Le voyage du général de Gaulle au Mexique

28 mars 1964
04m 25s
Réf. 00098

Notice

Résumé :

Après un accueil triomphal dans les rues de Mexico, le général de Gaulle prononce, devant une foule impressionnante, un court discours sur l'amitié franco-mexicaine.

Type de média :
Date de diffusion :
28 mars 1964
Date d'événement :
16 mars 1964
Source :

Contexte historique

Dans le cadre du redéploiement de la diplomatie française opéré à partir de 1962, le général de Gaulle part à la conquête de l'hémisphère Sud. Ses voyages officiels le mènent en Afrique, en Asie. Il se rend aussi en Amérique Latine, à deux reprises en 1964. Ces voyages sont mal acceptés par les Etats-Unis : la Maison Blanche y voit une intrusion anti-atlantiste.

Mais, pour le Général, ces voyages sont légitimes, nécessaires. Ils répondent au rang que la France tient dans le monde, rang qui lui impose de chercher à être influente à l'échelle internationale en se démarquant de la politique des blocs. Ils permettent également de développer des liens avec les pays en voie de développement. Ils sont enfin l'occasion d'affirmer, non sans quelque morgue, l'anti-hégémonisme américain de De Gaulle et de garantir l'autonomie de la politique française par rapport au camp atlantique.

Dans cette logique, en mars 1963 le Général reçoit officiellement à Paris le président mexicain Adolfo Lopez Mateos (première visite officielle en France d'un chef d'Etat mexicain). Un an plus tard, il se rend lui-même au Mexique. À cette occasion, il lance un vibrant appel à l'association des destins de la France et du Mexique. Un second voyage, du 20 septembre au 16 octobre 1964, au cours duquel il fera un tour du sous-continent (Mexique, Venezuela, Colombie, Equateur, Bolivie, Chili, Argentine, Paraguay, Uruguay et Brésil), lui donnera l'occasion de renforcer les liens établis au printemps précédent. [Jean Lacouture, De Gaulle. Le Souverain. 1959-1970, Paris: Le Seuil, 1990, pp. 428-447.]

Philippe Tétart

Éclairage média

En insistant sur le climat festif qui anime Mexico le 28 mars 1964, cette séquence rend bien compte de la liesse engendrée par l'arrivée du général de Gaulle. Sa traversée de la capitale mexicaine, pour rejoindre la place du Zocalo où l'attendent 300 000 personnes est une marche triomphale comme le président de la République française les aime. Adoucissant ses inquiétudes quant aux retombées diplomatiques de ce voyage (vis-à-vis des relations franco-américaines), cet accueil l'enchante et le rassure.

Amateur des bains de foules, il se fond volontiers dans la marée humaine qui s'offre à lui. Dans cette ambiance de jubilation collective, il lance un vibrant appel pour que les peuples français et mexicain, forts du "même idéal" démocratique, ayant suivi "le même chemin" et nourrissant les mêmes espoirs, unissent leurs destins. Avec une emphase toute gaullienne, il conclut : "Le peuple français propose au peuple mexicain de marcher main dans la main. Vive Mexico !". Ces mots, savamment choisis et qui plus est prononcés en espagnol, sont acclamés. Ils placent le voyage des plénipotentiaires français sous les meilleurs auspices même si, à la vérité, la France n'en tirera guère de profit, n'ayant pas de solution de rechange à proposer pour contrarier la tutelle américaine sur le sous-continent latino-américain.

Philippe Tétart

Transcription

Jacques Perrot
Ces musiciens au large sombrero, ce sont des mariachis, guitaristes et chanteurs populaires qui représentent le Mexique traditionnel à l'arrivée du général De Gaulle. Le Mexique d'aujourd'hui, c'est le président (Lopez Mateos?) qui l'incarne, ce matin du 16 mars, alors qu'il donne (l'abrassos?), c'est-à-dire l'accolade au général De Gaulle. Dans les rues de Mexico, sur le boulevard périphérique d'abord, sur l'avenue du 20 Novembre ensuite, qui rappelle la révolution de 1910, bref, sur les 8 kilomètres qui séparent l'aéroport de la place centrale de Mexico, appelée le Zocalo, ce n'est qu'une succession de guirlandes, de drapeaux, de ballonnets, de confetti bleu-blanc-rouge et aussi vert-blanc-rouge, les couleurs mexicaines. Ce n'est qu'une succession de témoignages d'enthousiasme et d'amitié de la part de 800.000 personnes groupées de part et d'autre d'une voie triomphale, une voie triomphale qui aboutit au coeur de la capitale.
(Silence)
Jacques Perrot
Du palais national, du balcon d'où le président mexicain, chaque année, le jour de la fête nationale évoque la lutte du pays pour son indépendance, un chef d'état étranger va parler pour la première fois. Le président Lopez Mateos le présente à la foule.
Adolfo Lopez Mateos
[Le président mexicain]
Charles (de) Gaulle
Gracias senõr presidente. Mexicanos, traigo a Mexico el saludo de Francia, Francia saluda Mexico con amistad. Francia saluda Mexico con confianza, el mundo en que vivimos esta en completa transformacion pero tambien esta amenazado de sufrir pruebas espantosas desde luego.
Jacques Perrot
La substance de cette allocution : «tous les états doivent résoudre le problème de la paix et être en progrès constant.
Charles (de) Gaulle
Los problemas que se presentan a todos los estados se llaman el progreso y la paz para resolverlos. Francia piensa que nada mas importancia que la cooperacion entre paises como los nuestros, que ayer escucharon el mismo ideal, que hoy siguen el mismo camino y que mañana seran llamados a un mismo porvenir.
Jacques Perrot
Pour cela, rien de plus important que la coopération de deux pays comme les nôtres, qui hier écoutèrent le même idéal, qui suivent aujourd'hui le même chemin et qui, demain, seront appelés à un même avenir».
Charles (de) Gaulle
El pueblo frances propone al pueblo mexicano marchemos la mano en la mano y Viva Mexico.