L'escalade de la guerre au Vietnam

17 février 1965
02m 30s
Réf. 00189

Notice

Résumé :

L'escalade de la guerre au Vietman et son retentissement à l'étranger.

Date de diffusion :
17 février 1965
Date d'événement :
07 février 1965

Contexte historique

Au petit matin du 7 février 1965, les soldats viet cong tirent des obus de mortier contre les soldats américains installés dans le Camp Holloway : huit soldats sont tués et une centaine sont blessés, tandis que de nombreux hélicoptères sont détruits. Dans les deux jours qui suivent, le détachement de soldats viet cong est repéré, et des raids aériens sont déclenchés pour les anéantir : c'est un tournant majeur dans la politique américaine. Pour mener à bien une telle politique, le bombardement du nord depuis les porte-avions est insuffisant : le gouvernement envisage le déploiement désormais de bombardiers et de troupes américaines pour les protéger sur le territoire sud vietnamien.

Cette semaine de février 1965 constitue donc une inflexion de la politique menée par le président Johnson, réélu à la fin de l'année 1964, en ayant fait une campagne électorale pendant laquelle il a promis de ne pas accroître l'intervention américaine. Confronté au développement des attentats contre les soldats américains, Washington réplique par une répression militaire de plus en plus intense, ce qui déclenche des mouvements de protestation et des manifestations hostiles dans de nombreuses villes du monde. Le cycle attentat - répression permet aux communistes vietnamiens de s'assurer du soutien matériel de l'URSS et de la Chine.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Le reportage débute par l'action des nord-vietnamiens et insiste sur leur responsabilité dans la détérioration de la situation politique et militaire, en relatant l'attaque du 7 février, tout en passant sous silence la question de la présence américaine dans la péninsule. Le rôle des alliés sud-vietnamiens est également mis en valeur : les actions militaires des aviateurs du sud sont saluées, et la popularité auprès de la population mise en évidence.

Il s'agit de présenter l'intervention américaine dans la région comme légitime, reposant sur un soutien aux alliés sud-vietnamiens contre l'agression communiste du nord Vietnam. L'internationalisation de la crise fait l'objet de la seconde moitié du document : l'aide soviétique et chinoise, les manifestations à Pékin et Moscou contre les Etats-Unis. Les contestations à Washington et Londres sont mises sur le même plan : les opposants à la guerre sont des alliés des adversaires communistes, donc des traîtres qui ne soutiennent pas le sacrifice des soldats victimes d'attentats à répétition. Les victimes américaines ont des visages, leur souffrance est incarnée, tandis que les victimes du nord n'existent pas.

Il n'y a donc pas de parallélisme dans la présentation du conflit, malgré la chute du document qui insiste sur la nécessité du dialogue.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Commentateur
Tout a commencé à la suite de l'attaque au mortier par le Viêt-cong du camp américain d'Holloway : 24 hélicoptères détruits sur 25, 7 morts, 108 blessés. Dès le lendemain, 49 chasseurs bombardiers décollèrent du porte-avion Coral de la 7ème flotte. Objectif : (Dang Hoi?) au Nord Viêt-nam. De son côté, l'aviation sud vietnamienne se lance à l'attaque de 3 bases au Nord Viêt-nam. A Saigon, les jeunes filles ne cacheront pas leur admiration pour le général Nguyen Caoky et ses jeunes pilotes qui ont bravé la DCA du Nord. Mais un bataillon anti-aérien de missiles Hawk est arrivé à Da-Nang ; la situation est lourde. Monsieur Kossyguine, qui est à Hanoi pendant les événements, s'était arrêté à Pékin où il avait rencontré Chou En Lai. Tous deux ont promis leur aide au Nord Viêt-nam. A Moscou, 5.000 manifestants lapident l'ambassade américaine.
(Silence)
Commentateur
C'est bien autre chose à Pékin, où il n'y a pas d'ambassade américaine : ce sont plusieurs centaines de milliers de chinois qui manifestent contre les bombardements américains. Ici, le nombre est une tradition. Dans diverses autres capitales, aussi, des manifestations : à Londres, par exemple.
(Silence)
Commentateur
La Maison Blanche, elle-même, à Washington, aura son défilé. C'est dans cette atmosphère qu'éclate l'attentat de Qui Nhon : 33 soldats américains écrasés sous les décombres de leur caserne. Cette fois, le raid de représailles comptera 150 avions. Les familles de tout le personnel américain employé au Sud Vietnam ont repris le chemin des États-Unis sur l'ordre du président Johnson.
(Silence)
Commentateur
Avec les civils qu'on rapatrie, il y a aussi les blessés qui rentrent. Et le monde s'interroge : l'escalade va-t-elle continuer ou les conversations vont-elles s'amorcer ?
Inconnu
Pendant ce temps, il y a de plus en plus de morts au Viêt-nam.

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