La chute du mur de Berlin

11 novembre 1989
02m 02s
Réf. 00203

Notice

Résumé :

Le mur de Berlin érigé en 1961 tombe : la foule peut passer d'une zone de Berlin à l'autre, la ville est dans l'euphorie d'un moment historique considérable.

Date de diffusion :
11 novembre 1989
Personnalité(s) :
Lieux :

Contexte historique

Le 9 novembre 1989, le porte-parole du bureau politique du Parti communiste annonce à la télévision est-allemande : "les frontières sont ouvertes avec effet immédiat" : le passage du mur de Berlin devient possible dans les deux sens. Des Berlinois de l'Est affluent aux points de contrôle (Check Point Charly) et les gardes-frontières les laissent passer.

La ville vit une nuit d'allégresse. Des milliers d'Allemands de l'Est se précipitent pour voir la “vitrine du capitalisme” tandis que des Occidentaux passent à l'est pour découvrir la “patrie du socialisme”. L'événement est considérable ; il marque la fin de la division de l'Allemagne, qui durait depuis 1945 ; il signifie également l'effondrement sans guerre du bloc communiste contraint à l'ouverture de ses frontières. Berlin est alors en fête.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Après un rapide lancement du sujet en studio par Daniel Bilalian, la parole est laissée en direct à l'envoyé spécial de la rédaction, Philippe Rochot : installé sur un point élevé à Berlin Ouest, il domine avec son cameraman le mur de Berlin, qu'il filme de façon très mobile : tantôt il effectue un plan serré sur Philippe Rochot, avant de proposer des plans larges pour montrer l'environnement exceptionnel. De chaque côté du mur, les queues sont formées pour pouvoir se rendre dans Berlin ouest ou dans Berlin est.

Les journalistes voient le violoncelliste d'origine soviétique, Mstislav Rostropovitch, dissident contraint à l'exil politique en 1974 pour avoir hébergé chez lui l'écrivain Soljenitsyne, puis déchu de sa nationalité soviétique. Ce 11 novembre 1989, il s'installe au pied du mur, à l'ouest, pour jouer spontanément des extraits d'une suite de Bach.

Mais accaparé par le déroulement de son journal, le présentateur ne laisse pas Philippe Rochot s'appesantir sur la présence de Mstislav Rostropovitch, il faut diffuser le sujet qui a été préparé et qui rappelle les événements historiques de la nuit : l'ouverture du mur de Berlin en plusieurs points, début de la réunification allemande et fin de la guerre froide. Le commentaire reste général, tandis que les images montrent la distribution de morceaux du mur, qui devient par sa destruction même un lieu de mémoire de l'Europe divisée.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Daniel Bilalian
En direct... du mur de Berlin : Philippe Rochot. Philippe, une question toute simple pour commencer : Philippe, où êtes-vous ce matin et que se passe-t-il autour de vous ?
Philippe Rochot
Ecoutez, nous sommes à Check Point Charlie, vous savez que c'était le point de passage réservé aux étrangers, et là tout le monde, les Allemands de l'Est se mélangent aux Polonais qui d'habitude passent la frontière pour aller vendre au marché noir leur caviar sur Postdamer Platz et vous voyez ici il y a une file d'attente d'environ 300 mètres pour passer ; il faut attendre une heure et demi. Et puis de l'autre côté également il y a 300 mètres de file d'attente d'Allemands de l'Est qui veulent venir passer le week-end à l'Ouest. Alors, ce qui intéressant de noter, c'est que sur le mur que vous voyez ici en bas, on a refait les inscriptions, c'est-à-dire qu'on a marqué le 10 novembre comme une date vraiment historique. Et puis on me signale que Monsieur Rostropovitch qui se trouve précisément à Berlin Ouest, ici, à Check Point Charlie, va jouer, se prépare à jouer, je ne sais pas si nous aurons le temps de l'entendre, Daniel ?
Daniel Bilalian
Oui, on le voit à l'image, en tout cas, là.
Philippe Rochot
Je crois que c'est un événement quand même extraordinaire, c'est-à-dire que chacun veut venir saluer à sa manière l'ouverture du mur.
Daniel Bilalian
Bien. Alors on a dit, Philippe - on va laisser Monsieur Rostropovitch, bien sûr, se préparer, si on a le temps de l'entendre, on l'entendra ou on le repassera à la fin du journal - Philippe, on a ce matin ouvert le mur en plusieurs endroits, je crois qu'on va voir des images qui vont venir couvrir ce que vous allez nous dire à propos de ces ouvertures ; au moins 9 ou 10 endroits où on a carrément -on le voit sur les images- ouvert le mur à la pelleteuse.
Philippe Rochot
Oui, on a ouvert le mur à la pelleteuse, on a creusé aussi pour mettre des dalles pour permettre le passage des gens, ça fait une brèche de 3 mètres à peu près, et ce qui était extraordinaire ce matin, c'était de se trouver, comme nous l'avons fait, entre les deux murs, puisque finalement il y avait deux murs qui séparaient Berlin et au milieu un no man's land, de se trouver là au milieu avec cette foule de gens qui passaient ; et d'hélicoptère il y avait vraiment une très belle vue puisque c'était ce désert, ce no man's land avec cette foule qui traversait et puis qui symbolisait finalement l'unité de ces Berlinois entre eux qui n'ont jamais finalement cessé de pouvoir se parler, mais qui ne pouvaient pas tous se rencontrer.