Le deuxième tour des élections législatives de novembre 1958

03 décembre 1958
53s
Réf. 00072

Contexte historique

Un mois avant les élections, le Conseil des ministres décide de substituer au scrutin proportionnel le scrutin uninominal majoritaire à deux tours censé créer des majorités stables. La campagne électorale voit toutes les grandes formations politiques se réclamer du gaullisme, depuis la SFIO jusqu'à l' Union pour la Nouvelle République, créée à la veille des élections pour rassembler les gaullistes. En face, le parti communiste et les candidats de l'Union des forces démocratiques ont du mal à faire entendre leur voix.

Le paysage politique français sort transformé de ces élections. En premier lieu, on est frappé par l'importance de l'abstention (23%) qui révèle que les Français demeurent méfiants envers les partis politiques, alors qu'ils font une large confiance au général de Gaulle. Le deuxième fait marquant est la défaite du Parti communiste qui, avec 10 députés (contre 150 en 1956), apparaît comme le grand perdant de la nouvelle loi électorale. Les partis qui s'étaient identifiés à la IVe République (MRP, SFIO, radicaux) le paient cher, comme le montre l'hécatombe des sortants : sur les 475 élus de 1956 qui se représentent, 334 sont battus et parmi eux Pierre Mendès France, Edgar Faure, Gaston Defferre, François Mitterrand. En revanche, les grands vainqueurs sont les gaullistes (198) et les modérés (133).

Eve Bonnivard

Éclairage média

Le document s'ouvre sans surprise sur le ministère de l' Intérieur, en pleine animation pendant l'arrivée des résultats du second tour. On observe un déséquilibre dans le traitement des résultats des deux camps politiques. Ainsi, après avoir souligné la victoire des gaullistes ("Monsieur Soustelle, ministre de l'Information, pouvait constater le succès de l'UNR"), le commentateur insiste lourdement sur la défaite de l'opposition ( "Monsieur Guy Mollet avait conservé son siège, mais la SFIO en perdait une cinquantaine", "C'est ainsi que le maire de Marseille, Gaston Defferre, n'était pas réélu", "Autre perdant : Jacques Duclos à Montreuil et le Parti Communiste qui n'a que dix élus", "Monsieur Mitterrand faisait partie des 338 députés sortants non réélus").

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
A Paris, cependant, le ministère de l'Intérieur enregistrait au fur et à mesure qu'ils parvenaient, les résultats du 2ème tour en Métropole. Aux cotés de Monsieur Pelletier, Monsieur Soustelle, ministre de l'Information, pouvait constater le succès de l'UMR : 188 élus ; et parmi eux, à Bordeaux où il avait voté le matin même, le maire de la ville, Monsieur Chaban Delmas. A Arras, électeur mais aussi candidat, Monsieur Guy Mollet avait conservé son siège, mais la SFIO en perdait une cinquantaine. C'est ainsi que le maire de Marseille, Monsieur Deferre n'était pas réélu. Autre perdant : Jacques Duclos à Montreuil et le Parti Communiste qui n'a que 10 élus. A Montsauche enfin, dans la Nièvre, Monsieur Mitterrand faisait partie des 338 députés sortants non réélus.

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