Les résultats de l'élection présidentielle de 1969

15 juin 1969
04m 25s
Réf. 00127

Notice

Résumé :

Soirée électorale consacrée aux résultats du second tour de l'élection présidentielle de 1969 et intervention du président élu Georges pompidou.

Type de média :
Date de diffusion :
15 juin 1969
Personnalité(s) :

Contexte historique

Au soir du second tour, Georges Pompidou obtient 58,21% des suffrages, Alain Poher 41,79%. Avant même que les résultats définitifs ne soient connus, Pompidou, dont la victoire est acquise, prononce un discours dans lequel il tire les enseignements du scrutin, remercie les Français qui l'ont honoré de leur confiance sans oublier les autres et, pour finir, lance un vibrant appel au patriotisme des Français. "Le scrutin d'aujourd'hui me paraît constituer une consolidation, et je dirais même une consécration de cette grande réforme que nous devons (…) au général de Gaulle (…) Cette journée du 15 juin (…) c'est la victoire de la Ve République".

Les élections de 1969 consolident en effet les institutions de la Ve République puisqu'elles offrent le pouvoir au candidat qui s'est fermement engagé à les appliquer selon la lecture de leur fondateur. "En désignant "un président qui gouverne" tandis que la majorité parlementaire est en situation hégémonique, le scrutin présidentiel de juin 1969 confirme "le fait majoritaire" (...)".

Autre enseignement : la tentative centriste échoue parce qu'elle ne représente pas une alternative de gouvernement crédible. Quant à la gauche non communiste, qui capitalise 8% des voix, elle a quasiment disparu. L'abstention a été forte, proche de 30%, et a surtout été le fait des électeurs de gauche. ["Election présidentielle de 1969", R. Vandenbussche, in Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle, J-F Sirinelli (dir.), PUF, 1995]

Eve Bonnivard

Éclairage média

Le scénario de la soirée électorale de 1969 est déjà très proche de celui que nous connaissons aujourd'hui. En studio, les présentateurs donnent les premières estimations, qu'ils corrigent au fur et à mesure de l'avancée du dépouillement, illustrant leurs propos de tableaux et de cartes. En direct de sa permanence, le candidat fait une déclaration devant la presse. Fait troublant, avant même que les résultats définitifs ne soient communiqués, Pompidou remercie les Français de l'avoir élu !

En conséquence, la soirée électorale perd de son intérêt, tout suspens étant levé, et le dispositif mis en place par la télévision en sort un peu discrédité. D'un point de vue de l'histoire des médias, on constate que le dispositif télévisuel mis au point pour la soirée électorale se complexifie, permettant au spectateur de se déplacer d'un lieu à un autre.

Cette ubiquité ou pluridimension de la télévision, devenue aujourd'hui la règle, succède au traitement linéaire de l'élection en vigueur dans les années 50 : à l'époque, les Actualités Françaises se contentaient de montrer, en différé, la salle du ministère de l'Intérieur où avait lieu la collecte des résultats. L'irruption du direct, les débuts de l'infographie comme support du discours, contribue à faire participer davantage le citoyen à la vie politique, qui se déroule sous ses yeux. Le direct signe la fin d'une certaine forme de "médiation" du journaliste, qui orientait l'information dans le sens voulu par le pouvoir.

Eve Bonnivard

Transcription

Michel Anfrol
Après le tableau de la ville de Paris, je vous invite à jeter à nouveau un coup d'oeil sur la carte de France, la carte des départements.
Journaliste
Michel Anfrol, je vous interromps, car on nous annonce à l'instant que M. Georges Pompidou…
(Silence)
Georges Pompidou
Voici moins de sept années que le peuple français décidait par référendum de choisir désormais le président de la République directement au suffrage universel. Le scrutin d'aujourd'hui me parait d'abord constituer une consolidation, et je dirais même, une consécration de cette grande réforme que nous devons, comme beaucoup d'autres, au général de Gaulle, et grâce à laquelle est conciliée la nécessaire autorité avec le libre exercice de la démocratie. En ce sens, cette journée du 15 juin est une victoire de la Vème république. Au moment où je parle, nous ne connaissons pas encore les résultats définitifs, mais d'ores et déjà, on peut affirmer qu'une large majorité de suffrages s'est portée sur mon nom. Je me dois donc de remercier toutes celles et tous ceux qui m'ont apporté si largement leur concours pendant la campagne, toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui m'ont donné leur voix et avec leur voix leur confiance. Cette confiance, elle m'honore et elle m'engage. Mais il va de soi qu'à partir du moment où je serai élu président de la République, j'exercerai mes fonctions dans l'intérêt et au nom de tous les Français et de toutes les Françaises, qu'ils aient aujourd'hui voté pour moi ou pour mon concurrent ou qu'ils se soient abstenus. Dois-je ajouter que cette journée, si elle est importante pour la France, est émouvante pour moi. Françaises et Français, je vous demande que tous ensemble nous unissions nos efforts pour que vive la République et que vive la France.
(Silence)
Michel Anfrol
Voilà, c'était M. Georges Pompidou dans ses bureaux parisiens. Nous avons un nouveau total national qui vient de nous parvenir, qui porte maintenant sur plus de 25 millions des électeurs inscrits, autant dire que nous approchons des résultats définitifs. Les abstentions, comme vous le voyez, se situent toujours aux alentours de 30% ; les suffrages exprimés : 65,5% ; M. Pompidou, comme tout à l'heure : 57,8 ; et M. Poher : 42,1. Voilà donc ce dernier résultat national.

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