youlou, depuis l'orientation marxiste du régime et la surveillance policière exercée par la jeunesse révolutionnaire jusqu'aux conflits avec le Congo-Léopoldville dans le contexte de la guerre froide.

05 fév 1965
26m 29s
Fiche (00095)

Deux territoires sont restés à l'écart du mouvement d'émancipation des années 1958-60 en Afrique.

Les indépendances tardives : Djibouti, Les Comores

La France s'oppose jusqu'en 1977 à l'émancipation de son enclave stratégique de Djibouti qui se trouve à la fois convoité par ses puissants voisins somalien et éthiopien et partagée entre des groupes concurrents en interne.

 Charles de Gaulle : voyage à Djibouti

Charles de Gaulle : voyage à Djibouti

Le 25 août 1966, lors de sa visite officielle à Djibouti, le général de Gaulle est accueilli par des manifestants revendiquant l'indépendance de la Côte française des Somalis, dont certains sollicitent le rattachement à la République de Somalie. Alors que l'ONU encourage l'élargissement du mouvement de décolonisation à ce territoire, le président français envisage dans son discours la possibilité d'une évolution du statut de cette enclave convoitée par ses voisins somalien et éthiopien, mais dans le cadre des dispositions de la Constitution française.

16 sep 1966
03m 25s
Fiche (00150)
 Le lendemain sanglant de Djibouti

Le lendemain sanglant de Djibouti

L'émission Panorama présente le déroulement du référendum du 19 mars 1967, aux termes duquel les populations de la Côte française des Somalis se sont prononcées à 60 % en faveur de leur maintien dans la République française, avec un statut renouvelé. Le reportage met en avant les divisions entre les Afars et les Issas lors de ce vote ; il présente une lecture essentiellement ethnique des résultats et des manifestations qui suivent à Djibouti et sont réprimées par l'armée française.

28 mar 1967
02m 02s
Fiche (00148)

L'indépendance morcelée des Comores en 1975 continue de poser question en interne et sur le plan international, avec une reconnaissance onusienne de Mayotte au sein des Comores.

 Indépendance des Comores

Indépendance des Comores

Le 6 juillet 1975, le président du Conseil du gouvernement des Comores Ahmed Abdallah proclame unilatéralement l'indépendance des quatre îles des Comores, après la décision prise par la France de conditionner l'indépendance du pays à un référendum réalisé pour chaque île et non plus pour l'ensemble de l'archipel. Le reportage réalisé pour le journal télévisé français s'efforce de justifier le traitement différencié de Mayotte par son particularisme historique et l'attachement des Mahorais à rester Français.

06 juil 1975
02m 05s
Fiche (00149)

Cette lecture entre les lignes du traitement médiatique de la décolonisation permet donc de prendre en compte, à travers quelques cas emblématiques, les conflits ou les ambiguïtés qui apparaissent au moment ou au lendemain des indépendances.