Signature du plan Schuman créant la CECA

26 avril 1951
45s
Réf. 00065

Notice

Résumé :

A Paris, les ministres français, allemand, belge et luxembourgeois signent le "plan Schuman" : la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) est née pour organiser le marché européen.

Date de diffusion :
26 avril 1951
Date d'événement :
18 avril 1951

Contexte historique

La France donne une impulsion décisive à l'idée de construction européenne grâce à son ministre des Affaires étrangères Robert Schuman qui, le 9 mai 1950, annonce son plan de création d'une Communauté européenne du charbon et de l'acier. La situation internationale est alors tendue : la Chine est devenue communiste en octobre 1949, et les difficultés ont redoublé en Corée. En Europe, les relations bilatérales franco-allemandes sont envenimées par la question de la Sarre. La CECA offre la possibilité de construire un projet franco-allemand par l'échange des richesses naturelles du fer français et du coke produit en Allemagne.

La proposition de Robert Schuman connaît un succès rapide en Allemagne, en Italie et dans les trois pays du Benelux. Dès le 18 avril 1951, les six pays européens et le représentant de la Sarre signent le Traité de Paris qui institue pour cinquante ans la CECA et organise les institutions européennes : une Haute Autorité est dotée de pouvoirs autonomes, un Conseil des ministres représente les Etats et une Cour de Justice doit juger les litiges.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Dans les salons du ministère des Affaires étrangères sont réunis les représentants des Etats signataires de la CECA : le document montre le rituel de la signature d'un traité diplomatique fondateur des relations pacifiques entre Etats souverains. Avec un souci didactique évident, une carte montre l'Europe des nations séparées par des frontières qui s'effacent sur une seconde carte grâce à la signature des textes préparés à l'initiative de Robert Schuman. Des plans serrés montrent tour à tour les représentants français, allemand, puis belge et luxembourgeois signer le traité. Bien que le ministre italien des Affaires étrangères, le comte Sforza, présent dans la salle, signe également le traité, il n'est pas cité, alors que son pays apparaît clairement sur les cartes comme un pays membre de la nouvelle communauté. Il en est de même pour le représentant des Pays-Bas. C'est donc bien déjà l'axe franco-allemand qui est mis en valeur par les images.

Le reportage s'achève par un plan où tous les signataires sont réunis et posent pour une photo finale. Ce document valorise les principes de la CECA, l'abolition des frontières nationales, l'unité économique de l'Europe, mais élude toute explication précise sur son fonctionnement, et les difficultés sont totalement passées sous silence.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Commentateur
Au Quai d'Orsay, après une semaine d'ultimes mises au point, Monsieur Robert Schuman a apposé sa signature au bas du plan qui porte son nom. Le chancelier Adenauer signait à son tour pour la République allemande. Puis le ministre belge des Affaires étrangères, Monsieur Van Zeeland, et Monsieur Bech, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg. Voici l'Europe telle qu'elle apparaissait encore hier : derrière les frontières nationales, les industries du charbon et de l'acier s'opposaient, les barrières douanières interdisaient une plus étroite coopération.
Inconnu
Aujourd'hui les frontières s'effacent : par la vertu du plan Schuman, la volonté de 6 peuples et de leur gouvernement fait de l'unité économique de l'Europe une incontestable réalité.

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