Les attentats du 11 septembre 2001

11 septembre 2001
04m 19s
Réf. 00219

Notice

Résumé :

Les journalistes de la rédaction de France 3 analysent en direct les images des attentats qui leur parviennent de New York et Washington.

Date de diffusion :
11 septembre 2001
Source :

Contexte historique

Le 11 septembre 2001, à 8 h 46, un avion de ligne s'écrase contre la tour nord du World Trade Center. Pendant les minutes d'affolement et de stupeur qui s'ensuivent, on n'ose croire à un acte terroriste. Mais, dix-huit minutes plus tard, c'est la tour sud qui est visée par un autre avion. Georges W. Bush, en déplacement en Floride, prend connaissance de l'événement peu avant qu'un troisième avion ne s'écrase sur une des ailes du Pentagone et un quatrième en Pennsylvanie, dans la région de Pittsburgh.

Les attentats feront au total 3 000 morts (à cause du meurtrier effondrement des deux tours symboles des Etats-Unis). Face à cet acte de violence inédit dans les annales du terrorisme et qui provoque un véritable électrochoc international, le président des Etats-Unis réagit avec fermeté. En début d'après-midi, alors que le pays vit encore dans la hantise de nouvelles attaques terroristes, il déclare "Que personne ne s'y trompe : les États-Unis traqueront et puniront les auteurs de ces actes lâches". En début de soirée, il est plus précis : "Ces actes meurtriers à grande échelle étaient destinés à effrayer notre nation en la plongeant dans le chaos et le repli. Mais ils ont échoué. Notre pays est fort. Un grand peuple se lève pour défendre une grande nation. Les attentats terroristes peuvent secouer les fondations de nos immeubles les plus hauts, mais ils ne peuvent pas ébranler les fondations de l'Amérique. Ces attaques brisent l'acier, mais ne peuvent entamer l'acier de la détermination (...) L'Amérique, ses amis et alliés se joignent à tous ceux qui veulent la paix et la sécurité dans le monde et nous sommes unis pour gagner "la guerre contre le terrorisme".

Bientôt assimilé à un "acte de guerre", l'attaque terroriste du 11 septembre détermine l'administration Bush à poursuivre ses responsables - Al Qaeda et son chef Oussama Ben Laden - et leurs soutiens ; en premier lieu l'Afghanistan des Talibans, pays et régime contre lequel est lancée, avec l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, une guerre de représailles et de traque anti-terroriste dès le 7 octobre suivant.

Philippe Tétart

Éclairage média

Ce n'est qu'avec quelques minutes de décalage par rapport au premier impact sur le World Trade Center que la chaîne d'information continue CNN annonce le premier attentat du 11 septembre aux Américains et au monde entier, grâce à une caméra fixe placée en permanence sur un toit de New York. À cet instant, on ne sait pas s'il s'agit d'un accident ou d'un attentat. Une heure plus tard, deux autres avions ont fondu sur le World Trade Center et sur le Pentagone. Cette fois, de nombreuses chaînes, américaines et étrangères, filment le drame…

Les chaînes françaises prennent aussi le relais du direct. Elles informent très régulièrement les téléspectateurs de l'évolution de la situation. Vers quinze heures trente heure française (6 heures de décalage par rapport à New York) France 3 arrête ses programmes pour donner un éclairage à chaud sur la situation. Elise Lucet, Patrick Hesters et Christian Malar commentent les images du deuxième attentat contre les tours et celles de l'attentat contre le Pentagone.

Illustrant la remarquable capacité de réaction et de couverture en temps réel de l'événement par la télévision, ils proposent aussi bien un témoignage audiovisuel de la situation qu'une immédiate mise en perspective autour de la question de la crise moyen-orientale et de la responsabilité éventuelle du réseau Al Qaeda.

