La réunification de l'Allemagne

03 octobre 1990
03m 16s
Réf. 00205

Notice

Résumé :

Moins d'un an après la chute du mur de Berlin, l'Allemagne retrouve une unité politique et territoriale qui symbolise aux yeux du monde le reflux du communisme en Europe.

Date de diffusion :
03 octobre 1990
Lieux :

Contexte historique

Après la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, les négociations sur l'avenir des deux Allemagne débutent. François Mitterrand qui a sous estimé le processus de réunification de l'Allemagne, pense que l'Europe va rester divisée, quand le 30 janvier 1990, Mikhaïl Gorbatchev accepte le principe de la réunification allemande, prenant ainsi le président français à contre-pied.

Désormais, les modalités politiques de l'unification sont discutées (calendrier de l'évacuation des troupes soviétiques, indemnités, condition de l'intégration des territoires est-allemands, place de l'Allemagne dans l'Europe et dans l'OTAN...). Outre les deux Allemagne, négocient les quatre puissances présentes sur le sol allemand depuis 1945 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et URSS), ce qui débouche sur le traité d'unification dit "traité 2 + 4". Il entre en vigueur le 3 octobre 1990 et fixe le processus d'intégration des cinq Länder (qui formaient auparavant l'Allemagne de l'Est) à la République fédérale d'Allemagne.

Berlin est également consacrée "capitale de l'Allemagne" et le 3 octobre, "jour de l'unité allemande", devient le jour de la Fête nationale. En mêlant joie nationale et fierté patriotique, la réunification est un événement national qui met fin à la guerre froide et qui annonce la fin du communisme.

Jean-Claude Lescure

Éclairage média

Dans une première partie, Henri Sannier s'exprime en direct de Berlin, devant la porte de Brandebourg, où la foule est massée pour l'événement que constitue la réunification allemande. Après un gros plan sur la porte de Brandebourg, pour situer le lieu du reportage, apparaît Henri Sannier devant une foule de jeunes gens (dont on apprend plus tard qu'il s'agit d'une classe de jeunes Français venus assister à la réunification) : chaque jeune spectateur doit pouvoir s'identifier aux jeunes réunis à Berlin, vivre la fête avec le journaliste qui donne des indications sur la température locale tandis que les jeunes autour de lui illustrent l'aspect populaire de la manifestation, qui prend une tournure européenne, internationale, et assure à la jeunesse un nouveau monde à construire : la paix succède à la guerre froide.

Dans une deuxième partie, sont diffusées des images tournées la veille : le journal se fait rétrospective des cérémonies organisées depuis 24 heures (montée du drapeau) avant de revenir aux jeunes lycéens pris comme témoins muets des événements que conte en flash back Philippe Rochot qui s'est livré à quelques interviews pour saisir quelques impressions d'Allemands. Au total, l'approche de l'événement diplomatique reste superficielle, aucune analyse n'est faite, il s'agit simplement de rendre palpable l'émotion que peut susciter la réunification.

Jean-Claude Lescure

Transcription

Henri Sannier
Mon cher Bruno, nous vous accueillons ce soir en direct depuis la porte de Brandebourg que vous apercevez juste derrière moi et qui est maintenant le haut lieu de la réunification et de l'unification et de la réconciliation allemande. Alors il y a encore beaucoup de monde dans la rue, vous le voyez, ce sont des gens qui font entendre de la voix depuis tout à l'heure parce qu'il fait un peu frisquet ici. Il faut dire que les gens flânent car c'était aujourd'hui une journée fériée, une journée historique dans toute l'Allemagne. Alors, la fête populaire, vous l'avez compris, est terminée, mais on a dans la tête de grands moments d'émotion, des moments d'émotion extraordinaire, notamment hier soir. Souvenez-vous de cette image que vous avez sans doute découvert en direct sur Antenne 2 : c'est la montée du drapeau allemand devant le Reichstag, la clameur a suivi, et surtout l'hymne allemand repris en choeur par un million de personnes. Il n'y a pas eu de débordement hier soir, tout le monde est resté digne ; bref, on a vécu pleinement ce grand moment historique, comme vous le disiez tout à l'heure. Et dans la foule - c'est d'ailleurs assez curieux - il y avait beaucoup de Français, notamment une classe du lycée de Luxeuil, qui est avec nous ce soir et que vous allez découvrir avec moi ; nous écouterons leur réaction tout à l'heure. C'est un beau cadeau, d'ailleurs, que leur a fait leur prof d'allemand, ils sont venus là, ils ont vécu pleinement et avec passion, avec émotion et avec enthousiasme ce grand moment historique ; je vous retrouve dans quelques instants. Alors, aujourd'hui, à Berlin, eh bien c'est la réalité qui a repris le dessus, une réalité synonyme d'espoir, mais synonyme aussi de problèmes, pourquoi ne pas le cacher, nous y reviendrons dans des dossiers. Voici tout de suite le film et l'histoire de cette première journée racontée par l'un de nos envoyés spéciaux : Philippe Rochot. Tout de suite, les images.
Philippe Rochot
Pélerinage au Reichstag, l'ancien parlement à Berlin, pour des milliers d'Allemands qui ont voulu saluer ici l'unité retrouvée ; car c'est là que demain 660 députés des deux Allemagnes assisteront à une séance commune. Ils ont du mal à croire qu'il n'y a plus qu'une seule Allemagne, ils sont encore sous le choc de la grande fête de la nuit.
Inconnu
On pourrait rester comme ça pendant des heures à observer les gens, à regarder cette atmosphère. Il ne faut pas trop faire la fête, il faut prendre son temps pour réfléchir. Il y a un an, on ne pouvait pas venir ici, on habite de l'autre côté, à l'Est. Aujourd'hui, on a voulu voir le drapeau.
Philippe Rochot
Depuis la nuit, il n'y a plus ni Est, ni Ouest : il n'y a qu'une seule Allemagne, un peu étonnée de se réveiller officiellement réunifiée, mais dans les têtes, l'unification avait commencé bien avant.
Inconnu
On s'attendait à quelque chose de plus grand, mais ça ne pouvait pas être plus fort que le 9 novembre, quand l'Est a marché vers l'Ouest.
Philippe Rochot
Dans son discours à la Philharmonie de Berlin, le président de la République, Richard Von Weizsacker a voulu définir l'état d'esprit de la nouvelle Allemagne : intégration européenne, bonnes relations avec ses voisins comme la Pologne, remerciements aux pays qui ont aidé l'Allemagne de l'Est à se libérer en accueillant ses réfugiés comme la Hongrie ou la Tchécoslovaquie. La nouvelle Allemagne, au cœur de l'Europe, doit être surtout un pont entre l'Est et l'Ouest.