Cérémonies franco-allemandes à Verdun

22 septembre 1984
01m 33s
Réf. 00202

Notice

Résumé :

François Mitterrand et Helmut Kohl rendent ensemble hommage aux combattants tombés pendant la Première Guerre mondiale et manifestent la vigueur de l'amitié franco-allemande.

Date de diffusion :
22 septembre 1984

Contexte historique

"L'Europe est notre patrie commune… Nous nous sommes réconciliés. Nous nous sommes compris. Nous sommes devenus des amis" déclarent ensemble le Président français et le Chancelier de la République fédérale d'Allemagne à Douaumont. François Mitterrand et Helmut Kohl se rencontrent en effet sur les champs de bataille de Verdun pour sceller la réconciliation entre les deux peuples. Pour rendre hommage aux morts des deux guerres mondiales, ils participent à plusieurs cérémonies au cimetière militaire allemand de Consenvoye et au cimetière national français de Douaumont.

Cette visite s'inscrit dans un contexte particulier : d'une part, la célébration du 70e anniversaire du début de la guerre de 1914, d'autre part, après les fortes tensions qui ont opposé la France et l'Allemagne au début des années 1980 au sujet des politiques économiques à mettre en œuvre pour sortir de la crise, l'année 1984 s'inscrit dans une période très fructueuse de rapprochement entre les deux pays : en 1983, François Mitterrand a soutenu la décision du gouvernement Kohl d'autoriser le déploiement de nouveaux missiles nucléaires américains en Allemagne de l'Ouest pour faire face à la menace soviétique. En 1984, les diplomaties française et allemande travaillent de concert à la préparation d'une nouvelle phase de la construction européenne qui verra le jour l'année suivante avec le projet d'Acte unique.

Enfin, les cérémonies de Verdun s'inscrivent dans la mythologie européenne qui célèbre les couples franco-allemand : en janvier 1963, Adenauer et de Gaulle signent le traité franco-allemand de l'Elysée. Le couple mythique Adenauer-De Gaulle devient une référence. Lui succède le couple Giscard d'Estaing-Schmidt, qui permet le rapprochement monétaire des pays européens et l'élection du Parlement européen au suffrage universel. Mitterrand et Kohl doivent s'affirmer à leur tour.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

François Mitterrand et Helmut Kohl sont suivis par des caméras à tous les moments de l'hommage qu'ils rendent aux combattants tombés pendant la première guerre mondiale : dans le cimetière, des plans larges montrent la petitesse de ces deux hommes confrontés au poids de l'histoire et à l'immensité des drames humains. Dans la crypte de Douaumont, les plans se resserrent pour accompagner les deux hommes qui signent le livre d'or du monument funéraire. De retour à l'extérieur, un plan large souligne la présence importante des soldats mobilisés pour la cérémonie, tandis que le commentaire précise que des militaires et des spectateurs des deux nationalités sont présents.

Un gros plan fortement symbolique est alors inséré dans le montage : les mains serrées de François Mitterrand et de Helmut Kohl recueillis devant un catafalque. Le commentaire se fait redondant en explicitant la signification des images : c'est l'amitié franco-allemande qui est célébrée, difficile et précieuse construction après les conflits qui ont opposé les deux nations.

L'image forte de François Mitterrand et d'Helmut Kohl se donnant la main au cours a été reprise par l'ensemble des médias. Elle figure depuis lors dans toutes les brochures dédiées à la réconciliation franco-allemande, que ce soit en France ou en Allemagne.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Georges Bortoli
Et puis, Douaumont, le cimetière français aux croix blanches, le fort de Douaumont, qui fut le pilier de cette bataille de dix mois qui fit 700.000 morts selon les uns, un million selon les autres. Douaumont et son cimetière, Douaumont et son ossuaire où, dans un monument élevé en 1919 ont été recueillis les ossements de milliers et de milliers de victimes, certaines inconnues, d'autres -vous l'avez vu- identifiées sur de simples plaques. Douaumont, son ossuaire, son terrible silence, où les deux hommes d'état ont apposé lentement leur signature. Douaumont, cimetière français, mais où les honneurs étaient rendus par des soldats français et allemands, où le public était français et allemand ; Douaumont, où un président français et un chancelier allemand se sont tenu longuement la main devant un catafalque ; un geste qui voulait sûrement dire : «Il ne faut pas seulement honorer les morts d'hier, il faut donner aux vivants d'aujourd'hui un avenir, un avenir aux Français et aux Allemands d'aujourd'hui» et c'est en cela que cette journée de commémoration a été au sens fort, au sens plein du terme, une journée politique.

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