Première réunion de l'Assemblée constituante en 1945

16 novembre 1945
01m 50s
Réf. 00008

Notice

Résumé :

A l'issue du référendum, où les Français se sont massivement prononcés pour un changement des institutions, et des élections législatives, se réunit l'Assemblée constituante, dont la mission, limitée à 7 mois, est d'élaborer un projet constitutionnel.

Date de diffusion :
16 novembre 1945
Date d'événement :
13 novembre 1945

Contexte historique

Les élections législatives du 21 octobre 1945, les premières depuis celles de 1936, ont profondément bouleversé l'équilibre des forces politiques en France. Dans la nouvelle Assemblée, le fait marquant est la percée du parti communiste qui, avec 160 sièges (contre 72 en 1936), devient le premier parti de France. Avec 302 députés sur 586, la gauche marxiste (PCF et SFIO) est maître du jeu à la Constituante.

Le deuxième enseignement du scrutin est l'effondrement du centre-gauche, en particulier du parti radical, clé de voûte de la IIIe République. Troisième constatation : l'ascension du MRP, qui prospère sur la déroute des modérés et le vide à droite. Les élections de 1945 apportent donc une simplification du paysage politique français, dominé par trois grands partis politiques ou tripartisme : le PCF, la SFIO et le MRP.

Eve Bonnivard

Éclairage média

La musique, entraînante, rythme le défilé des parlementaires se rendant au Palais Bourbon. Le ballet des voitures s'impose comme un passage obligé du genre. Les députés ne sont pas choisis au hasard, chacun représente une famille politique. Il s'agit de donner à voir la totalité du corps politique, de la gauche (Maurice Thorez) à la droite (Louis Marin) en passant par le centre-gauche (Edouard Herriot), tout en marquant la nouveauté du scrutin : la féminisation de la représentation politique (deux plans successifs de femmes députés).

Le commentaire rapporte l'événement sur un ton humoristique ; l'anecdote l'emporte sur l'analyse politique (la percée des communistes n'est pas évoquée). Surtout, il s'attache aux symboles plus qu'au fond : ainsi, il relève que de Gaulle est en veston, pour mieux illustrer le changement d'ère. Dépouillé des habits du chef de guerre à la tête d'une organisation clandestine, l'homme du 18 juin a revêtu ceux de l'homme d'Etat.

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
Une résurrection : celle du Palais Bourbon. Et une naissance : celle de la IVe République. Voici l'Assemblée constituante. M.Francisque Gay est un des chefs du M.R.P. qui compte de nombreuses femmes députées et dont M. Maurice Schumann est le porte-parole ; M.Tixier, S.F.I.O. ; dans la cour du palais, M. Edouard Herriot, président du Parti Radical ; M.Louis Marin ; et puis des femmes : des communistes et des socialistes. M.Maurice Thorez. Avant cette séance historique, M.Palewski, directeur de cabinet du Général de Gaulle s'était rendu chez M. Cuttoli, doyen d'âge des nouveaux élus et lui avait transmis la lettre par laquelle le président du gouvernement provisoire remettait ses pouvoirs entre les mains de l'Assemblée constituante.
(Silence)
Commentateur
Et maintenant dans la cour de la présidence, on voit arriver le général de Gaulle qui parait pour la première fois en veston.
(Silence)
Commentateur
Puis, dans l'hémicycle qui a retrouvé son animation d'autrefois, les représentants élus du peuple français applaudissent le nom de celui qui a dirigé pendant plus d'un an le Gouvernement provisoire de la République. Huit jours plus tard, l'Assemblée constituante, par un vote unanime, a confié à nouveau à M. Charles de Gaulle la charge de reprendre cette tâche, en accord avec les voeux de la représentation nationale, à laquelle il avait promis dès le premier jour de rendre la parole.

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