Le succès du référendum sur l'autodétermination

11 janvier 1961
01m 01s
Réf. 00076

Notice

Résumé :

Les électeurs de métropole et d'Algérie sont invités à approuver par référendum le principe de l'autodétermination ainsi qu'un projet d'organisation provisoire des pouvoirs publics en Algérie.

Date de diffusion :
11 janvier 1961
Date d'événement :
08 janvier 1961

Contexte historique

Ce référendum donne l'occasion au chef de l'Etat de renouveler sa légitimité à la source où il la puise depuis 1958, celle du suffrage universel. De Gaulle demande aux Français de ratifier les orientations de sa politique algérienne, en particulier le principe de la "République algérienne" qu'il a évoquée dans son allocution radiotélévisée du 4 novembre 1960. Le Général reçoit le soutien de l'UNR, des socialistes et du MRP. Les indépendants se divisent.

En revanche, le "non" est recommandé par les communistes, les radicaux, l'extrême droite et les partisans de l'Algérie française derrière Jacques Soustelle. 75% des électeurs donnent au Général l'autorité dont il a besoin pour négocier face au FLN, à l'armée et aux activistes. Mais la proportion des "non" atteint 72% à Alger-Ville (contre 30% dans le reste du pays): il est clair que de Gaulle devra imposer sa solution à la population algérienne d'origine européenne. Les réactions des partisans de l'Algérie française ne se font pas attendre. En février 1961, l'Organisation Armée secrète (OAS) publie ses premiers tracts et commence une campagne d'attentats.

Eve Bonnivard

Éclairage média

Dans sa phrase d'attaque, le commentateur reconnaît bien une moindre participation par rapport au précédent référendum ("le corps électoral a fait son devoir, moins largement sans doute qu'au dernier référendum") mais en relativise aussitôt l'importance ("mais plus massivement que ne le prévoyaient les augures") : il s'agit à l'évidence de donner une version positive de la participation. Les têtes de file des grandes familles politiques ne sont pas choisies par hasard, ni présentées dans un ordre indifférent : Paul Reynaud et Guy Mollet, partisans du "oui", encadrent Jacques Duclos et Jacques Soustelle que tout oppose sinon leur commun rejet de la politique gaulliste, ce pour des raisons diamétralement opposées.

Le vote du général, traité à part, donne lieu à une note d'humour : "Détail : à Colombey, il y a un "non". Le commentaire des résultats minimise le "non". Il passe sous silence le "non" massif d'Alger-Ville, ne retenant que le résultat de l'Algérie entière. Le rejet par la population algérienne d'origine européenne de la politique du Général fait ainsi l'objet d'un "black-out". A la fin, le commentaire tourne quasiment à la propagande : "le "oui" franc et massif demandé par le général de Gaulle pour construire l'avenir".

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
En France, le corps électoral a fait son devoir, moins largement sans doute qu'au dernier référendum, mais plus massivement que ne le prévoyaient les augures. Et derrière le visages des leaders des «oui» et des «non» : Paul Reynaud, Jacques Duclos, Jacques Soustelle, Guy Mollet, les Français ont apporté leurs bulletins. Tout comme eux, à Colombey-les-Deux-Eglises, le président de la République est allé lui aussi glisser son bulletin dans l'urne avec les 185 autres électeurs de son village. Détail : à Colombey, il y a un «non».
(Silence)
Commentateur
Toute la nuit, le ministère de l'Intérieur a publié les résultats de la journée, dont la leçon devait être tirée pour les journalistes par le ministre de l'Information, Monsieur Terrenoire. En Métropole, plus de 75% des votants, en Algérie 68% des votants avaient dit «oui» : le «oui» franc et massif demandé par le général de Gaulle pour construire l'avenir.

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