L'antagonisme américano-soviétique en Europe à la fin de l'année 1948

30 décembre 1948
02m 28s
Réf. 00177

Notice

Résumé :

Un bilan de la situation politique internationale est esquissé à la fin de l'année 1948, en insistant sur la division de l'Europe en deux blocs et sur la reconstruction

Date de diffusion :
30 décembre 1948

Contexte historique

Les années 1948 et 1949 sont celles d'une très forte tension internationale, la guerre froide faite rage. Le changement d'année est propice à un bilan de la situation. En Europe, la division Est-Ouest est consommée, chaque bloc contrôle son territoire, et les états de l'Est organisent des régimes politiques satellites de Moscou.

Le coup de Prague en février 1948 se traduit par la chute du gouvernement non communiste et la nomination sous la contrainte par le président Bénès d'un communiste, Gottwald, à la tête du gouvernement de Tchécoslovaquie. Dès lors, la mise au pas du pays s'organise, et lors des élections organisées en mai, une seule liste de candidats est proposée aux électeurs.

A Berlin, depuis 1945, la ville est divisée en quatre zones (américaine, britannique, française et soviétique), mais au printemps 1948, la coupure de l'Europe en deux blocs se produit également à Berlin : le bloc occidental de la ville apparaît comme une île au cœur de la zone soviétique, ou vue du côté soviétique comme une enclave occidentale inacceptable. En mai 1948, Moscou décide d'organiser le blocus de la ville en interdisant toute communication terrestre : le président américain Truman a annoncé sa doctrine en politique étrangère, la force sera utilisée pour maintenir ouverts les couloirs aériens. Il réplique donc en organisant un pont aérien qui assure le ravitaillement de la ville pour éviter son intégration à la zone communiste.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Le documentaire s'ouvre par des images qui symbolisent la puissance technique et militaire des Etats-Unis : les premiers missiles portent des charges nucléaires (ils ne sont pas encore les symboles de la conquête spatiale), et les avions-bombardiers capables de défendre l'occident sont également des moyens de maintenir la paix en transportant des vivres vers Berlin encerclé. C'est à l'abri de ce parapluie que les Etats occidentaux profitent de l'aide Marshall qui permet de reconstruire l'Europe dévastée par la guerre. Cette Europe est d'ailleurs contrainte de s'organiser pour répartir l'aide américaine, voire pour se défendre contre la menace soviétique. Moscou est également montrée sous l'angle militaire, par un défilé sur la place rouge en présence de Staline qui n'est pas nommé, mais dont on peut supposer qu'il (est celui?) qui est immédiatement identifié par les spectateurs.

L'évocation de la situation de la Tchécoslovaquie est topique : sur des images d'une foule en larmes qui pleure le président Bénès, décédé de mort naturelle le 3 septembre 1948, objet d'obsèques nationales organisées par le régime, le commentaire insiste sur la disparition de la liberté dans ce pays devenu une République populaire. Or la mort de Bénès n'a rien à voir avec "le coup de Prague" fomenté par Gottwald, et les larmes de la foule se rapportent davantage à la mort du président qu'à la disparition de la liberté sous-entendue par le commentateur.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Commentateur
1er janvier : une nouvelle année s'ouvre sur des perspectives assombries encore par les problèmes posés depuis la fin de la guerre et qui n'ont pu trouver de solution. Et c'est d'abord le problème européen sur lequel se penche une Amérique industrialisée à outrance, qui cherche dans les possibilités de la science moderne les moyens d'augmenter sa défense et d'assurer sa force. Une Amérique qui, après avoir vu la victoire électorale de Monsieur Truman semble de plus en plus décidée à accroître les effets du plan Marshall d'aide à l'Europe. Rattachée économiquement à cette puissance américaine, une Europe occidentale, marquée encore des stigmates de la guerre où des grèves, des mouvements sociaux provoqués par les difficultés de la vie et les ferments de discordes éclatent périodiquement, une Europe occidentale cherche à s'harmoniser au cours de conférences et de rencontres entre ses dirigeants, en même temps qu'ils s'efforcent de parer une éventuelle menace par une plus grande cohésion sur le plan militaire. Problème européen vers lequel se penche elle aussi la Russie des soviets, forte de ses 180 millions d'habitants. Puissance considérable qui entraîne dans son orbe une série de petits états, telles la Tchécoslovaquie, qui, de terre de liberté chère à Edouard Bénés est devenue à la suite des événements politiques de 1948 la république populaire prônée par Monsieur Gottwald, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, unies elles aussi en des conciles et des conférences à cette Pologne qui relève à un rythme stupéfiant les ruines immenses de la guerre. Au centre de ces deux groupes d'Etats, Berlin résume au seuil de cette année l'un des problèmes les plus délicats de l'après guerre. Berlin, où une municipalité chasse l'autre, où une population divisée vit selon des règlements, des ordonnances, une monnaie même, variant d'un secteur à l'autre, Berlin coupé du monde occidentale par le blocus soviétique et qui entend éternellement rouler dans son ciel les lourds cargos du pont aérien, Berlin dont cette année devra dire si il peut encore devenir le point de rencontre confiante de deux civilisations.

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