Discours du maréchal Pétain : "Français, il faut choisir"

09 avril 1943
01m 21s
Réf. 00253

Notice

Résumé :

Assis à son bureau le maréchal Pétain s'adresse aux Français : "Français, [..] il faut choisir. Les chefs rebelles ont choisi l'émigration et le retour au passé. J'ai choisi la France et son avenir."

Date de diffusion :
09 avril 1943
Date d'événement :
04 avril 1943
Personnalité(s) :
Lieux :

Contexte historique

Avec l'invasion de la zone libre et l'intensification des pressions allemandes, le régime de Vichy, accentuant sa politique répressive, devient de jour en jour plus impopulaire. Philippe Pétain s'efforce donc de conserver le contact avec une opinion publique rebelle et qui tend à reporter désormais ses espoirs sur le général Giraud ou sur le général de Gaulle.

Le discours prononcé le dimanche 4 avril 1943 reflète cette volonté de renouer avec la population. Un second message est par ailleurs aussitôt radiodiffusé à la suite de ce discours, déplorant les conséquences meurtrières d'un nouveau bombardement, qui se produit le même jour, sur Boulogne-Billancourt.

Françoise Berger

Éclairage média

Le cadrage très classique montre Pétain assis à son bureau, alternant gros plans et plans rapprochés. Le visage de chef de l'État apparaît plus dur et moins à l'aise qu'à l'accoutumée (il lit son discours et son regard croise assez rarement la caméra).

Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 21 août 1942 au 18 août 1944 sous le label "France Actualités". En 1942, au tournant de la guerre, alors que la zone Sud est occupée et que Pathé et Gaumont disparaissent, "France Actualités" est créée. Constituée de capitaux à 60% français et à 40% allemands, la nouvelle société de production marque l'engagement plus profond du gouvernement de Vichy dans la collaboration.

Françoise Berger

Transcription

AVERTISSEMENT
(Musique)
Philippe Petain
Français, je veux vous parler de la France, de sa détresse présente, de son avenir. Il faut choisir. Les chefs rebelles ont choisi l'émigration et le retour au passé. J'ai choisi la France et son avenir. L'histoire dira, d'une part, ce qui vous fut épargné. Il est vain de transformer les institutions, si on ne transforme pas les âmes. Il est vain d'espérer la fin de notre décadence tant que nos enfants n'auront pas reçu de leurs maîtres une conscience neuve. N'est-ce point là, la grande mission des éducateurs. Il me faut mieux que l'obéissance de la jeunesse. Il me faut sa conviction ardente, sa volonté d'action et sa foi. Français mes amis, libérez votre conscience des préjugés et des rancunes. Vous comprendrez mieux alors ceux qui ont la charge douloureuse de vous conduire.