Les grèves de l'automne 1947

11 décembre 1947
18s
Réf. 00017

Notice

Résumé :

Sur fond de guerre froide, une série de grèves violentes provoquées par la hausse des prix éclate à l'automne 1947. Parties du secteur public, elles gagnent la métallurgie, les banques, les grands magasins et les transports.

Date de diffusion :
11 décembre 1947
Date d'événement :
01 décembre 1947

Contexte historique

L'automne 1947 connaît des grèves violentes. Suscitées par l'inflation, qui rend la vie chère, elles sont encouragées par un parti communiste qui, s'étant vu taxé de "crétinisme parlementaire" par Jdanov lors d'une réunion secrète en Pologne en septembre, s'empresse de reprendre le flambeau de la lutte contre la bourgeoisie. Partout, syndicalistes et communistes mêlent des objectifs politiques aux revendications économiques. Ainsi, L'Humanité du 19 novembre appelle les "métallos" parisiens à participer à "la bataille des 25% [d'augmentation] contre la politique de famine du parti américain" [cité par Stéphane Courtois et Marc Lazar, Histoire du Parti communiste français, PUF, 1995].

On occupe les usines, les dépôts, les carreaux de mines, les gares. Le sang coule (3 morts à Valence le 7 décembre), un climat de guerre civile s'installe, en écho à la guerre froide naissante qui contribue à dramatiser la situation. Le gouvernement qui ne fait rien pour calmer le jeu, épure la police des communistes, nomme l'énergique Jules Moch à l'Intérieur et annonce des lois d'exception.

Eve Bonnivard

Éclairage média

La clameur des manifestants ainsi que les larges plans de foule inorganisée (pas de cortège) suggèrent l'atmosphère explosive qui règne dans le pays. L'alternance des plans de grévistes et de forces de l'ordre laisse entendre que le face à face risque de tourner à l'affrontement.

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
Sporadique, fluide, l'agitation continuait dans les coins les plus divers du territoire, contrée par les forces de sécurité. Dans la banlieue parisienne, comme dans certaines villes de France, des rencontres se produisaient, légères ici, plus graves ailleurs. Heures troubles.

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