La fin de la conférence d'Evian

21 mars 1962
01m 58s
Réf. 00083

Notice

Résumé :

Le 18 mars 1962, à Evian, les négociations entre les plénipotentiaires français et algériens du GPRA s'achèvent. Le soir, le général de Gaulle annonce la signature des accords mettant fin à la guerre d'Algérie.

Date de diffusion :
21 mars 1962
Date d'événement :
18 mars 1962

Contexte historique

Le 20 mai 1961, les négociations visant à rétablir la paix en Algérie s'ouvrent entre la France et les plénipotentiaires du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne). Les discussions sont longues, houleuses, par trois fois ajournées. Elles aboutissent à l'Hôtel du Parc d'Evian, le 18 mars 1962, après une accélération des pourparlers déterminée par l'aggravation du conflit et la vague du terrorisme OAS de janvier-février. En France, la tension aboutit en effet "à faire régner une atmosphère de guerre civile larvée [en France] dans laquelle le pouvoir risque (…) de perdre toute autorité et toute crédibilité".

Lorsque débute le troisième round des négociations, le 7 mars, la France accepte donc de faire des concessions - abandon du Sahara en particulier - pour obtenir la paix. Le 18 mars, Louis Joxe et Krim Belkacem, qui dirigent respectivement les deux délégations, signent les accords dits d'Evian. Après plus de huit ans de guerre, ceux-ci mettent fin aux opérations militaires, à partir du 19 mars à midi. Le 3 juillet, alors que les Français se sont prononcés par référendum le 8 avril à plus de 90% en faveur de l'indépendance algérienne, le général de Gaulle proclame officiellement la naissance de l'Algérie souveraine.[Serge Berstein, La France de l'expansion. La République gaullienne, Le Seuil, 1989]

Philippe Tétart

Éclairage média

Le 18 mars, au nom du GPRA, Ben Khedda annonce le cessez-le-feu sur les ondes de Tunis, Rabat, Tanger, Tripoli et Le Caire. À vingt heures, en France, depuis l'Élysée, le général de Gaulle fait état de la conclusion des accords d'Evian. Un extrait de cette allocution clôt ce sujet. Cet extrait est monté à la suite de séquences illustrant l'agitation du dernier jour de négociation à Evian (journalistes, commentaire sur leur impatience) et l'aboutissement des discussions (plan d'ensemble sur la pièce de négociation vide, calme, emblématique de la paix retrouvée).

Le Général montre ici son sens de la communication politique et les progrès qu'il a fait, face à la caméra, par rapport à son retour au pouvoir en 1958. Il prend soin de paraître spontané. Il ne lit pas son texte. On le lui a reproché en 1958-1959. Il le dit. En outre, selon ses propres termes, il évite les "gestes excessifs". Enfin, il fixe la caméra, c'est-à-dire les Français. Jouant ainsi de la solennité qui sied à ce moment historique et d'un naturel étudié pour bien passer à l'écran, il cherche à renforcer l'impact de son message centré sur l'avenir des relations et des destins croisés de la France et de l'Algérie.

Bibliographie :

Jérôme Bourdon, Histoire de la télévision sous de Gaulle, INA-Anthropos, 1990.

Jérôme Bourdon, Haute fidélité. Pouvoir et télévision, 1935-1994, Le Seuil, 1994.

Jeanneney Jean-Noël (dir.), L'Echo du Siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en Franc e, Hachette-Arte-La Cinquième, 1999, p.379.

Philippe Tétart

Transcription

Commentateur
A Evian, sous les fenêtres de l'hôtel du Parc, la tempête du lac s'est apaisée : symbole peut-être. Et tour à tour Belkacem Krim et la délégation FLN, Louis Joxe et la délégation française se sont encore une fois retrouvés, mais cette fois pour conclure. Des heures qui passent trop lentement au gré des journalistes qui assiègent la porte ; et soudain, après 12 jours de discussions serrées, la salle des délibérations se retrouve silencieuse et vide. Pendant que les hélicoptères remportent au-dessus du lac la délégation algérienne, les ministres français quittent l'hôtel ; les sourires annoncent qu'une grande heure, attendue depuis plus de 7 ans, va sonner. Et le soir même à l'Elysée, le général de Gaulle pouvait annoncer aux foules françaises :
Charles (de) Gaulle
… la conclusion du cessez-le-feu en Algérie ; les dispositions adoptées pour que les populations y disposent de leur destin ; la perspective qui s'ouvre sur l'avènement d'une Algérie indépendante coopérant étroitement avec nous satisfont la raison de la France. Ce qui va être entrepris pour tirer d'une lutte déplorable les chances d'un avenir fécond est dû au peuple français, car c'est lui qui, par son bon sens, sa solidité, sa confiance constamment témoignée à qui porte la charge de conduire l'Etat et la Nation a permis que mûrisse puis aboutisse la solution.

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