Les accords de Paris

28 décembre 1973
51s
Réf. 00222

Notice

Résumé :

Signature des accords mettant fin à la guerre du Vietnam par les plénipotentiaires américains et vietnamiens.

Date de diffusion :
28 décembre 1973
Date d'événement :
27 janvier 1973

Contexte historique

Le 27 janvier 1973, quatre jours après l'accord Kissinger-Lê Duc Tho, William P. Rogers (secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, Etats-Unis), Tran Van Lam (ministre des affaires étrangères de la République du Vietnam), Nguyen Duy Trinh (ministre des affaires étrangères de la République Démocratique du Vietnam) et Nguyen Thi Binh (ministre des affaires étrangères du Gouvernement Révolutionnaire Temporaire du Vietnam) signent solennellement les accords de Paris. Ils sont l'aboutissement d'un long processus de négociation entamé en mai 1968, à Paris, par Henry Kissinger et Tho Lê Duc (les Etats-Unis de Lyndon B. Johnson puis de Richard Nixon sont en effet convaincus depuis 1967-1968 de ne pas pouvoir gagner cette guerre et souhaitent trouver une sortie par la négociation). L'accord met ainsi fin aux hostilités qui font rage depuis l'été 1965, date de l'intervention directe des Etats-Unis en Asie. Il prévoit un cessez-le-feu et le retrait des troupes américaines, la libération des prisonniers, la tenue d'élections générales au Sud Vietnam, l'ouverture de négociations tripartites Sud Vietnam, Nord Vietnam et GRT, des aides à la reconstruction.

De fait, les Etats-Unis se retireront. Mais les accords de Paris seront un demi-échec car le conflit reprendra entre Sud et Nord Vietnam dès le printemps 1973, aboutissant, en 1975, à la chute de Saïgon et à l'installation d'un régime communiste à l'ensemble du pays réunifié.[Christopher Gosha et Maurice Vaïsse (dir.), La guerre du Vietnam et l'Europe, 1963-1973, Bruxelles, Bruylant et Paris, LGDJ, 2003]

Philippe Tétart

Éclairage média

Événement marquant de l'année 1973, les accords de Paris font partie des éléments que retient l'ORTF pour sa rétrospective de l'année diffusée le 28 décembre 1973, dans le cadre du journal télévisé de la 2ème chaîne. Si dans cette séquence, la foule montrée à la sortie des délégations plénipotentiaires s'enthousiasme au passage de Nguyen Thi Binh, (représentante du Gouvernement Révolutionnaire Temporaire du Vietnam) et peut ainsi laisser croire au téléspectateur que la signature des accords a scellé la paix, le commentateur, averti, instille le doute. Il note en effet : "Au total 188 signatures en trente-six minutes et tout en est resté là". Ce propos sibyllin montre un journaliste pour le moins dubitatif. Et en effet, il sait combien l'accord entre le Sud Vietnam (pro-américain) et les deux représentations communistes est fragile puisque, à la date de la diffusion de la rétrospective, les hostilités ont déjà repris entre les deux camps.

Étrange situation donc : la télévision montre la joie toute militante d'une partie de l'opinion française (traversée à l'époque par un fort courant d'extrême gauche favorable au combat de la République Démocratique du Nord Vietnam et du GRT contre les Etats-Unis) et de la diaspora vietnamienne ; mais elle oublie, qui plus est dans une rétrospective, de tenir un rôle explicitement informatif sur la situation vietnamienne, alors même que les combats font de nouveau rage un an à peine après la signature des accords.

Philippe Tétart

Transcription

Commentateur
C'est le 23 janvier qu'Henry Kissinger et Lê Duc Tho ont paraphé l'accord qu'ils avaient mis sur pied avant qu'il ne soit signé solennellement par les quatre délégations le samedi 27 à 11 h au centre des conférences internationales de l'avenue Kléber à Paris. Quatre chefs de délégations : William Rogers, ministre américain des Affaires étrangères, Nguyen Duy Trinh pour Hanoi, Madame Nguyen Thi Binh pour le G.R.P, et Tran Van Lam pour le gouvernement de Saigon. Un texte de l'accord, trois protocoles annexes, tout cela rédigé en vietnamien et en anglais ; au total 188 signatures en 36 minutes et tout en est resté là.