Philippe Tétart

Transcription

Elise Lucet
Madame, Monsieur, bonjour. Nous interrompons nos programmes pour un flash spécial de la rédaction : les deux tours du World Trade Center en plein centre de New York ont en effet été la cible de ce qui semble être un double attentat terroriste. A 8h43, heure locale, très précise, un premier avion s'est écrasé sur la première tour du bâtiment - vous le voyez, la première tour qui était en flammes - 18 minutes plus tard exactement, un deuxième avion est venu percuter de plein fouet la deuxième tour du World Trade Center - vous voyez, vous découvrez cette image absolument incroyable du deuxième avion qui est venu donc se crasher, s'incruster dans la deuxième tour du World Trade Center. Aucune indication pour le moment sur le nombre des victimes, mais ce quartier de Manhattan était déjà à cette heure de la matinée en pleine activité. Patrick Hesters, une autre information : apparemment, ces deux avions étaient des avions de passagers détournés, donc, a priori, des passagers étaient dans ces avions.
Patrick Hesters
Très vraisemblablement. On l'a vu sur cette image, en fait il ne s'agissait pas de petits avions, mais réellement de gros bi-moteurs, en l'occurrence probablement un Boeing 767 de la société American Airlines qui avait décollé de Boston. Alors, comment est-ce que tout ça a pu être possible ? Vraisemblablement parce que il y a beaucoup d'aéroports dans la région de New York, il y a beaucoup de trafic, avec beaucoup de vols, et il est vraisemblable qu'en fait, des avions aient été détournés - quand je dis des avions, au moment où je parle, on parle de trois avions - il est possible qu'un 3ème appareil se soit écrasé en fait sur le Pentagone.
Elise Lucet
Effectivement, Patrick, à l'instant, ces images nous parviennent, vous allez les découvrir avec nous : un 3ème avion se serait écrasé sur le Pentagone et on peut dire que c'est la panique pour les services de sécurité américains. En ce moment la Maison Blanche, le Capitole, le secrétariat au Trésor sont en cours d'évacuation ; le président Bush est intervenu quelques minutes après le premier attentat sur le World Trade Center, on va tout de suite l'entendre, il parle très clairement d'une action terroriste et non pas d'un accident.
George W. Bush
Aujourd'hui, nous avons eu une tragédie nationale. Deux avions se sont écrasés sur le World Trade Center, dans une apparente attaque terroriste contre notre pays. J'ai parlé au vice-président, au gouverneur de New York, au directeur de la C.I.A. J'ai donné l'ordre de mobiliser toutes les ressources du gouvernement fédéral pour venir en aide aux victimes et à leur famille et de mener une investigation complète pour rechercher les types qui ont commis cet acte. Le terrorisme contre notre nation ne passera pas. Et maintenant, si vous le voulez bien, nous allons nous recueillir pour une minute de silence.
Elise Lucet
Vous le voyez, le président Bush apparemment très calme, mais en fait, je vous le disais, la plupart des bâtiments officiels américains sont en cours d'évacuation ; on sent une véritable panique dans les services de sécurité américains et à l'instant, une organisation palestinienne a revendiqué la responsabilité des deux crashs, donc, même des trois crashs, les deux sur le World Trade Center, le 3ème sur le Pentagone. Christian Malar, c'est effectivement l'une des possibilités évoquées.
Christian Malar
Oui, c'est-à-dire qu'on est obligé de resituer ça dans le contexte d'une crise proche orientale que nous vivons depuis un certain temps, depuis un an, depuis la deuxième Intifada. Alors, l'organisation qui revendique cet attentat, sur toutes les dépêches, sur les lignes que nous avons, c'est le F.D.L.P. Alors, le F.D.L.P, c'est le front de libération de la Palestine, ça veut dire que c'est un groupe qui était jusqu'à présent inféodé à la Syrie, qui a ses quartiers généraux en Syrie et dont le leader qui avait succédé il y a peu de temps à Georges Habache qui était mort, a été tué par les services israéliens. Donc, on peut imaginer, en effet, qu'il y ait des représailles du côté du F.D.L.P, mais là, je viens d'interroger il y a quelques instants un des proches du premier ministre israélien, Monsieur Sharon, qui me dit : «Oui, en effet, c'est une possibilité, mais nous, nous n'excluons pas de notre côté que ce soit aussi le groupe Al-Qaida qui a été fondé en 1989 par le fameux Oussama Ben Laden qui a déjà fait frapper, qui a déjà attaqué les intérêts américains il y a deux ans, vous vous en souvenez, dans des ambassades américaines, qu'on avait retrouvé - en Tanzanie et au Kenia - où il y avait eu de nombreux morts, de nombreuses victimes, et qui avait toujours dit : «Je frapperai les intérêts américains même aux Etats-Unis, où je veux, quand je veux». Donc on est, à mon avis, sur ces deux pistes : la piste du F.D.L.P n'est pas à exclure, mais ça peut être aussi Oussama Ben Laden et son groupe Al-Qaida.

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