La reddition du Japon

28 septembre 1945
04m 18s
Réf. 00271

Notice

Résumé :

A bord du cuirassé Missouri, le représentant du Japon signe l'acte de reddition devant les représentants des puissances alliées (Etats-Unis, Grande-Bretagne, URSS, France, Chine). Le débarquement des troupes américaines sur les côtes près de Tokyo suit immédiatement après.

Date de diffusion :
28 septembre 1945
Date d'événement :
02 septembre 1945

Contexte historique

La capitulation japonaise sans condition avait été annoncée dès le 14 août 1945. Mais la dispersion des armées sur un gigantesque théâtre d'opérations était telle qu'il fallut plusieurs jours pour que les commandants en chef de chaque armée rendent les armes. Aussitôt après la signature est déclenché un débarquement de grande envergure vers la baie de Tokyo. [Voir H. P. Willmot, La Guerre du Pacifique, éd. Autrement, série Atlas des guerres, 2001; Ronald H. Spector, La Guerre du Pacifique, Paris : Albin Michel, 1987]

Françoise Berger

Éclairage média

Le reportage présente la pesante cérémonie de signatures, présidé par le général MacArthur. Après la diplomatie, place à la force. Des centaines de navires de guerre et d'avions américains se dirigent vers les côtes du Japon, formant un véritable ballet aquatique et un festival aérien. Ces images symbolisent à la fois la joie de la victoire finale et la manifestation de la plus grande puissance du monde.

Françoise Berger

Transcription

Commentateur
C'est le 2 septembre au matin. A bord du cuirassier Missouri, ancré dans la baie de Tokyo, le général MacArthur, accueilli par l'amiral Nimitz et accompagné des représentants de toutes les armées alliées, vient à peine de monter quand accoste une vedette. Cette vedette, c'est la défaite du Japon. Voici ceux qui vont signer la capitulation totale des nazis d'Extrême-Orient : cortège curieux et hallucinant qui mêle le dramatique au saugrenu. Autour de Monsieur Shigemitsu, nouveau ministre des Affaires étrangères, les jaquettes coudoient les uniformes. Le Japon militariste a vraiment dû céder. Un pont de navire, MacArthur, un papier qu'on signe, le groupe des vaincus : c'est tout le spectacle, dans sa nudité et sa grandeur. Et, là-dessus, le silence. Car le silence seul convient aux gestes qui marquent le destin des nations.
(Silence)
Commentateur
Et puis MacArthur signe, avec six porte-plumes dont il fera don à six de ses généraux. MacArthur signe ; peut-être se rappelle-t-il les noms de Pearl Harbor, de Guam, de Corregidor ; peut-être se rappelle-t-il qu'un jour il a quitté les Philippines et qu'il a dit : «Je reviendrai.» Et l'amiral Nimitz signe au nom des forces américaines. Et le général Yun Chang, au nom de la Chine ; et l'amiral Frazer, au nom de la Grande-Bretagne ; et le général Derevyanko au nom de la Russie ; et le général Leclerc, au nom de la France ; au nom de la France qui a sa place dans la victoire comme elle l'a eue dans le combat.
(Silence)
Commentateur
Dix minutes ont suffi, et tout à coup des nuées d'avions couvrent le ciel, convergent vers la terre japonaise que ne protège plus la montagne des dieux, le mont Fuji-Yama.
(Silence)
Commentateur
Et tout à coup, une flotte de 400 navires fonce à toute vapeur vers les côtes.
(Silence)
Commentateur
Le Missouri, qui porte l'amiral Alcey, chef de la flotte de débarquement, franchit le détroit d'[Ouraga]. De tous côtés se dessinent les épaves de ce qui fut la formidable flotte nippone. L'épave gigantesque du Nagato, cuirassé de 35 000 tonnes, domine ce cimetière marin. Touché le 18 juillet par un bombardement aérien, le géant, depuis cette date, n'est plus qu'une redoute flottante. Il se dresse, solitaire et vaincu, comme le témoin terrible et muet d'une défaite imprévue.
(Silence)
Commentateur
A la même heure, des centaines de péniches de débarquement cinglent vers toutes les plages de la baie de Tokyo. L'arme au bras, les Américains foulent le sol ennemi.
(Silence)
Commentateur
Et le premier drapeau américain monte dans le ciel du Japon. Pendant que des unités vont occuper les points principaux, des débarquements se produisent sur toute la longueur du littoral.
(Silence)
Commentateur
Et chaque heure voit monter au mât de nouveaux pavillons étoilés. Victoire ! C'est la victoire, ces prisonniers qu'on retrouve après trois ans ; prisonniers qui datent de l'époque de Corregidor et qui vont enfin retrouver leur pays.
(Silence)
Commentateur
C'est la victoire, cette arrivée sur le terrain d'Atsuki aux portes de Tokyo d'un avion qui porte le nom de Bataan, où s'arrêta l'avance japonaise.
(Silence)
Commentateur
Un MacArthur, grandi encore par la victoire, en descend. Pearl Harbor est effacé, et aussi Corregidor. Aujourd'hui, le monde entre dans la paix.