La guerre au Vietnam après l'offensive du Têt
Notice
La vie quotidienne au Vietnam pendant la guerre, entre les attaques des Vietcongs et les opérations militaires américaines
Contexte historique
En 1967, la situation entre les belligérants semble équilibrée et la guerre se poursuit sans laisser voir d'issue. Les responsables du Nord Vietnam décident de lancer des opérations dans les villes du sud pour frapper les esprits aux Etats-Unis et au Sud Vietnam et pour aborder d'éventuelles négociations dans une situation favorable. Giap organise son offensive en deux temps : sur la frontière du 17e parallèle, il monte une opération de diversion destinée à fixer les forces américaines et sud vietnamiennes, tandis qu'il fait porter l'essentiel de son effort contre les villes du sud désormais moins bien protégées.
Le jour du Têt, le 31 janvier 1968, 80 000 hommes attaquent les villes du sud : dans la plupart des cas, ils sont repoussés par les troupes américaines, mais ils remportent une victoire symbolique : les jardins de l'ambassade américaine à Saïgon sont le lieu de combats sous l'objectif des caméras occidentales.
Éclairage média
Le document s'ouvre sur une vie quotidienne organisée autour du conflit, y compris pour remettre en état les infrastructures détruites par les bombardements américains : ce travail accompli par les civils du nord est déconsidéré par le commentaire qui désigne la population par le nom de "fourmi". Ce nom semble refuser la qualité d'êtres humains aux Nord Vietnamiens qui sont ainsi déshumanisés...
Le commentaire aux intonations ethnocentriques - voire racistes - n'arrive pas à penser ou à exprimer l'importance de la mobilisation populaire du nord, voire la popularité du mouvement communiste vietnamien capable de mobiliser hommes et femmes pour lutter. De la même façon, alors que les images de la supériorité technique américaine sont très utilisées, la fabrication d'armes archaïques comme des bambous taillés et plantés dans les rizières pour constituer des armes de défense passive dérange et ne donne lieu à aucune mise en perspective sur les combattants. C'est bien tout un peuple qui lutte, ce qui pourrait entraîner un commentaire sur l'unanimité nationale, sur la résistance nationale à la présence étrangère. Mais cette analyse des images diffusées apparaîtrait comme un point de vue pro-communiste, elle ne peut donc pas être formulée.
La seconde partie du document, qui débute par l'insertion du banc-titre "ils attaquent" présente l'offensive du Têt. Sur un fond sonore de cloches qui sonnent le glas, d'une musique mortuaire défilent des images d'abord sans commentaire qui opposent presque terme à terme les soldats nord-vietnamiens portant un camouflage de végétation. Symboliquement, ils relèvent de l'état de nature, et ne respectent même pas la trêve qui accompagne la fête du Têt, ils ne sont toujours pas humains. Les soldats américains au contraire fument, se parlent, défendent avec leur corps le territoire vietnamien. Clairement individualisés, ce ne sont pas des fourmis, mais bien des hommes ordinaires qui luttent dans le jardin – un lieu civilisé, construit par les hommes, à la différence de la jungle d'où sortent les nord vietnamiens - de l'ambassade américaine pour la défendre. Ils représentent donc bien la civilisation, la culture, contre la sauvagerie et l'animalité. Le documentaire donne ainsi un sens manichéen à la lutte qui se déroule au Vietnam.
