Entrée des communistes à Shangaï et défense de Hong Kong

27 octobre 1949
01m 47s
Réf. 00181

Notice

Résumé :

L'année 1949 a vu les communistes l'emporter en Chine, mais cette victoire reste fragile, l'idéologie communiste devant encore s'implanter dans notamment dans les principales villes du pays.

Date de diffusion :
27 octobre 1949
Personnalité(s) :

Contexte historique

La victoire du communisme chinois en 1949 est l'aboutissement de décennies d'une guerre civile au cours de laquelle l'Armée rouge a fondé plusieurs gouvernements soviétiques et administré jusqu'à 80 millions d'habitants.

A la différence des démocraties populaires, où la victoire du communisme est le fait d'un rapport de force international, le communisme chinois est déjà solidement implanté dans le pays. Encore que de nombreuses aires échappent à son influence, en particulier les villes mais aussi des zones rurales. De fait, le ralliement anti-japonais, que ce soit par patriotisme chez de nombreux intellectuels ou par volonté d'autodéfense comme c'est le cas dans la paysannerie, a joué un rôle plus important dans l'avènement de la république de Mao Zedong que la volonté de révolution sociale.

"Les deux tiers de la Chine, conquis par une offensive militaire classique au cours de l'année 1949, n'ont guère eu l'expérience du mouvement communiste : celui-ci manque de cadres et suscite souvent la méfiance", résume Pierre Trolliet. Hong Kong fait exception à l'extension du communisme, Mao Zedong ayant décidé, à la grande surprise des Britanniques, de ne pas attaquer la colonie où se réfugient de nombreux industriels shanghaïens. [article "Chine", Encyclopaedia Universalis, Paris, 2002].

Eve Bonnivard

Éclairage média

Ce document rend compte de la résistance qui s'organise à Hong Kong en vue du siège attendu de la ville par les forces communistes. L'inexorable avancée des forces communistes chinoises qu'illustre le tracé de la carte de la Chine conquise par l'Armée rouge, représente une menace pour la colonie britannique. Le système de défense que mettent en place les Britanniques est présenté dans ses moindres détails comme pour illustrer le farouche esprit de résistance de la "citadelle" chinoise.

Le document, s'il dénote un certain parti pris à l'égard des futurs assiégés, n'est pas pour autant polémique : ainsi Mao est-il présenté comme un "chef de guerre exceptionnel mais également bon diplomate". Jugement qui s'avèrera avisé puisque le maître de la république communiste saura, le moment venu, retenir l'Armée rouge de prendre la ville.

Eve Bonnivard

Transcription

Commentateur
La guerre en Chine continue, marquée par l'irrésistible avance des forces communistes. Et les premières images de l'entrée des troupes de Mao Tsé-Tung à Shanghai évacuée par les nationalistes ont pu parvenir intactes jusqu'à Hong Kong. Shanghai : première étape d'une offensive qui devait se développer avec une rapidité extraordinaire et entraîner, dans les premiers jours d'octobre, la chute de Canton.
(Silence)
Commentateur
Canton, aux mains des rouges, cela représente une menace directe contre la vieille colonie anglaise de Hong Kong, base militaire de première importance et clé du commerce avec la Chine du sud. Hong Kong est devenue maintenant une citadelle où affluent les réfugiés venant de Canton et de l'Hinterland occupé par les communistes. Dernier avant poste européen en Chine, la Grande-Bretagne est décidée à le conserver coûte que coûte. A cet effet, au milieu d'une population qui a triplé en quelques semaines, les autorités britanniques se sont efforcées de regrouper les forces chinoises susceptibles d'être encore utilisées afin d'accroître le potentiel militaire du port menacé par la proximité des avant gardes communistes.
(Silence)
Commentateur
En plus de ces unités récupérées, des régiments venus d'Angleterre et qui portent à 40.000 hommes la garnison de Hong Kong complètent le système défensif qui doit assurer la sauvegarde de la ville. L'installation de points d'appui à l'intérieur du pays et des manoeuvres quotidiennes auxquelles participent d'importantes forces aériennes signifient à Mao Tsé-Tung d'avoir à laisser Hong Kong à l'écart de sa route.
Inconnu
Chef de guerre exceptionnel, mais également bon diplomate, le président de la nouvelle république chinoise devra tenir compte de cet avertissement.