La guerre des six jours

13 juin 1967
05m 44s
Réf. 00190

Notice

Résumé :

La guerre des six jours est une grande victoire militaire d'Israël sur tous ses voisins arabes

Date de diffusion :
13 juin 1967
Date d'événement :
05 juin 1967

Contexte historique

En 1967, la guerre entre Israël et ses voisins dure 6 jours, du 5 au 10 juin, ce qui lui donnera a posteriori son nom. Cette troisième guerre israélo-arabe (après celle de 1948 – 1949 et celle de 1956) se déclenche après une dégradation progressive de la situation régionale : le 18 mai, l'Egypte a demandé le retrait des observateurs des Nations Unies à la frontière israélo-égyptienne, le lendemain, elle ferme le golfe d'Aqaba aux navires se rendant en Israël, prélude à un blocus naval. Dans le domaine diplomatique, l'alliance entre l'Egypte et la Syrie est renforcée par l'adhésion de la Jordanie et de l'Irak le 4 juin.

Désormais, Israël est encerclé, et c'est pour rompre cet encerclement que son gouvernement prend l'initiative d'intervenir militairement contre ses voisins. La guerre est menée avec maestria. Elle permet de remporter une grande victoire militaire, en détruisant le potentiel militaire des Etats arabes, et de conquérir de nombreux territoires voisins : le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et le Golan, bientôt désignés sous le nom de "territoires occupés" ainsi que la vielle ville de Jérusalem.

Après la guerre, en novembre 1967, l'ONU adopte la résolution 242 qui prévoit le retrait israélien "de territoires occupés", formulation ambiguë qui ne signifie pas le retrait de tous les territoires occupés et donc des lectures différentes d'un même texte que chaque partie a fini par accepter car elle laisse une large marge d'interprétation légitime pour chaque camp.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Le nom donné au document et à la guerre marque bien les conditions d'urgence de son élaboration : les opérations militaires semblent terminées, mais il n'y a pas de certitudes. Les images utilisées ont été tournées par les opérateurs israéliens qui témoignent des opérations militaires : les destructions d'appareils militaires, les soldats tombés au combat. Les images se succèdent, liées par le commentaire qui explique les différentes phases de la guerre. Des images tournées en Algérie sont insérées pour montrer la solidarité arabe dont bénéficie l'Egypte de Nasser, dont le nom n'est pas prononcé.

Le choix des images, israéliennes pour l'essentiel, l'absence du point de vue arabe, ont fait dire aux observateurs arabes que la France avait été partiale dans son appréhension du conflit. Cette approche est réductrice et passe sous silence les prises de positions dures et les affirmations critiques du général de Gaulle.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Commentateur
5 juin à l'aube : les avions israéliens foncent sur les objectifs militaires d'Égypte, de Syrie et de Jordanie. Du même coup s'évanouit tout espoir d'un règlement pacifique de la tension qui règne depuis plusieurs semaines au Proche-Orient. «Agression caractérisée», disent les Arabes, «riposte préventive» rétorquent les Israéliens : «Nos radars ont décelé la présence d'une force aérienne ennemie en route pour Tel-Aviv». En 3 heures, l'aviation arabe sera anéantie. L'équilibre des forces étant brutalement rompue en sa faveur, l'armée israélienne entre en action dans le Sinaï. Une première colonne isole la bande côtière de Gaza, une autre prend la direction de l'ouest. Objectif lointain : El Qantara et le canal de Suez ; objectif immédiat : la ville et le camp d'El Arich. Dans le désert, les blindés égyptiens immobilisés définitivement sont nombreux. L'extrême mobilité des forces israéliennes et l'effet de surprise ont été décisifs.
(Silence)
Commentateur
El Arich est tombé. La route vers Suez est maintenant ouverte et rien ne peut désormais stopper la poussée des blindés du général Dayan.
(Silence)
Commentateur
Un colonel égyptien a été capturé ; il ne sera pas seul et déjà le nombre sans cesse croissant des prisonniers pose aux Israéliens de graves problèmes. Comme en 1956, le désert du Sinaï aura été fatal aux forces du maréchal Amer ; les rares appareils qui n'ont pas été cloués au sol ont été abattus.
(Silence)
Commentateur
Pendant ce temps, une autre colonne va réduire la bande de Gaza, ce territoire en doigt de gant entre Israël et la mer. C'est ici que vivent dans des conditions précaires des centaines de milliers de réfugiés palestiniens. Le terrain est incertain : plusieurs journalistes en ont fait ici la tragique expérience. La conquête de Gaza sera l'une des plus meurtrières de la campagne : il faudra réduire rue par rue cette ville de 100.000 habitants. Même quand le général Husni aura signé la reddition de ses troupes, il faudra encore lutter contre les tireurs isolés. Au sud du Sinaï, à l'entrée du golfe d'Aqaba dont la fermeture menaçait d'étouffement le port d'Elath, les parachutistes se sont emparés de Charm El-Cheikh qui commande l'entrée du golfe : la route de la mer Rouge est maintenant ouverte aux navires d'Israël. Dans le même temps, à l'est du pays, les troupes du général Rabin mènent une vigoureuse offensive en direction du Jourdain. Bientôt tout le territoire jordanien à l'ouest du fleuve et de la mer Morte sera entre leurs mains. De toutes les nations musulmanes, c'est l'Algérie qui manifestera le plus nettement sa solidarité avec les pays arabes engagés dans le conflit. Anglais, Américains et Israéliens sont associés dans le même ressentiment et le mobilier du centre culturel américain subira les effets de la colère des manifestants. Le président Boumediene envoyait dans les plus brefs délais des renforts au Caire, mais la fin des hostilités ne leur permettait pas d'être engagés. Dans le nord, c'est avec un temps de retard que les opérations se sont déclenchées. Acclamés par les populations des kibboutz frontaliers, les blindés opérant au nord et au sud du lac de Tibériade vont prendre en tenaille les fortifications syriennes après une violente préparation d'artillerie.
(Silence)
Commentateur
La jonction des deux colonnes à Kuneitra aurait pu marquer le début d'une seconde phase de la bataille de Syrie avec Damas pour objectif ; mais le cessez-le-feu épargnera cette menace à la capitale. Au surplus, l'essentiel pour Israël était d'avoir réduit au silence les batteries qui tiraient sur les kibboutz. Avant que les armes ne se taisent, le général Dayan, ministre de la Guerre, avait précisé que les objectifs de sécurité étaient atteints et rappelé ce que fut la bataille de Jérusalem. L'alerte avait été donnée dès la première heure de la bataille.
(Silence)
Commentateur
Pour venir à bout de la résistance des éléments jordaniens, il faudra malheureusement livrer des combats acharnés dans la vieille ville. Après 48 heures de lutte, la ville arabe tombera. Deux mille années de dispersion se trouvent miraculeusement effacées et le mur des lamentations où le général Dayan et les membres du gouvernement sont venus immédiatement en pèlerinage est devenu pour les Israéliens le mur de la joie. La phase militaire du conflit israélo-arabe est terminée ; elle aura été fulgurante. La phase diplomatique commence ; elle sera sans doute infiniment plus longue.