La grève des usines Renault

15 mai 1947
01m 01s
Réf. 00016

Notice

Résumé :

Pour protester contre le blocage des salaires, les ouvriers des usines Renault à Boulogne-Billancourt déclenchent le 25 avril 1947 une grève qui s'étendra jusqu'au 16 mai.

Date de diffusion :
15 mai 1947
Date d'événement :
25 avril 1947

Contexte historique

La France de l'immédiat après-guerre connaît une inflation chronique, nourrie par la pénurie et le gonflement des disponibilités monétaires, qui ont quintuplé pendant la guerre. En deux ans (1946-1947), les prix des produits alimentaires ont presque doublé. Les salaires ne suivant pas les hausses de prix, les grèves se multiplient. Chez Renault, à l'initiative d'un groupe trotskiste, une grève est déclenchée le 25 avril, malgré l'opposition virulente des militants communistes.

Quatre jours plus tard, devant l'ampleur du mouvement, la CGT s'y rallie, cependant que le PCF et ses ministres, pour ne pas être en porte-à-faux, exigent du gouvernement des hausses de salaires. Devant le refus de Ramadier, Thorez et ses amis haussent le ton et refusent de voter la confiance : le 5 mai 1947, le président du Conseil renvoie les ministres communistes.

Eve Bonnivard

Éclairage média

Le mode de traitement de ce conflit social, où dominent des images paisibles de la grève, donnant l'impression de vacances prolongées, vise à minorer l'importance du conflit. De plus, c'est un traitement factuel qui fait peu de place à l'analyse des causes profondes de la grève : il n'est dit mot, par exemple, de la cherté de la vie, qui pousse les ouvriers à demander des augmentations de salaire. En revanche, les implications politiques de la grève, à savoir le remaniement ministériel consécutif au limogeage des ministres communistes, sont évoquées.

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
Effervescence dans le monde du travail : les usines Renault qui emploient quelques 30.000 ouvriers se sont mises en grève.
(Silence)
Commentateur
Commencée dans quelques ateliers, la grève s'étendait peu à peu à l'usine entière. La C.G.T. décidait alors d'appuyer le mouvement, et la grève des usines Renault, devenue la question du jour, mettait en cause l'existence même du gouvernement. Les ministres communistes se désolidarisaient de leurs collègues ; et M. Ramadier, après s'être fait confirmer la confiance de l'Assemblée, transformait son équipe. Aux côtés de M. Daniel Meyer qui devenait ministre du Travail et de M. Letourneau, messieurs Robert Prigent, Paul Béchard, ainsi que M. Eugène Thomas entraient dans le gouvernement. Le ministère était sauf.

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