Les accords de Genève

22 juillet 1954
01m 40s
Réf. 00030

Notice

Résumé :

Présentation du cadre de la Conférence de Genève (le Palais des Nations), coprésidée par MM. Eden et Molotov, au terme de laquelle est signé l'accord de cessez-le-feu mettant fin à la guerre d'Indochine. Pierre Mendès France, président du Conseil, prononce une déclaration à l'issue de la conférence.

Date de diffusion :
22 juillet 1954
Date d'événement :
20 juillet 1954
Lieux :

Contexte historique

En 1953, après six ans de guerre, il apparaît que, tôt ou tard, l'armée française sera évincée d'Indochine, ce que confirme la chute de la garnison de Diên Biên Phû (7 mai 1954). Investi à la présidence du Conseil le 18 juin 1954, Pierre Mendès France, opposé à la "sale guerre", entend lui donner une rapide issue politique. Il fait en sorte que les laborieuses négociations de paix entamées à Genève en avril s'accélèrent et aboutissent.

De négociations plénières en entretiens secrets avec Américains, Anglais, Chinois et Soviétiques, il permet que la priorité soit donnée à l'obtention du cessez-le-feu et non à la question de l'avenir politique d'une Indochine qui est cependant partagée en deux (Sud-Vietnam / Nord-Vietnam) sur la ligne du 17e parallèle (comme en Corée et selon l'usuelle frontière de la Guerre Froide).

La signature des Accords de Genève, dans la nuit du 20 au 21 juillet 1954, scelle l'armistice et l'indépendance du Vietnam, du Laos et du Cambodge. C'est une incontestable victoire politique pour Mendès France, même si une partie de l'opinion le surnomme dès lors le "bradeur de Genève"...

Philippe Tétart

Éclairage média

La construction de cette séquence d'information donne à voir un traitement en trois temps de l'événement. Après une présentation rythmée des acteurs et des lieux de la Conférence (exposition soutenue par un traitement musical très prégnant), le déroulement de la conférence est représentée par un zoom sur l'accord de paix puis un tour de table des négociateurs. À l'issue de ces deux séquences, construites sur un montage rapide d'images, s'établit une rupture de rythme et de traitement : Pierre Mendès France apparaît alors en deux plans fixes et sobres qui soulignent le caractère solennel et recueilli de sa déclaration officielle. Sa lecture, parfois laborieuse, et son attitude, quelque peu empruntée, soulignent la difficulté, pour les hommes politiques, d'apprivoiser un exercice de communication nouveau dans lequel il s'agit de parler à l'oeil de la caméra. Le président du Conseil, pourtant habitué à l'exercice de ses fameuses "Causeries" radiophoniques, montre que le passage d'un média à l'autre n'est pas aisé.

Philippe Tétart

Transcription

Commentateur
«Ce sera pour aujourd'hui ou ce ne sera jamais» déclarait M. Mendès France le 20 juillet, après un dernier entretien avec M. Molotov. Cette fermeté devait avoir raison des derniers obstacles. Avec l'aide totale et sans réserve de M. Eden, le chef du gouvernement français pouvait tenir sa promesse. Au jour de l'échéance, le cessez-le-feu en Indochine allait être proclamé.
(Silence)
Commentateur
Au Palais des Nations, au cours d'une très sobre cérémonie, le général Delteil signait au nom de la France les documents mettant fin aux hostilités au Vietnam et au Laos, et au nom du Viêt-minh, M. Ta Quang Buu les paraphait à son tour. Cet accord, qui clôt sur un acte positif la conférence de Genève est un éclatant succès personnel pour M. Mendès France dont la ténacité a fait une profonde impression sur l'opinion mondiale. Certes, l'accord contraint la France à des sacrifices douloureux, mais pouvaient-ils l'être davantage que la perte des 92.000 combattants de l'Union française tombés dans cette guerre sans espoir ?
(Silence)
Pierre Mendès-France
La raison et la paix l'ont emporté. Songeons ensemble à ceux qui, hélas, ne reviendront pas, à ceux qui sont restés meurtris dans leur chair ou dans leur cœur. Que notre pensée se tourne aussi vers ceux qui ont un être aimé exposé sur le front ou prisonnier, et dont les angoisses vont cesser ; et vers les familles qui ont pu redouter pendant ces dernières semaines que leurs fils doivent partir à leur tour. Je n'ai pas besoin d'exprimer les sentiments que j'éprouve car ce sont les vôtres.

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