Les résultats des élections législatives de mars 1986

17 mars 1986
01m 57s
Réf. 00153

Notice

Résumé :

Les résultats des élections législatives de mars 1986 sont connus : pour la première fois sous la Ve République, le président de la République ne dispose pas de la majorité parlementaire, c'est le début de la cohabitation.

Date de diffusion :
17 mars 1986

Contexte historique

Pour la première fois sous la Ve République, les élections législatives de 1986 sont organisées au scrutin proportionnel, promis dans les 110 propositions par François Mitterrand lors de la campagne électorale de 1981. A la veille des élections de 1986, l'instauration du scrutin proportionnel devait permettre non seulement de tenir une promesse mais en outre de réduire le nombre de députés de droite, de jouer sur les divisions de l'opposition et de faire entrer à l'Assemblée nationale les premiers députés d'extrême droite, candidats du Front national.

Les élections se déroulent en un seul tour, à la proportionnelle dans le cadre départemental. La réforme permet d'autre part de faire passer la représentation nationale de 491 à 577 députés. Pendant la campagne électorale, RPR et UDF font liste commune sous le slogan "Gouverner ensemble et seulement ensemble", ce qui exclut toute alliance politique avec le Front national. Le PS présente pour sa part des candidats communs avec le Mouvement des Radicaux de gauche, tandis que les autres partis se présentent seuls devant les électeurs. La campagne électorale est dominée par les thèmes de la cohabitation, la sécurité et l'immigration qui font pour la première fois leur entrée dans le débat politique national.

Tous les observateurs sont convaincus de la défaite à venir de la gauche, au pouvoir depuis 1981. Seule l'ampleur de la victoire de la droite est inconnue : si elle obtient la majorité absolue, elle pourra gouverner seule, si elle n'a qu'une majorité relative, elle devra composer avec le président de la République et trouver une majorité de coalition. Les résultats sont donc attendus avec impatience.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

De facture très classique, ce journal télévisé s'ouvre par un "chapeau", une intervention du présentateur, Noël Mamère, qui en quelques phrases, cerne les enjeux de la consultation. Il donne les résultats des élections et souligne immédiatement la nouveauté de la cohabitation, la victoire de la majorité UDF-RPR, le recul du Parti socialiste.

Le silence est en revanche fait sur les bons résultats du Front national qui obtient 32 sièges (les meilleurs résultats historiques de l'extrême droite à l'Assemblée nationale), et qui en voix passe devant le parti communiste dont le recul historique se poursuit. Une seconde séquence, réalisée en images de synthèse, avec un commentaire en voix off, permet de visualiser la composition de la nouvelle Assemblée nationale et la majorité absolue pour l'union RPR-UDF. L'échec des écologistes, avec moins de 2% des voix est signalé, tandis que la victoire du Front national est occultée : le danger que représente le parti extrémiste pour la démocratie n'est pas pris en compte par les observateurs qui ne voient là qu'un accident passager. Ils sont alors concentrés sur la nouveauté politique qui menace pour l'heure les institutions de la Ve République, la cohabitation entre un président de la République de gauche et une majorité parlementaire de droite.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Noël Mamère
Bonjour à tous. La France vient donc de prendre le virage de l'alternance. L'UDF et le RPR deviennent la nouvelle majorité, majorité absolue avec l'appoint de ce que l'on appelle les divers droites. La Ve République présente donc ce matin un visage que les Français ne lui avaient jamais connu. Le Président de la République n'a plus de majorité parlementaire pour gouverner. C'est une rupture avec les traditions institutionelles depuis 1958, qui voulaient que le chef de l'Etat choisisse un premier ministre parmi les siens, choisisse son premier ministre. Avec un parti socialiste fort et une opposition qui devient majoritaire de justesse, le Président de la République garde cependant une bonne marge de manoeuvre. Donc, pendant 50 minutes, avec nos spécialistes de politique, nos invités, nous allons analyser, décortiquer cette nouvelle situation qui modifie sensiblement le rapport des forces politiques dans le pays. Tout d'abord, le détail des résultats officiels, sachant qu'il manque les deux sièges de Wallis-et-Futuna et de Mayotte, ainsi que les deux sièges de Polynésie et de Saint-Pierre-et-Miquelon. Olivier Lerner.
Olivier Lerner
Pour obtenir la majorité absolue à l'Assemblée, il fallait totaliser 289 sièges. Avec un total à droite de 54,5 %, le RPR, l'UDF et les divers droites obtiennent cette fameuse majorité absolue en sièges. A gauche, avec l'extrème gauche, le pourcentage en voix s'établit à 44,1 %. Les Verts, avec seulement 1,2 %, resteront en dehors des débats. Majorité absolue donc pour le RPR, l'UDF et les divers droites avec 291 députés. Le parti socialiste et le Mouvement des radicaux de gauche se retrouveront dans l'hémicycle avec 215 députés ; le parti communiste disposera de 35 sièges, le Front national, 32 sièges.

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