Deuil et appel à la répression après des attentats "terroristes"

11 février 1944
01m 03s
Réf. 00258

Notice

Résumé :

A Chalon-sur-Saône, à Grenoble, à Bourg-en-Bresse ont eu lieu des attentats imputés aux "terroristes" étrangers, menacés d'une "répression implacable".

Date de diffusion :
11 février 1944
Date d'événement :
01 novembre 1943

Contexte historique

Au début de l'année 1944, la Résistance intensifie son action. Elle s'attaque désormais aux voies ferrées. A Grenoble, elle fait sauter, les 13 et 14 novembre 1943, le dépôt de munitions et de matériel militaire du Polygone, puis, le 2 décembre, elle s'attaque à l'arsenal de la caserne de Bonne. Elle s'en prend également aux collaborateurs ou présumés tels.

Face à cette montée en puissance des actes de résistance, l'Etat français et les services allemands accroissent les mesures répressives. Vingt-trois membres de la FTP-MOI sont ainsi déférés devant la cour martiale allemande, vingt-deux d'entre eux étant, le 21 février 1944, sitôt le jugement rendu, immédiatement fusillés.

Françoise Berger

Éclairage média

Le reportage débute par une série de très courtes séquences montrant des vues d'ensemble sur les destructions opérées dans certains quartiers par des attentats de la Résistance. L'enchaînement sur des vues de caches d'armes découvertes, puis sur des hommes arrêtés est évidemment là pour faire croire que les auteurs de ces attentats ont été appréhendés.

Or les hommes montrés en gros plan (Celestino Alfonso, Moysze Fingercwajg, Missak Manouchian, Marcel Rayman, Wolf Wajsbrot du groupe Manouchian, FTP-MOI) n'ont aucune responsabilité avec les attentats évoqués au début du reportage.

Ce document fait partie des actualités cinématographiques diffusées du 21 août 1942 au 18 août 1944 sous le label "France Actualités". En 1942, au tournant de la guerre, alors que la zone Sud est occupée et que Pathé et Gaumont disparaissent, "France Actualités" est créée. Constituée de capitaux à 60% français et à 40% allemands, la nouvelle société de production marque l'engagement plus profond du gouvernement de Vichy dans la collaboration.

Françoise Berger

Transcription

AVERTISSEMENT
Commentateur
Près de Chalon-sur-Saône, un attentat fait 18 morts, 32 blessés graves. A Grenoble, une explosion détruit des quartiers entiers ; 1 500 blessés. A Bourg-en-Bresse, les boutiques sont saccagées le jour des obsèques du général Debeney. Telles sont les oeuvres de terroristes étrangers et presque tous juifs : Arméniens, juifs polonais, Espagnols rouges, juifs polonais, encore un juif polonais. A Vichy, le président Laval et M. Darnand, secrétaire général au Maintien de l'ordre, viennent s'incliner devant les corps de trois gardes du Groupe mobile de réserve du Bourbonnais, tombés victimes du devoir en luttant contre les bandes communo-terroristes.
(Musique)
Commentateur
«A la violence, devait déclarer M. Darnand au nom du chef du Gouvernement, nous répondrons par une répression juste mais implacable.»
(Musique)