Français, vous avez vraiment la mémoire courte

27 juin 1941
02m 01s
Réf. 00238

Notice

Résumé :

A l'occasion de l'anniversaire de la demande d'armistice, le 17 juin 1940, le maréchal Pétain s'adresse à nouveau aux Français pour les exhorter à la sagesse : "Français, vous avez vraiment la mémoire courte...".

Date de diffusion :
27 juin 1941
Date d'événement :
17 juin 1941
Personnalité(s) :
Lieux :

Contexte historique

Le 17 juin 1941, Philippe Pétain commémore l'appel qu'il avait lancé, un an auparavant, pour demander l'armistice. Mettant en avant l'hydre du communisme, Pétain joue sur une alternance d'encouragements et de menaces.

En effet, les temps ont changé et l'opinion tend à se détacher de son soutien premier au nouveau gouvernement de Vichy, ce que suggère le ton plus dur adopté par le chef de l'Etat. Ce dernier durcira encore le ton dans le discours dit "du vent mauvais", le 12 août 1941. [Voir Pierre Laborie, L'Opinion française sous Vichy, Paris : Seuil, 1990; Marc Ferro, Pétain, Paris : Fayard, 1987]

Françoise Berger

Éclairage média

Le dispositif d'enregistrement des discours du Maréchal est toujours le même. Il est assis à son bureau, la caméra le filme en jouant sur l'échelle des plans : plan d'ensemble puis plan rapproché et, pour finir, gros plan sur le visage. Pétain regarde alors de manière plus insistante l'objectif, il s'adresse aux Français yeux dans les yeux. Le reportage s'achève par un hommage au drapeau français.

Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 7 août 1940 au 14 août 1942 sous le label "Actualités mondiales". Pathé et Gaumont s'étant repliés en zone sud, ce journal fut le seul diffusé dans la zone occupée. Version pour la France du journal allemand de l'UFA Deutsch-Wochenchau, il était conçu, monté et sonorisé à Berlin et ne comprenait que quelques sujets portant spécifiquement sur la France.

Françoise Berger

Transcription

AVERTISSEMENT
Philippe Petain
Ma voix aujourd'hui s'est raffermie, car la France se relève. Mais bon nombre de Français se refusent à le reconnaître. Croient-ils vraiment que leur sort est plus tragique qu'il y a un an ? Français, vous avez vraiment la mémoire courte. Croyez-moi, le moment n'est pas venu de vous réfugier dans l'amertume ou de sombrer dans le désespoir. Vous n'êtes ni vendus, ni trahis, ni abandonnés. Ceux qui vous le disent vous mentent et vous jettent dans les bras du communisme. Vous souffrez, et vous souffrirez longtemps encore, car nous n'avons pas fini de payer toutes nos fautes. L'épreuve est dure. Beaucoup de bons Français, et parmi eux les paysans et les ouvriers, l'acceptent avec noblesse. Ils m'aident aujourd'hui à supporter ma lourde tâche. Mais il me faut mieux encore. Il me faut votre foi, la foi de votre cœur, la foi de votre raison. Il me faut votre sagesse et votre patience. Vous ne les acquerrez que dans la discipline que je vous impose et dont, seuls, les oublieux de notre histoire ou les adversaires de notre unité cherchent à s'évader. Rappelez-vous surtout que vous êtes des hommes, les hommes d'une vieille et glorieuse nation. Ressaisissez-vous. Chassez vos alarmes. Venez à moi avec confiance. Tous unis, nous sortirons de la nuit où nous a plongés l'affreuse aventure.
(Musique)

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