La bataille de Ninh Binh

14 juin 1951
01m 32s
Réf. 00066

Notice

Résumé :

Les pitons de Ninh Binh, défense importante de Hanoï, sont perdus pour les Français. Le fils du général de Lattre de Tassigny y perd la vie. Les troupes françaises combattent le Vietminh pour regagner ces positions.

Date de diffusion :
14 juin 1951
Date d'événement :
30 mai 1951

Contexte historique

La "bataille du Day", qui se déroule du 28 mai au 7 juin 1951, englobe les combats de Ninh Binh et constitue un épisode marquant de la guerre d'Indochine. Elle s'inscrit dans une série d'opérations militaires lancées au premier semestre 1951 afin de contrôler les environs de Hanoï. Le général vietnamien Giap engage des troupes nombreuses pour mener une guerre classique dans le delta du Fleuve Rouge tandis que le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef de l'Indochine, fait construire de nombreux blockhaus dans le delta, mobilise des troupes stationnées en Cochinchine, utilise l'aviation et pour la première fois, des bombes au napalm. Le 28 mai 1951, le général Giap lance l'offensive. Le site rocheux de Ninh Binh (aujourd'hui Cuc Phûong), qui surplombe le fleuve Day, constitue un verrou stratégique. Tenus par un escadron du 1er Chasseur, formé de troupes indochinoises commandées par le lieutenant Bernard de Lattre de Tassigny, fils unique du général, les pitons de Ninh Binh sont pris par les combattants du Vietminh, et Bernard de Lattre de Tassigny est tué au feu.

Le sujet du documentaire est centré sur les combats menés pour reprendre le site et barrer la route de Hanoï à Giap : la reconquête victorieuse de Ninh Binh est opérée par le sous-officier Roger Vandenberghe, appuyé par l'artillerie du Groupement mobile nord-africain (G. M. N. A.) du colonel Edon. Elle permet de stopper l'offensive de Giap, qui, après cette bataille du Day, change de tactique. Il abandonne les batailles classiques pour se tourner vers la guérilla. Côté français, la dépouille du lieutenant de Lattre est transportée à Hanoï, et la résidence du haut commissaire est transformée en chapelle ardente : le fils décédé du "roi Jean" devient un héros.

Bibliographie :

Cesari Laurent, L'Indochine en guerre, 1945 – 1993, Belin, Paris, 1995, 320 p.

Dalloz Jacques, La Guerre d'Indochine, 1945 – 1954, Point Seuil, Paris, 2001, 320 p.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Le document présente des images de la guerre d'Indochine pour raconter l'histoire d'un sacrifice, celui du lieutenant Bernard de Lattre de Tassigny : de nombreuses images tournées hors contexte du sujet (avions, chasseurs ou bombardiers, saut de parachutistes, arrestation de soldats vietminh, tirs d'artillerie) sont montées avec quelques plans pris à la fin de la bataille de Ninh Binh, lorsque les pitons ont été repris et le drapeau tricolore hissé sur la position. C'est la geste héroïque des soldats français qui est célébrée : le fils du général commandant les opérations s'est sacrifié pour maintenir les positions de la France en Indochine. Les noms de ses camarades tombés également au feu sont passés sous silence, tout comme la présence des troupes coloniales sur les lieux des combats : les Indochinois qui servaient sous les ordres du lieutenant de Lattre sont absents des images, tout comme les hommes du Groupement mobile nord-africain qui font tonner l'artillerie, mais sont remplacés sur les images utilisées par des soldats métropolitains.

Le reportage s'insère dans une opération de communication qui transforme en héros un soldat au patronyme connu et condamne au silence et à l'anonymat ses camarades. Mais l'héroïsme de tous permet à la France de maintenir sa présence en Indochine et d'affronter victorieusement l'adversaire.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Commentateur
Le sacrifice du lieutenant de Lattre de Tassigny et de ses compagnons a fixé l'attention sur les sanglants combats livrés autour du piton de Ninh-Binh, qu'un héroïque reporter a réussi à filmer. Deux bataillons de parachutistes ont été lâchés pour dégager la garnison du fortin.
(Silence)
Commentateur
Puis, tandis que l'artillerie pilonnait le poste, un groupe mobile franchissait le Day.
(Silence)
Commentateur
Réduisant un à un les nids de résistance viet, des éléments réussissaient à progresser en direction du fort.
(Silence)
Commentateur
Après plusieurs heures de combat acharné, les viets commençaient à se rendre, et à travers les ruines en flammes des ouvrages avancés, les avants gardes françaises reprenaient pied dans Ninh-Binh.
(Silence)
Commentateur
Le piton de Ninh-Binh.
(Silence)
Commentateur
C'est là, au milieu des décombres, que gisait le corps du lieutenant de Lattre de Tassigny.
(Silence)
Commentateur
Aujourd'hui le drapeau français flotte à nouveau sur Ninh-Binh reconquis.