La guerre du Liban : l'opération Paix en Galilée

07 juin 1982
01m 11s
Réf. 00200

Notice

Résumé :

A la frontière entre Israël et le Liban, les troupes font route pour pénétrer au Liban.

Date de diffusion :
07 juin 1982
Date d'événement :
06 juin 1982

Contexte historique

L'intervention israélienne au Liban constitue la 5e guerre israélo-arabe : elle est décidée par le cabinet conservateur dominé par le parti du Likoud et son Premier ministre, Menahem Begin. Elle n'est pas une surprise : après l'évacuation du désert du Sinaï, restitué à l'Egypte le 25 avril 1982, en vertu des accords de Camp David, la guerre a été préparée en tenant compte du contexte politique : l'Egypte est désormais en paix avec Israël qui a donc une frontière sud sûre ; les Américains souhaitent bâtir un axe anti-communiste en s'appuyant sur l'Egypte, Israël et l'Arabie Saoudite ; ils n'interviendront donc pas contre Israël ; les régimes arabes sont fortement divisés, et la guerre oppose déjà l'Irak à l'Iran.

Pour Israël, la guerre au Liban poursuit deux objectifs : frapper le centre du pouvoir palestinien installé à Beyrouth et isoler les forces palestiniennes en leur interdisant toute retraite. Pour Israël en effet, la décomposition de l'Etat libanais depuis 1974 a permis aux Palestiniens de développer de véritables camps d'entraînement militaire, de stocker armes et munitions et de préparer des opérations militaires contre l'Etat hébreu à partir du territoire libanais. Pour sécuriser sa frontière nord, il importe donc à Israël de vaincre militairement les Palestiniens avec lesquels il n'est pas question de négocier, car les organisations palestiniennes comme l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) ne sont pas reconnues par Israël : elles pratiquent le terrorisme, et la Charte de l'OLP prévoit explicitement la disparition de l'Etat d'Israël. L'intervention au Liban "dénommée Paix en Galilée" est donc une véritable opération de légitime défense dans l'esprit de Menahem Begin.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Après un lancement en studio par le présentateur du journal, Jacques Merlino, un court sujet tourné à la frontière entre Israël et le Liban trois jours après le début de l'offensive donne quelques rares informations : Israël continue d'envoyer des troupes pour mener ses opérations contre les Palestiniens installés au Liban. Les images illustrent le sujet : un convoi de véhicules militaires fait route, aux dires des reporters, vers le nord d'Israël, et le Liban. Rien n'authentifie les images, elles pourraient être tournées n'importe où en Israël, les journalistes n'ont pas pénétré au Liban et n'ont pas d'images tournées sur les lieux des affrontements à proposer.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Jacques Merlino
Bonsoir. L'offensive israélienne lancée depuis hier sur le sud Liban progresse rapidement ; aujourd'hui les Israéliens se sont emparés du château de Beaufort, une place forte palestinienne et occupent maintenant les villes de Tyr et de Nabatié. Tout de suite, le premier reportage de notre envoyé spécial : Daniel Bilalian.
Daniel Bilalian
Aujoud'hui, 14 h, à l'extrême pointe nord d'Israël ; le ciel de Galilée est bleu, couleur de paix. Tranquillité apparente aussitôt contredite par le bruit et la poussière des tanks israéliens qui patrouillent sur la route frontière entre Israël et le sud Liban. La guerre est juste derrière ces montagnes.
(Silence)
Daniel Bilalian
Le gros des troupes est déjà au combat, mais l'état major continue de mobiliser les réservistes ; à preuve : ces longues colonnes de transports de troupes chenillées, camions de toutes sortes, plateaux chargés de tanks de combat, que j'ai vus toute la journée remonter par dizaines vers la frontière libanaise. A l'évidence, l'effort de guerre israélien se poursuit avec la même intensité trois jours après le début des hostilités.