Le débarquement de Normandie (vu par les Alliés)

30 juin 1944
03m 33s
Réf. 00278

Notice

Résumé :

Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie.

Date de diffusion :
30 juin 1944
Date d'événement :
06 juin 1944
Source :

Contexte historique

Le débarquement allié tant attendu se produit enfin, sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944 au matin. "Le jour le plus long" (D-Day ou Jour-J) est une rude et longue épreuve pour les combattants des 17 pays engagés dans ce premier débarquement en France. Ce jour là, ce ne sont pas moins de 175 000 soldats, transportés sur 4 266 navires et des milliers de chars, de véhicules et de canons qui sont débarqués sur le rivage normand (Utah Beach et Omaha Beach). En deux mois, ce sont au total 2 millions d'hommes et 2 millions de tonnes de matériel militaire qui vont suivre par cette première brèche. [Voir, entre autres, André Kaspi, La Libération de la France, juin 1944-janvier 1946, Paris : Perrin, 1995 ; Jean Pierre Azéma, Olivier Wieviorka, Les Libérations de la Franc e, Paris : Ed. de La Martinière, 1993 et les très nombreux sites internet créés pour les commémorations du 60e anniversaire]

Françoise Berger

Éclairage média

Le reportage se situe quelques jours après le débarquement. Le commentateur accompagne d'un ton assez tragique les vues générales sur les baies de Normandie vers lesquelles continuent d'affluer des navires chargés d'hommes et de matériel. Il est vrai que l'heure est difficile car les premières vagues de débarquements ont fait des milliers de victimes, beaucoup d'hommes étant morts avant de pouvoir poser le pied sur le sol français.

Grâce à des vues tournées à bord d'une barge, le spectateur peut vivre ce débarquement en "réel", aux côtés des hommes qui se précipitent dans l'eau déchaînée au moment où la porte bascule. Il faut faire passer un message optimiste : "la bataille de France est gagnée (...) il y a déjà 400 000 soldats alliés sur le sol de France".

Cependant, le reportage ne cherche pas à minimiser les pertes, puisqu'il revient ensuite sur des images montrant les conditions épouvantables du débarquement et les morts sur les plages, mais aussi les premiers prisonniers allemands. Des vues aériennes des bombardements expliquent que ce sont des chars allemands qui sont écrasés, mais on n'évoque aucunement les milliers de civils qui perdent aussi la vie sous ces bombardements alliés. Une fois à terre, les troupes s'organisent pour le débarquement du matériel lourd et la construction de pistes d'aviation qui doivent servir à la bataille de France à venir.

Françoise Berger

Transcription

AVERTISSEMENT
Commentateur
Au flanc des fameux murs de l'Atlantique, les Alliés ont pratiqué déjà une large brèche. Il y a quelques jours encore, les forces alliées ne disposaient que de quelques têtes de pont. Aujourd'hui, tout un pan de la forteresse européenne est démantelé. Avec chaque marée favorable, les Français ont vu arriver dans le Cotentin des renforts et du matériel nouveau, toujours plus puissant. La bataille des plages est gagnée. Les Allemands disent : «Il y a déjà 400 000 soldats alliés sur le sol de France». L'ennemi a essayé de résister de toutes ses forces. Mais l'attaque a été menée à fond, et bientôt les forces de la libération prenaient contact avec le peuple de France.
(Silence)
Commentateur
Pourtant, avant que les Allemands ne soient chassés de leurs défenses extérieures, des soldats alliés sont tombés au moment même où ils débarquaient. D'ailleurs le temps lui-même a été souvent défavorable : un fort vent d'ouest creusait la mer.
(Silence)
Commentateur
Des prisonniers désemparés attendent leur tour pour être emmenés vers les camps.
(Silence)
Commentateur
L'intervention magnifique des forces aériennes appuyant l'action des forces terrestres a pratiquement empêché l'ennemi de concentrer ses renforts.
(Silence)
Commentateur
Des avions maraudeurs découvrant des concentrations de chars dans les bois les ont écrasé sous les bombes explosives. Quand les plages furent dégagées, les Alliés débarquèrent leur équipement lourd. Les caterpillars avaient la priorité ; il s'agissait de construire au plus vite des pistes d'envol. Dans ces blockhaus éventrés, on a trouvé beaucoup d'Allemands morts ; quelques uns d'entre eux avaient été tués par le souffle des obus de marine. Les survivants ont été soignés par le service de santé allié ; ils peuvent se vanter de l'avoir échappé belle.
(Silence)
Commentateur
Pied à pied, les soldats alliés ont progressé vers les villages et les petites villes.
(Silence)
Commentateur
Parmi les prisonniers se trouvaient encore quelques arrogants qui n'ont pas compris qu'il faut lever les bras pour autre chose que pour le salut nazi.
(Silence)
Commentateur
Les prisonniers ont été conduits en Angleterre dans des barges de débarquement. Il y a quatre ans, tous ces gens-là chantaient à gorge déployée : «Et nous irons en Angleterre». Ils y sont, et derrière les barbelés.