Débarquement en Provence [muet]

15 août 1944
06m 48s
Réf. 00275

Notice

Contexte historique

La décision concernant les débarquements a été prise lors de la conférence anglo-américaine de Québec en août 1943. Il a été décidé que l'opération Overlord serait la principale et qu'elle serait appuyée par une attaque dans le Sud de la France, nommée finalement opération Dragoon. Dans la stratégie des Alliés, le débarquement de Provence a joué un rôle essentiel. Il s'agissait de détourner les forces allemandes du débarquement principal. Cette opération se déroule sous le commandement du général américain Alexander Patch.

L'assaut au sol, à l'aube du 15 août, a été précédé dans la nuit d'une préparation aérienne accompagnée du parachutage de soldats britanniques et d'une opération d'atterrissage de planeurs américains. Plus de 94 000 soldats et 11 000 véhicules sont débarqués dès le premier jour et au total près de 250 000 hommes y sont engagés. Une des conséquences de cette opération fut de permettre à des troupes françaises de combattre sur leur propre sol et de contribuer pleinement à sa libération. C'est un élément politique et psychologique essentiel pour l'après-guerre. Combattant aux côtés des armées alliées, l'armée d'Afrique, composée de troupes levées par la France dans l'ensemble de son empire colonial, et plus particulièrement en Afrique du Nord, comptait à l'heure du débarquement en Provence, en août 1944, 173 000 Tunisiens, Marocains, Algériens, Africains d'Afrique occidentale et équatoriale. A leurs côtés se trouvaient 168 000 Français d'Afrique du Nord, 35 000 Corses et 20 000 évadés de France. Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, les commandos d'Afrique comptent parmi les premiers soldats qui abordent la côte provençale, précédant de quelques heures la 1e Division française libre (DFL) du général Brosset. [Voir Philippe Lamarque, Le Débarquement de Provence 15 août 1944, Paris : Le Cherche Midi, 2003].

Françoise Berger

Éclairage média

Ce reportage est constitué de multiples séquences sur le débarquement de Provence. Il n'a pas été sonorisé, sans doute parce que le montage n'était pas définitivement achevé ou tout simplement parce qu'on ne l'a pas projeté. C'est l'unique film sur ce thème dans le fond des archives de l'Ina. La description qui suit permettra de mieux en suivre le déroulement.

Le reportage commence par des vues générales ou panoramiques de Marseille avant le débarquement (port, défenses portuaires en construction, habitations détruites, bateaux coulés le long de la côte). La présence allemande est rappelée par deux soldats allemands qui patrouillent. C'est ensuite la préparation aérienne du débarquement : chute de chapelets de bombes, bombardiers en vol, de profil, de nuit, multiples vues d'éclatements de bombes au sol ou d'obus de DCA, sur l'agglomération ou dans la campagne. Puis des signaux sont émis de navires britanniques au large de la côte, où l'on voit aussi quelques bâtiments en flamme. Au petit jour enfin, des bateaux de débarquement s'approchent de la côte parmi les explosions d'obus sur la mer et des fantassins débarquent. Plans variés sur des blessés, puis sur le débarquement d'hommes et de matériel roulant. Gros plan sur le général de Lattre, qui assiste à ces actions (Jeep). Les vues suivantes permettent de reconnaître des groupe de goumiers, puis quelques prisonniers allemands embarquant sur une péniche. D'autres plans sur des péniches débarquant du matériel lourd. Le débarquement achevé, il est donc temps de se mettre en route pour le Nord : un panneau indique "Saint-Tropez, 15 kms", puis un autre, "Sainte-Maxime 8 km, Fréjus 32 km". La suite de ce long reportage (non disponible ici), est le récit du début de la progression vers Lyon.

Françoise Berger