Quelques aspects de la grève

01 décembre 1949
50s
Réf. 00019

Notice

Résumé :

Une grève générale interprofessionnelle de 24 heures est lancée à l'appel de la CGT-FO, à laquelle se joint la CGT.

Date de diffusion :
01 décembre 1949
Date d'événement :
25 novembre 1949

Contexte historique

Les grèves de l'automne 1947 avaient souligné les oppositions existant à l'intérieur de la CGT. Les militants FO apportèrent leur soutien au plan Marshall que dénonçaient les communistes, et condamnèrent la nature insurrectionnelle des grèves décidées par la majorité confédérale, appelant même à la reprise du travail.

En avril 1948, à son congrès constitutif, la nouvelle organisation prit le nom de CGT-FO et Léon Jouhaux devint son président. Lancée par FO, la grève du 25 novembre 1949 a pour objectif l'ouverture de discussions sur les conventions collectives, permettant de réviser les salaires à la hausse dans le cadre d'accords interprofessionnels librement négociés. Le 11 février 1950, le gouvernement finit par accepter de rendre la liberté aux salaires, ne se réservant plus que la fixation d'un salaire minimum interprofessionnel garanti.

Pour le secrétaire général de l'organisation, Roger Bothereau, l'enjeu des conventions collectives est de "reprendre aux catégories sociales privilégiées, sous forme de salaires, l'excédent de pouvoir d'achat qu'elles n'ont pas voulu céder par une baisse des prix". La bataille des salaires est engagée.

Eve Bonnivard

Éclairage média

D'emblée, la voix off insiste sur le caractère "calme" de cette grève, sans doute pour rassurer les spectateurs qui ont à l'esprit le souvenir des violences de l'automne 1947. Les plans de "métallos" - pourtant réputés d'être des "durs" - écoutant placidement, cigarette aux lèvres, l'orateur qui s'exprime au meeting, conforte cette impression. Le traitement est factuel, se bornant au constat (circulation quasi nulle par suite de grève) sans jamais évoquer les causes de la grève, la revendication qui la motive.

Bien plus, tout semble mis en œuvre pour minorer la grève. Par exemple, la voix off insiste sur le fait que cette grève interprofessionnelle n'a été suivie que partiellement (les PTT fonctionnent : autobus des PTT sortant de la poste centrale, facteur lourdement chargé en tournée). Enfin, par le hors-sujet final (omnibus avec l'impériale garni de "catherinettes"), les Actualités Françaises mettent sur le même plan deux événements sans rapport, rabaissant le premier au rang anecdotique du second.

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
Prévue depuis quelques semaines, la grève générale s'est déroulée dans le calme. Un peu partout, dans la région parisienne, les usines ont fermé leurs portes et les métallos ont débrayé.
(Silence)
Commentateur
Paris a pris l'allure d'une ville de province et l'absence de transports a conféré aux rues un caractère insolite qu'accentuait le silence désertique des gares. Certains services publics ont toutefois fonctionné. Et nombre de métiers et d'entreprises n'ont pas suivi les mots d'ordre des organisations syndicales. Au général, grève calme marquée seulement d'un peu de couleurs par la présence des catherinettes qui tenaient malgré tout à fêter leur patronne.

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