Les élections législatives de 1962

28 novembre 1962
50s
Réf. 00086

Notice

Résumé :

Lors des élections législatives des 18 et 25 novembre 1962, les Français donnent une confortable majorité au général de Gaulle.

Date de diffusion :
28 novembre 1962
Date d'événement :
25 novembre 1962

Contexte historique

Quatre ans après son arrivée à l'Élysée, le général de Gaulle ne dispose plus de la quasi-unanimité qui avait marqué son accession au pouvoir. Ses appuis sont laminés par la fin de la guerre d'Algérie : le devoir de réserve ou de solidarité de 1958 n'a plus de raison d'être. Seule l'UNR lui est indéfectiblement fidèle. À l'automne, il est d'autant plus ébranlé que gronde l'opposition à son projet de réforme constitutionnelle (élection du président au suffrage universel). Il décide alors de tester sa légitimité en annonçant un référendum sur cette réforme (12 septembre). L'opposition parlementaire dépose-t-elle le gouvernement Pompidou ? Il le maintient et dissout l'Assemblée… Quitte ou double : en cas de défaite au référendum, il se retirera (allocution du 18 octobre). Le 28 octobre, le "oui" l'emporte, moins largement qu'en 1958 (61%), mais cela suffit à faire passer un cap à la Ve République ; ce que les législatives des 18 et 25 novembre confirment en simplifiant le paysage politique français.

Le 25 novembre, le verdict des urnes est en effet sans appel. L'UNR et l'UDT (gaullistes) progressent (233 députés). Associés aux Républicains-Indépendants de Giscard d'Estaing (36 députés) ils composent une majorité de droite favorable à de Gaulle. La gauche (PCF et SFIO) relève la tête avec une cinquantaine d'élus de plus qu'en 1958 (107). En revanche, le scrutin a desservi l'UDSR, le PR, le MRP, les Indépendants, qui réunissent seulement 94 députés contre plus de 200 en 1958 et perdent ainsi de leur influence sur le débat politique. Victorieux sur le terrain constitutionnel, fort d'une majorité parlementaire jamais vue depuis 1919 et débarrassé de la question algérienne, le Général a désormais "les mains libres pour conduire le pays dans les voies qu'il a choisies".[Serge Berstein, La France de l'Expansion. 1. La République gaullienne, 1958-1969, Le Seuil, 1989, p. 118].

Philippe Tétart

Éclairage média

Ouvert sur la trilogie qui accompagne ordinairement les reportages sur les législatives (vues de l'Assemblée nationale ; séquence sur l'entrée du Palais Bourbon, sur l'agitation des journalistes et l'arrivée des députés ; plan d'ensemble de l'hémicycle) ce sujet souligne que la France de la Ve République vient de passer un cap politique. "Le résultat des élections tel qu'il est apparu sur les tableaux de dépouillement du ministère de l'Intérieur a donné à l'hémicycle une physionomie toute différente de celle d'hier".

Articulé autour de zooms sur les patronymes de nouveaux élus (tel le gaulliste Maurice Herzog, président du Haut Commissariat à la Jeunesse et au Sport qui brigue son premier mandat), de figures montantes de la politique (tel Valéry Giscard d'Estaing) ou de vieux routiers passés au gaullisme (tel le MRP Maurice Schumann, élu depuis 1944, mais qui conquiert ici son siège en étant apparenté UNR), ce sujet insiste sur l'amorce d'une métamorphose de l'échiquier politique (bipolarisation), sur le renouvellement de ses cadres et la puissance de la victoire gaulliste. Le recours aux images du rétroprojecteur montrant le bloc de la majorité gaulliste à l'Assemblée permet lui aussi de conclure à un tournant qui laisse à de Gaulle le loisir de développer son grand dessein de "redressement national".

Philippe Tétart

Transcription

Commentateur
L'Assemblée nationale va de nouveau retrouver son animation : le résultat des élections, tel qu'il est apparu dans la nuit du dépouillement sur les tableaux du ministère de l'Intérieur, a donné à l'hémicycle une physionomie toute différente de celle d'hier. Le ministre de l'Intérieur, Monsieur Roger Frey, pouvait annoncer que l'UNR y disposerait, avec l'appoint des élus sous l'étiquette de la Vème République, de la majorité absolue ; situation qui ne s'était pas produite depuis 1919. Communistes et socialistes gagnent des sièges grâce aux désistements ; par contre les indépendants perdent les 2 tiers de leurs élus et le MRP le tiers. Une fois installée, cette nouvelle Assemblée doit soutenir l'action nationale de redressement poursuivie par le général de Gaulle.

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