L'élection du premier président de la IVe République

23 janvier 1947
01m 53s
Réf. 00015

Notice

Résumé :

Selon la nouvelle Constitution, le président de la République est élu par l'ensemble des députés et conseillers de la République. En janvier 1947, c'est Vincent Auriol qui est porté au pouvoir par le vote commun des communistes et des socialistes.

Date de diffusion :
23 janvier 1947
Date d'événement :
16 janvier 1947

Contexte historique

L'entrée en fonction de Vincent Auriol sacrifie au rituel très solennisé de l'intronisation présidentielle (accueil du nouvel élu par Duclos au nom de l'Assemblée - nul prédécesseur ici pour lui transmettre le relais -, proclamation solennelle des résultats, passage en revue de la garde républicaine), qui se déroule dans des lieux qui symbolisent à la fois les gloires du passé national et le centre de l'Etat : Versailles et l'Elysée.

D'emblée, Vincent Auriol refuse d'être un "président-soliveau" dans la tradition de la IIIe République. Mais le premier président de la IVe République n'entend pas pour autant être un "président personnel" ; il conçoit son rôle comme celui d'une "magistrature morale", qui dispose d'un pouvoir de conseil, d'avertissement, de conciliation.

En 1947 plane toujours l'ombre du général de Gaulle, qui a conforté les constituants dans la conviction que la tradition parlementaire s'identifie à la souveraineté parlementaire. Il faut attendre la Ve République pour que l'on "donne une tête à l'Etat", selon la formule de Charles de Gaulle.

Eve Bonnivard

Éclairage média

L'intronisation du président de la République est traitée avec la solennité qui caractérise ce type d'événement politique : musique militaire, ton cérémonieux, plans léchés. La voix off glisse cependant un commentaire sur la météo (présence du soleil) : trivialité pour désacraliser l'événement ou clin d'œil au roi soleil (la cérémonie se déroule à Versailles) ? Une manière rituelle de filmer l'entrée en fonction du président se met en place avec les images, bientôt classiques, de la voiture présidentielle escortée de motards, l'entrée dans la cour de l'Elysée, le salut de la garde républicaine…

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
Une fois encore, Versailles s'est ranimée. La République, la IVe comme la IIIe donne volontiers à ses grands actes le décor solennel des anciennes monarchies. Le Parlement, Assemblée nationale et Conseil de la République réunis, nommaient le premier président de la IVe République Française. Fastes austères qu'illuminait en signe de joyeux avènement le premier soleil de l'année. Dès le premier tour M. Vincent Auriol président de l'Assemblée nationale était élu à la majorité absolue ; et M. Jacques Duclos, au nom du Parlement, l'investissait de ses nouvelles fonctions.
Jacques Duclos
Le Parlement vient de vous investir de la haute fonction de président de la République. J'ai l'honneur de vous remettre le procès-verbal de la séance du Parlement au cours de laquelle vous avez été élu.
Commentateur
Avec émotion, le nouveau président recevait alors les compliments du chef du gouvernement et ceux de ses petits-enfants.
(Silence)
Commentateur
Puis, conformément à la tradition il quittait Versailles pour gagner l'Elysée.
(Silence)
Commentateur
Devant l'Elysée la foule parisienne attendait ; c'est au milieu des acclamations que le nouvel élu à la suprême magistrature du pays pénétrait dans cette cour vide depuis bientôt 7 ans. Sept ans, juste la durée d'une présidence.
(Silence)
Commentateur
Minute historique : dans cette minute un cycle se ferme ; la IVe République est née, affirmée par l'établissement des ses Corps constitués, par la présence à sa tête d'un premier citoyen gardien de la Constitution, elle peut maintenant s'avancer d'un pas assuré sur la route de l'avenir.

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