La démission du général de Gaulle, le 20 janvier 1946

25 janvier 1946
02m 09s
Réf. 00011

Notice

Résumé :

Après de courtes vacances à Antibes, de Gaulle décide de se retirer de la vie politique, exaspéré par l'attitude frondeuse des partis. En attendant de rejoindre sa maison de Colombey-les-Deux-Eglises, le Général gagne Marly où il s'enferme dans un silence de cinq mois.

Date de diffusion :
25 janvier 1946
Date d'événement :
20 janvier 1946

Contexte historique

Dès le lendemain des élections, le chef du gouvernement et les partis se disputent la conduite de la politique. De Gaulle n'est pas disposé à céder devant les exigences des partis qui ne le ménagent pas non plus. "Tout se relâche", dit-il. Un vif incident éclate lors du vote des crédits militaires que la SFIO, soutenue par les communistes, souhaite revoir à la baisse. Pour de Gaulle, c'en est trop. Jugeant que le "régime des partis" refait surface, il démissionne.

Son départ ne suscite pas d'émotion particulière dans l'opinion. Installé à Marly, il se pose en recours, certain de voir surgir bientôt des émissaires suppliants. Mais le consensus unitaire qui le portait s'est estompé avec la fin de la guerre. Il a fait rétablir le suffrage universel, mais les partis qui le recueillent peuvent se passer de son autorité. "Son seul bien, le plus précieux, mais qui n'a pas suffi à bâtir un gaullisme, est désormais une légitimité plébiscitée sur les Champs-Elysées le 26 août 1944", note Jean-Pierre Rioux [La France de la IVe République, Vol 1, Seuil,1980], en écho aux propos du Général : "Ma popularité était comme un capital qui solderait les déboires".

Eve Bonnivard

Éclairage média

Ce document donne à voir un traitement en deux temps : l'effervescence à Paris suite à l'annonce de la démission du chef du gouvernement, la retraite paisible du Général. Dans la première séquence, les gros plans sur les gros titres des journaux, la succession rapide des plans de foule et la musique rythmée contribuent à dramatiser un départ aux conséquences imprévisibles. Dans la seconde séquence, au contraire, la musique assagie et les plans larges sur la campagne (vue panoramique sur Colombey) suggèrent le silence de la retraite voulue par de Gaulle, loin du "prurit d'agitation" de la capitale.

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
De Gaulle s'en va. De Gaulle quitte la présidence du gouvernement. Voici deux semaines, il s'était donné à Antibes devant la mer les premiers jours de vacances qu'il ait pris depuis 1939.
(Silence)
Commentateur
Et puis, il avait repris derrière les murs de son ministère la lourde tâche que lui avait confié la France.
(Silence)
Commentateur
Et voici tout d'un coup que l'homme du 18 juin s'écartait.
(Silence)
Commentateur
Le reporter curieux voyait un soir entrer à la présidence M. Palewski. M. Palewski venait de porter à l'Assemblée la décision du président de Gaulle. Qui recueillerait l'héritage ? Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste ? Vincent Auriol, chef des parlementaires socialistes ? Félix Gouin, président de la Constituante ? Félix Gouin, qui à l'Assemblée réunie spécialement, lisait les termes de la lettre du chef du gouvernement.
(Silence)
Commentateur
Pendant qu'à l'extérieur des groupes nombreux donnaient à cette réunion son caractère inhabituel.
(Silence)
Commentateur
A Neuilly, aux abords de la villa du général de Gaulle, une autre animation régnait : la police protégeait la tranquillité de celui qui, après 6 ans de combats et de luttes décidait d'abandonner le pouvoir.
(Silence)
Commentateur
Une voiture l'emmenait, solitaire et pressé, vers Marly-le-Roy, où dans un pavillon le général de Gaulle se retirait momentanément. C'était fini. De Gaulle ira-t-il demain dans ce petit village de Colombey habiter une maison qu'on répare, qui est la sienne ? Cette maison qu'il n'a jamais encore habitée mais dont il disait à Londres : «ma maison de France».

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