Le conflit en Indochine après la défaite française de Cao Bang

26 octobre 1950
01m 23s
Réf. 00064

Notice

Résumé :

En visite aux Etats-Unis, le ministre Jules Moch examine la situation de l'Indochine et le réarmement français face à la menace de la Chine communiste à la frontière du Vietnam.

Date de diffusion :
26 octobre 1950
Lieux :

Contexte historique

Avec le déclenchement de la guerre de Corée, le 25 juin 1950, la guerre en Indochine change de nature politique : la protection des colonies françaises cède désormais le pas à la lutte contre le communisme. Le conflit s'internationalise : la République populaire de Chine, proclamée le 1er octobre 1949, reconnaît la République populaire du Vietnam (suivie par l'URSS le 30 janvier 1950) et aide le Vietminh. Les Etats-Unis annoncent, le 8 mai 1950, la fourniture gratuite de matériel militaire à la France.

Sur le terrain, la France connaît de sérieux revers : elle essuie notamment une défaite lors de la bataille de Cao Bang (3 – 8 octobre 1950) face à l'armée de Ho Chi Minh soutenue par la Chine. Alors que les Français commencent à évacuer les postes situés à proximité de la frontière chinoise, une offensive vietminh sème la panique et les contraint à quitter en catastrophe la zone montagneuse du Tonkin, en laissant près de 7 000 morts et plusieurs tonnes de matériel militaire. C'est la première grande victoire du Vietminh et un tournant de la guerre.

Dans ce contexte, le 19 octobre, se tient un débat parlementaire à la Chambre des députés : le député radical Pierre Mendès France affirme que la France n'a pas les moyens de se payer cette guerre à un moment où l'Allemagne de l'Ouest a obtenu l'autorisation de se réarmer. Selon lui, la France ne peut augmenter ses effectifs militaires à la fois en Europe et en Indochine. Le gouvernement Pleven estime au contraire que l'assistance américaine et le recours aux Vietnamiens anti-communistes permettront de mener à bien les deux programmes de réarmement.

Bibliographie :

Cesari Laurent, L'Indochine en guerre, 1945 – 1993, Belin, Paris, 1995, 320 p.

Dalloz Jacques, La Guerre d'Indochine, 1945 – 1954, Point Seuil, Paris, 2001, 320 p.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Le reportage expose uniquement les positions gouvernementales françaises. Débutant par des cartes de géographie qui indiquent les zones de combat en Corée et en Indochine, le document souligne la parenté des deux conflits, qui relèvent désormais de la lutte contre le communisme. Les plans suivants enchaînent avec le voyage du ministre de la Défense nationale Jules Moch, à Washington. La menace communiste est de nouveau brandie par le recours à des cartes qui illustrent la proximité de la Chine populaire. Le montage fait alors suivre des vues aériennes tournées depuis des avions militaires français en opération près de Cao Bang : les plans sur les parachutistes français et sur les aviateurs, dans la carlingue de l'avion puis en train de sauter en parachute, alternent avec les vues aériennes de la région de Cao Bang. Le commentaire insiste sur les évacuations, les abandons de postes, mais ne mentionne ni les défaites militaires ni les pertes en hommes des dernières semaines lors des affrontements avec le Vietminh.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Commentateur
Cette liberté, pour laquelle les troupes des Nations Unies ont combattu victorieusement en Corée est à nouveau menacée : à Formose d'abord, puis en Indochine où la guerre s'est rallumée. Et à Washington, où le ministre de la Défense nationale, Monsieur Jules Moch, a rencontré le général Marshall, le problème de la défense de l'Indochine a été étudié en même temps que celui du réarmement de la France. Car l'Indochine doit être défendue, si l'on ne veut pas que les opérations de Corée se soient déroulées en vain. Là où opéraient les guérillas, la proximité de la Chine de Mao Tsé Toung suscite aujourd'hui la présence d'une véritable armée du Viet-minh. Avec un commando parachutiste nous survolons en ce moment cette zone frontière du Haut Tonkin où nos troupes se sont maintenues 5 ans. Nous assistons quelques jours avant l'évacuation aux derniers parachutages au dessus de Cao-Bang. Depuis, Cao-Bang et plusieurs autres postes ont été abandonnés. Jusqu'à la dernière minute, les commandos parachutistes ont survolé la route coloniale 4, théâtre de l'embuscade tendue à la garnison en retraite de Cao-Bang. Quelques heures avant l'évacuation de That-Khe, des vivres et du matériel étaient encore parachutés sur le fortin ;
Inconnu
et, en liaison avec les unités qui se repliaient en combattant pied à pied, les parachutistes se lançaient sur les arrières des formations du Viet-minh.

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