La Libération de Paris (3) : l'entrée de la 2ème DB

01 septembre 1944
07m 35s
Réf. 00003

Notice

Résumé :

L'insurrection parisienne : l'arrivée de la 2ème division Leclerc, la prise de la Kommandatur, de l'Hôtel Meurice et de l'Hôtel Majestic les 25 et 26 août 1944.

Type de média :
Date de diffusion :
01 septembre 1944
Date d'événement :
25 août 1944

Contexte historique

Les insurgés savent qu'ils ne peuvent obtenir seuls la capitulation des Allemands. Plusieurs émissaires sont envoyés au travers des lignes allemandes pour presser les Alliés de marcher sur la capitale. Le 22 août, les Américains, qui jugeaient jusqu'alors l'insurrection parisienne prématurée, changent d'avis : ils acceptent d'envoyer la 2ème DB du général Leclerc. Débarquée à Utah Beach, la 2ème DB a participé aux côtés des Américains à la bataille de Normandie. Pourquoi ce volte-face américain ? Les services secrets alliés sont intervenus pour montrer l'importance de Paris. Le 20 août, de Gaulle en personne, dont la légitimité en tant que chef de la France libre paraît plus évidente depuis qu'il a été acclamé le 14 juin à Bayeux, s'est rendu auprès du général Eisenhower pour le convaincre d'envoyer des troupes sur Paris.

Eve Bonnivard

Éclairage média

Intitulé "Journal de la Résistance", ce document, tourné par une équipe de résistants, est un film militant. La subjectivité domine : ainsi, la caméra accompagne l'entrée de la 2ème DB dans Paris, tout en balayant la foule en liesse qui l'acclame. Le montage sonore (fracas des blindés, son des cloches et clameur des Parisiens) augmente l'importance de l'événement. Le commentaire porte les hommes de Leclerc en triomphe, rend hommage à leur jeunesse, à leur ardeur au combat. Puis la caméra zoome sur des détails qui symbolisent la fin de l'occupation: panneaux arrachés, drapeaux hissés. Enfin, un gros plan sur les soldats allemands désarmés, qui sortent de l'hôtel Majestic les mains levées en signe de reddition, veut signifier que l'heure de la revanche sur une longue humiliation a sonné.

Eve Bonnivard

Transcription

AVERTISSEMENT
Commentateur
Maintenant les avant-gardes de la division Leclerc roulent vers Paris.
(Silence)
Commentateur
A travers les banlieues, au milieu des hurlements de joie, les soldats casqués vont rejoindre les soldats sans uniforme de la capitale.
(Silence)
Commentateur
Quelques tours de chenille et ils sont à l'Hôtel de Ville et là, dans la lueur des torches ils vivent avec Paris la dernière nuit d'un cauchemar de 4 ans.
(Silence)
Commentateur
Le lendemain matin, le gros des troupes vient rejoindre les avant-gardes. Une armée jeune, forte, propre, hérissée d'armes, montée sur des chars qui portent les noms de nos provinces, de nos villes, de nos femmes, entre de partout dans la ville aux 54 portes.
(Silence)
Commentateur
Les Parisiens lui ouvrent le passage ; les barricades rentrent dans le sol ; on arrache les écriteaux qui insultaient nos carrefours.
(Silence)
Commentateur
Les drapeaux jaillissent, le blason de Paris refleurit.
(Silence)
Commentateur
De toutes les fenêtres, les trois couleurs ont giclé.
(Silence)
Commentateur
Cependant après l'héroïque combat des FFI, les derniers terriers de l'ennemi grouillent encore et les chars se préparent au combat. «Ici, rue des Archives...(inaudible).»
(Silence)
Commentateur
Ils vont attaquer d'abord le central téléphonique des Archives. Dans les rues étroites et traîtresses du vieux Paris les fantassins se glissent prudemment, encerclent, guettent. L'ennemi ne tiendra pas longtemps.
(Silence)
Commentateur
La kommandatur de l'Opéra est attaquée à son tour.
(Silence)
Commentateur
La lutte est chaude à travers les places et les avenues où les chars peuvent manoeuvrer.
(Silence)
Commentateur
L'ennemi riposte, réussit un coup.
(Silence)
Commentateur
Il faut l'attaquer de partout.
(Silence)
Commentateur
Là encore il cèdera, comme il cèdera ailleurs : à l'Hôtel Meurice, au Sénat, à l'Ecole Militaire.
(Silence)
Commentateur
A l'Hôtel Majestic, les Allemands se cramponnent farouchement. Acharnement symbolique : le Majestic est le repaire de leur propagande, de leur censure, l'arsenal de toutes leurs armes empoisonnées.
(Silence)
Commentateur
Les hommes avancent, patrouillent, tirent, cernent leur gibier, esquivent ses ripostes.
(Silence)
Commentateur
Des chars montent vers l'Etoile.
(Silence)
Commentateur
C'est une chasse adroite, prudente, où toutes les armes donnent de la voix : celles qui grondent, et celles qui claquent.
(Silence)
Commentateur
Un homme vert est sorti du Majestic ; un parlementaire : les pourparlers tournent court, puisqu'il ne s'agit que de soumission.
(Silence)
Commentateur
Et le drapeau blanc improvisé rentre dans le blockhaus dont la grille n'est plus celle d'une forteresse mais désormais celle d'une prison.
(Silence)
Commentateur
Et les hommes du Majestic sortent de cette officine d'où ils lançaient sur la France les mots d'ordre d'Hitler ; celui-ci, entre autres : «Nous ne capitulerons jamais».
(Silence)
Commentateur
Ils ont capitulé ;
(Silence)
Commentateur
et bien d'autres avec eux. Dans tous les quartiers de Paris, les Allemands ont été pris ; hier par les FFI, aujourd'hui par les hommes du général Leclerc.
(Silence)
Commentateur
Et l'on voit les captifs sortir de tous ces bâtiments où ils s'étaient cru chez eux.
(Silence)
Commentateur
Des longues colonnes coulent à travers les rues.
(Silence)
Commentateur
Nous avons connu trop d'images semblables à celles-ci ; la France pense aujourd'hui à trop de ses fils enfermés pour ne pas dire sans haine, mais sans faiblesse : «Chacun son tour».
(Silence)
Commentateur
Ces hommes désarmés seront ce soir les seuls Allemands qui occuperont encore Paris.

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