La guerre en Afghanistan

31 décembre 1979
02m 03s
Réf. 00198

Notice

Résumé :

Les journalistes occidentaux sont refoulés par les Soviétiques qui viennent d'envahir l'Afghanistan.

Date de diffusion :
31 décembre 1979
Source :

Contexte historique

Le 27 décembre 1979, l'Armée rouge entre en Afghanistan : c'est la fin de dix ans de Détente entre les deux blocs. Située entre l'URSS, la Chine, le Pakistan, l'Iran, à proximité du Golfe persique, la position géographique de l'Afghanistan lui donne une grande importance stratégique. Depuis 1978, c'est un allié de Moscou, comme Cuba et le Vietnam. Mais la guerre civile fait rage, et les nombreux conseillers militaires soviétiques déjà déployés ne suffisent pas.

Pour la première fois depuis 1945, l'Armée rouge intervient hors de la zone qu'elle contrôle directement pour mettre fin à une instabilité qui menace ses frontières sud et limiter la contagion de la révolution islamique qui s'est développée en Iran. L'opération déclenche une vague d'indignation dans le monde occidental qui perçoit l'opération en Afghanistan comme une nouvelle manifestation de l'aptitude soviétique à profiter de toutes les situations pour étendre son contrôle militaire direct et pour préparer secrètement des opérations armées.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Lors du journal télévisé, deux journalistes se relaient pour présenter le sujet marqué par une originalité : les envoyés spéciaux n'ont pas pu faire leur travail sur le terrain car les autorités soviétiques les ont expulsés dès leur arrivée. Ces conditions de travail rendent le tournage difficile : seules de rares images prises depuis un bus à proximité de l'aéroport sont diffusées, accompagnées d'une carte de la région. C'est toute la difficulté pour un journal télévisé de développer une information pour laquelle la télévision manque d'images.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Présentateur
Nous allons maintenant découvrir les premières images tournées à Kaboul depuis l'entrée des troupes soviétiques en Afghanistan.
Dominique Baudis
Ce n'est pas un reportage à proprement parler, ce sont plutôt quelques images volées à travers le hublot d'un avion ; cet appareil était le premier à se poser à Kaboul depuis le coup d'état ; plusieurs journalistes de la presse internationale avaient pris place à son bord ; ils ont été refoulés par les autorités, à l'exception des journalistes venant des pays de l'Europe de l'Est. Un commentaire de Gérard Saint Paul sur ces images.
Gérard Saint Paul
Justement, les témoignages des journalistes occidentaux refoulés de Kaboul, mais qui ont eu le temps d'enregistrer les scènes que vous allez voir et les témoignages des journalistes de pays de l'Est qui ont pu franchir les barrages de police et de douane, tous ces témoignages concordent : la présence militaire soviétique en Afghanistan est massive. Selon l'envoyé spécial de l'agence France Presse, deux divisions motorisées soviétiques seraient entrées dans le pays pour mener à bien la phase finale de l'opération ; ces renforts porteraient à environ 25.000 soldats la totalité du dispositif militaire soviétique ; un dispositif qui se déploierait en éventail pour occuper le pays et pour réduire si possible -car la résistance est forte- pour réduire la rébellion musulmane qui s'oppose avec acharnement au coup d'état soviétique. En réalité, selon des milieux diplomatiques qui semblent bien informés à New Delhi en Inde, les soviétiques se prépareraient à donner un assaut final contre la rébellion islamique en utilisant la technique de la tenaille, en resserrant l'étau de l'armée rouge sur les centres vitaux du pays ; d'où, évidemment, ce déploiement de matériel, camions, mitrailleuses, tanks, hélicoptères, avions, filmés, donc, sur l'aéroport de Kaboul et aux alentours. L'importance de ce déploiement prouve assez que les soviétiques ne sont pas venus pour une simple opération coup de poing destinée à durer quelques jours. C'est pourquoi, dans toute la région, l'inquiétude ne cesse de grandir ; le prochain pays visé sera-t-il le Pakistan ? La mise en garde américaine est très vive à ce sujet ; les avertissements chinois sont particulièrement alarmistes, car aux confins de l'Iran, de l'URSS et de la Chine, donc, c'est tout l'équilibre politique de la région qui est en jeu.