Occupation de Port Fouad et Port Saïd

14 novembre 1956
02m 44s
Réf. 00060

Notice

Résumé :

Des opérations militaires sont lancées par le corps expéditionnaire franco-anglais en Égypte, pour reprendre le contrôle du Canal de Suez.

Date de diffusion :
14 novembre 1956
Date d'événement :
30 octobre 1956

Contexte historique

En réplique au refus anglo-américain de s'associer à l'URSS et à la Banque Mondiale pour financer l'ambitieux projet du barrage égyptien d'Assouan, Gamal Abdel Nasser nationalise le 26 juillet 1956 la Compagnie du Canal de Suez, contrôlée par les Britanniques. Anthony Eden, premier ministre anglais annonce des représailles militaires. Israël puis Paris qui a l'espoir de couper les bases arrières égyptiennes du FLN en faisant chuter Nasser se rallient à ce principe. Le 29 octobre, Israël envahit le Sinaï. Le 30 octobre, Nasser rejette l'ultimatum demandant la rétrocession et le contrôle du Canal. Malgré les mises en garde américaines, soviétiques et onusiennes, la coalition franco-britannique basée à Chypre lance l'opération "Mousquetaire".

Après une semaine de bombardement, le 5 novembre, 60 000 hommes débarquent en Égypte. Ils doivent prendre le contrôle de Port Fouad, Port Saïd, puis Ismaïlia, pour rouvrir le Canal à la circulation (Nasser l'a bloqué en y faisant couler des navires). Les militaires progressent vite grâce à l'inorganisation de la résistance égyptienne. Mais le 6, lorsque les Etats-Unis et l'ONU font pression pour mettre un terme à l'opération et que l'URSS menace ouvertement Londres et Paris, les objectifs ne sont pas tous atteints. La Grande-Bretagne et la France se replient. Cet échec est le dernier épisode de la politique de la canonnière pratiquée par les Européens depuis la fin du XIXe siècle.

Philippe Tétart

Éclairage média

Ce sujet sur les opérations militaires sur Port Fouad et Port Saïd s'apparente à un récit de guerre souligné par un traitement sonore digne d'une fiction. Derrière l'information pointe le désir de mettre en scène, d'une manière assez triomphaliste, l'opération franco-britannique en Égypte. Ainsi ce sujet, diffusé huit jours après la fin de l'opération "Mousquetaire", prend peu de recul par rapport aux faits. D'une part, les objectifs militaires n'ont pas été tous atteints, du côté français en particulier, lorsque le 6, la coalition franco-britannique se retire sous la pression internationale. D'autre part, Nasser n'était pas ce "Hitler" arabe qu'Anthony Eden et Guy Mollet disaient vouloir abattre pour libérer l'Égypte. Un Nasser que les Actualités Françaises présentent pourtant comme "le dictateur égyptien", en lui opposant symboliquement la figure française, démocrate et civilisatrice d'un Ferdinand de Lesseps "encore debout" (ce dernier est le concepteur du Canal de Suez, inauguré en 1869, aux beaux jours de l'influence française au Proche et Moyen-Orient).

Philippe Tétart

Transcription

Commentateur
Mais, revenons en arrière à l'heure du débarquement franco-britannique. C'est aux premières lueurs du jour que les formations de parachutistes français furent larguées sur les points stratégiques de Port Saïd et Port Fouad à l'entrée méditerranéenne du canal. Pour ne pas causer de pertes dans la population civile, il n'y avait eu aucun bombardement préliminaire.
(Silence)
Commentateur
Vingt-quatre heures après, les escadres alliées arrivaient en vue de la côte, et les préparatifs du débarquement commençaient.
(Silence)
Commentateur
Méthodiquement, les barges de débarquement recevaient leur cargaison de troupe et de matériel et fonçaient vers le rivage.
(Silence)
Commentateur
Dans l'eau jusqu'à mi-corps, les premières unités françaises abordaient les plages de Port Fouad où brûlaient des dépôts de mazout et prenaient pied sur le sol égyptien pendant que de l'autre côté du canal, les Britanniques abordaient Port Saïd. Après une vive résistance, les Britanniques s'étaient emparés de l'aérodrome pendant que les Français tenaient deux ponts au sud de la ville et progressaient sans beaucoup de résistance.
(Silence)
Commentateur
Et déjà les premiers prisonniers manifestaient le succès de l'opération.
(Silence)
Commentateur
En mer les bâtiments de l'escadre attendaient le moment où ils pourraient accoster pour débarquer leur cargaison d'armes lourdes.
(Silence)
Commentateur
Si les Français tenaient Port Fouad, les Britanniques se heurtaient à Port Saïd à une résistance plus opiniâtre ; et ces images montreront l'âpreté d'un combat qui aurait pu être évité si Nasser n'avait usé de fausses allégations pour faire reprendre à ses troupes les hostilités interrompues sur leur demande. Quelques heures plus tard, Port Saïd tombait.
(Silence)
Commentateur
La riante cité d'hier n'est plus qu'une ville où la bataille a passé.
(Silence)
Commentateur
Et devant cette ville éventrée, intacte sur son socle, la statue de Ferdinand de Lesseps semble contempler son oeuvre mise en péril. Dans le canal, Nasser a fait couler vint-et-un navires qui en obstruent le passage ; le canal, sur lequel le dictateur égyptien avait tendu une main brutale, est aujourd'hui impraticable.

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